Gouvernance numérique: Djibril Ouattara appelle à une meilleure coordination pour accélérer l’interopérabilité

Gouvernance numérique: Djibril Ouattara appelle à une meilleure coordination pour accélérer l’interopérabilité

Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a appelé à une meilleure coordination entre les différentes administrations engagées dans le déploiement de la Plateforme d’interopérabilité des systèmes d’information de l’administration. Il s’exprimait, le 21 juillet 2026, à l’occasion du séminaire de formation sur le thème « Le rôle de l’interopérabilité dans le développement de la gouvernance numérique », organisé par la Société nationale de développement informatique (Sndi), les 21 et 22 juillet, à l’auditorium du 26ᵉ étage de l’immeuble Postel 2001, à Abidjan-Plateau.

Djibril Ouattara veut des services répondant aux attentes des usagers

Pour le ministre, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les premiers services intégrés à la plateforme soient ceux qui répondent réellement aux besoins des citoyens. Il a ainsi relevé que la sélection initiale des services reposait essentiellement sur le volontariat, sans toujours tenir compte des priorités identifiées auprès des usagers finaux.

« Il faut s’assurer que les premiers services qui vont être mis sur la plateforme sont ceux qui répondent réellement aux attentes de la population », a-t-il insisté.

Djibril Ouattara a également souligné la nécessité d’une coordination renforcée entre les responsables des systèmes d’information des différentes administrations, certains services nécessitant l’intervention de plusieurs agences pour être pleinement opérationnels.

Cette coordination doit, selon lui, garantir à l’usager une expérience fluide, indépendamment du nombre d’administrations intervenant dans le traitement de sa demande. « Le service qui doit être rendu à l’usager final, lequel ne sait pas qui en est responsable au sein de notre chaîne administrative, doit lui permettre de constater que le processus fonctionne normalement », a-t-il expliqué.

Le ministre a, par ailleurs, annoncé l’ambition de porter à 700 le nombre de services intégrés ou connectés à la plateforme au cours des trois prochaines années, appelant à une organisation « super parfaite » pour atteindre cet objectif. Il a préconisé, à cet effet, une meilleure définition des priorités, une répartition claire des responsabilités et une mobilisation coordonnée des ressources, notamment dans le cadre de la préparation du budget de l’année prochaine.

« Je vous invite donc à participer à ce processus de coordination et à cette meilleure mobilisation des ressources que nous allons déployer au cours des prochaines années », a-t-il lancé aux acteurs engagés dans le projet.

La Sndi accompagne la transformation numérique de l’administration

Cette formation s’inscrit dans le cadre du déploiement de la Plateforme d’interopérabilité des systèmes d’information de l’administration, projet structurant de la feuille de route stratégique 2026-2028 du ministère, alignée sur le Plan national de développement (Pnd) 2026-2030. Elle réunit 38 participants issus du ministère, de ses structures sous tutelle, des administrations partenaires et des organismes impliqués dans la première phase du projet.

Pour Nongolougo Soro, directeur général de la Société nationale de développement informatique (Sndi), l’interopérabilité constitue l’un des fondements de la transformation numérique de l’administration. Selon lui, elle doit notamment permettre à l’État d’accéder directement aux informations dont il dispose déjà, sans avoir à les réclamer de nouveau aux citoyens.

« Un citoyen de Tengréla pourra ainsi bénéficier d’un service administratif à distance, sans avoir à effectuer le déplacement jusqu’à Abidjan », a-t-il illustré.

La plateforme, déjà disponible, est actuellement en cours d’alimentation avec les différents services. La phase pilote concerne 12 structures publiques et le premier lot de services doit entrer en exploitation avant la fin du mois de juillet. L’objectif est d’atteindre 100 services administratifs en ligne d’ici à la fin de l’année 2026.

Animée par Ants Anupõld, responsable commercial de la société estonienne Cybernetica, avec l’appui de Digital Afrique télécom (Dat), la formation met l’accent sur les fondamentaux de l’administration numérique, la gouvernance de l’interopérabilité et des données, la conformité juridique, la protection de la vie privée et la conduite du changement.

Pour l’expert estonien, il s’agit également d’aider les acteurs à « penser plus digital », à placer davantage le citoyen au centre des services et à identifier les organisations avec lesquelles ils doivent se connecter afin d’améliorer la qualité des prestations publiques.

À travers cette initiative, le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique et la Sndi entendent accélérer la modernisation de l’administration publique et contribuer à la mise en place d’une administration plus performante, connectée, efficiente et orientée vers les besoins des usagers.

Une correspondance particulière de J.D.