5e Congrès de santé publique de Côte d'Ivoire: Dr Mamadou Diarrassouba plaide pour des systèmes de santé plus résilients

La conférence inaugurale a réuni des professionnels de la santé publique autour des défis liés aux urgences sanitaires en Afrique de l'Ouest.
La conférence inaugurale a réuni des professionnels de la santé publique autour des défis liés aux urgences sanitaires en Afrique de l'Ouest.
La conférence inaugurale a réuni des professionnels de la santé publique autour des défis liés aux urgences sanitaires en Afrique de l'Ouest.

5e Congrès de santé publique de Côte d'Ivoire: Dr Mamadou Diarrassouba plaide pour des systèmes de santé plus résilients

Le 23/07/26 à 09:46
modifié 23/07/26 à 09:59
Les pays d'Afrique de l'Ouest doivent renforcer sans délai leurs capacités de prévention, de préparation et de riposte face aux urgences sanitaires. C'est le principal message porté par le Directeur exécutif du Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO, Dr Mamadou Diarrassouba, lors de la conférence inaugurale du 5e Congrès de santé publique de Côte d'Ivoire (CSPCI), organisée le mercredi 22 juillet 2026 à l'Institut national de santé publique (INSP) d'Abidjan-Adjamé.

En prélude à l'ouverture officielle du congrès, prévu du 22 au 24 juillet autour du thème « Nos environnements et notre santé », le responsable régional est intervenu sur « Urgences sanitaires dans des pays aux ressources limitées : défis, réponses et perspectives pour des systèmes de santé résilients ».

Dans son exposé, Dr Mamadou Diarrassouba a dressé un tableau préoccupant de l'évolution des crises sanitaires en Afrique de l'Ouest. Selon lui, les urgences de santé publique sont devenues « radicalement différentes », plus complexes et plus difficiles à maîtriser.

Les participants ont échangé sur les réponses à apporter aux urgences sanitaires dans un contexte de ressources limitées.
Les participants ont échangé sur les réponses à apporter aux urgences sanitaires dans un contexte de ressources limitées.



Il a identifié quatre grandes catégories de menaces : les épidémies telles qu'Ebola, la dengue ou le choléra, les pandémies à l'image de la Covid-19, les catastrophes naturelles et environnementales, notamment les inondations, les éboulements et les pollutions chimiques, ainsi que les conflits armés. Autant de situations qui mettent sous pression des systèmes de santé déjà fragiles.

Une réponse qui dépasse le seul secteur de la santé

Face à cette réalité, le Directeur exécutif du Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO estime que la réponse ne peut plus être uniquement médicale.

« Les urgences sanitaires actuelles nécessitent une approche coordonnée impliquant plusieurs secteurs », a-t-il souligné.

Il a notamment mis en avant les facteurs qui favorisent l'émergence des crises sanitaires : l'urbanisation rapide, l'insuffisance de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, les mouvements transfrontaliers, les effets du changement climatique ainsi que les interactions entre l'homme, l'animal et l'environnement.

Dr Diarrassouba a également pointé les insuffisances de gouvernance qui freinent l'efficacité des réponses. Il a déploré la fragmentation institutionnelle, le manque de coordination entre les différents acteurs, le déficit de leadership ainsi que la faible mise en œuvre des plans de préparation élaborés par les États.

Investir davantage et renforcer l'autonomie sanitaire

Sur le volet financier, le conférencier a invité les gouvernements à accroître leurs investissements dans les systèmes de santé.

« Chaque crise coûte beaucoup plus cher lorsque le système n'est pas préparé », a-t-il averti, plaidant pour des financements durables plutôt que des réponses ponctuelles aux urgences.

Il a également insisté sur la nécessité pour le continent de gagner en autonomie dans le domaine pharmaceutique.

« L'Afrique doit se réveiller. Nous devons produire nos propres vaccins, nos réactifs et nos produits pharmaceutiques afin de faire véritablement la différence », a-t-il lancé.

Les nouvelles technologies au service de la surveillance

Dr Mamadou Diarrassouba a par ailleurs mis en avant les opportunités offertes par les innovations technologiques. L'intelligence artificielle, le séquençage génomique et la surveillance satellitaire, a-t-il expliqué, peuvent améliorer la détection précoce des maladies et renforcer les capacités de riposte.

Il a toutefois précisé que ces outils doivent venir en appui aux services de santé de proximité, sans s'y substituer.

Au niveau régional, il a présenté les six priorités stratégiques de la CEDEAO : le renforcement de la surveillance sanitaire, des laboratoires, des ressources humaines, du financement durable, de la gouvernance multisectorielle et de l'approche « Une seule santé », qui intègre les liens entre la santé humaine, animale et environnementale.

Le Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO accompagne déjà les États membres dans la surveillance épidémiologique, le partage d'informations et le renforcement des capacités.

En conclusion, Dr Mamadou Diarrassouba a appelé à une mobilisation collective des pays de la région, rappelant que la sécurité sanitaire dépasse les frontières nationales.

« Notre sécurité sanitaire est un bien public régional. Une menace sanitaire qui apparaît dans un pays concerne tous les autres », a-t-il affirmé, avant de conclure : « Le meilleur moment pour se préparer à la prochaine urgence de santé publique, c'est avant qu'elle n'arrive. »



Le 23/07/26 à 09:46
modifié 23/07/26 à 09:59