Sénégal/Révision constitutionnelle invalidée : Le Président Diomaye Faye reprend la main face au Pastef

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Sénégal/Révision constitutionnelle invalidée : Le Président Diomaye Faye reprend la main face au Pastef

Le 11/07/26 à 02:25
modifié 11/07/26 à 02:49

Au Sénégal, le Conseil constitutionnel a invalidé le jeudi 9 juillet, la loi de révision constitutionnelle adoptée le 29 juin 2026 par l’Assemblée nationale. C'est le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, qui avait saisi la plus haute juridiction du pays pour « violation de la procédure de révision constitutionnelle » lundi. L’instance juridictionnelle à même publié la décision sur les réseaux sociaux, otamment sa page X ‘anciennement Twitter), Conseil Constitutionnel du Sénégal (@Sn_ConseilConst).

Dans un communiqué, la coalition Diomaye Président a salué la décision du Conseil constitutionnel et félicité le chef de l’État, Bassirou Diomaye Djakkar Faye, qu’elle présente comme le « gardien de la Constitution », pour sa « démarche démocratique ». Elle l’encourage également à « poursuivre sereinement la finalisation des consultations sur les réformes en cours en vue de consolider notre démocratie ».

Du côté du Pastef — Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité —, Ousmane Sonko a pris acte de la décision en déclarant sur Facebook : « Cette décision s’impose à tous ! Dont acte ! ». Le leader du parti a ajouté que cette séquence montre qu’« en démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir ».

Sur le plan politique, cette décision renforce la position de Bassirou Diomaye Faye et s’inscrit dans la même séquence que l’annonce de la création de son propre parti politique. En obtenant gain de cause devant le Conseil constitutionnel, le chef de l’État apparaît comme le vainqueur institutionnel du bras de fer engagé avec la majorité parlementaire dominée par le Pastef. Cette victoire lui permet de reprendre l’initiative sur le calendrier des réformes, mais aussi de donner davantage de poids à sa volonté de structurer une base politique autonome autour de la coalition Diomaye Président. La future formation annoncée par le Chef de l’Exécutif pourrait ainsi devenir l’outil de consolidation de son camp, en dehors de l’influence d’Ousmane Sonko, tandis que ce dernier subit un revers institutionnel avec l’arrêt de la réforme portée par l’Assemblée nationale. La séquence confirme donc une recomposition profonde de la majorité issue de 2024 : le Président de la République cherche désormais à transformer une victoire juridique en capital politique durable.

Le Pastef a-t-il agi dans l'impréparation, la précipitation?

Sur sa page X, Babacar Malick (@bmyoum) estime que le Pastef est tombé dans son propre piège. Il écrit : « Le Conseil Constitutionnel vient de punir Pastef pour une double faute. Amateurisme de Ousmane Sonko : le Président de l'AN a violé la constitution en refusant au gouvernement le recours au vote bloqué au motif qu'il s'agissait d'une proposition de loi. Or le vote bloqué s'applique aussi bien aux projets qu'aux propositions de loi. Amateurisme des députés Pastef : car alors que la nouvelle loi de révision crée de nouvelles charges publiques, ils ont oublié d'y ajouter une proposition de recettes compensatrices, contrairement à l’exigence de l’article 82 alinéa 2 ».

Dans l’opposition, le député Abdou Mbow, responsable de l’Alliance pour la République (Apr) et membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, avait vivement contesté la réforme dès son examen à l’Assemblée nationale. Il avait appelé à suspendre le texte et plaidé pour un référendum, estimant qu’une révision d’une telle ampleur ne pouvait être adoptée par les seuls députés. Il a également dénoncé une tentative de déplacement du centre de gravité des institutions au profit de la majorité parlementaire, en affirmant que son groupe s’opposerait à ce qu’il présente comme le risque d’un « régime de parti-État ». Les choses semblent aller dans le sens qu’il a souhaité en appelant le Président Faye à soumettre le texte au verdict direct des Sénégalais à travers un referendum.

Le 11/07/26 à 02:25
modifié 11/07/26 à 02:49