Intrants agricoles : entre tensions géopolitiques et fiscalité nationale, le coût des engrais sous pression

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Intrants agricoles : entre tensions géopolitiques et fiscalité nationale, le coût des engrais sous pression

Le 10/07/26 à 14:37
modifié 10/07/26 à 14:53
Les producteurs ivoiriens redoutent une nouvelle hausse des prix des engrais. Entre les tensions géopolitiques internationales et les mesures fiscales nationales, les coûts des intrants agricoles pourraient continuer à augmenter, avec des répercussions sur la production et la sécurité alimentaire.

Les producteurs ivoiriens sont confrontés à un contexte de plus en plus complexe. Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de perturber les chaînes mondiales d'approvisionnement, une pression fiscale nationale vient s'ajouter aux difficultés d'accès aux engrais. Cette double contrainte pourrait accroître les coûts de production agricole et fragiliser davantage la sécurité alimentaire.

Lors de la 181ᵉ session du Conseil de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), tenue à Rome le 10 juin 2026, le directeur général de l'institution, Qu Dongyu, a rappelé que près de 30 % des exportations mondiales d'engrais transitent par le détroit d'Ormuz, aujourd'hui au cœur de fortes tensions géopolitiques.

Toute perturbation de ce corridor maritime stratégique est susceptible d'entraîner une hausse des coûts de transport, un allongement des délais d'approvisionnement ainsi qu'une plus grande volatilité des prix sur le marché international.

Une fiscalité qui alourdit les coûts

À cette conjoncture internationale déjà préoccupante s'ajoute, en Côte d'Ivoire, l'application d'une TVA de 9 % sur les intrants destinés à la fabrication des engrais. Si cette mesure répond à des impératifs budgétaires, elle intervient dans un contexte où l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement demeure sous tension.

Pour les acteurs du secteur, cette taxation pourrait se répercuter sur le prix des engrais et peser sur les capacités d'approvisionnement des producteurs.

Face à une éventuelle hausse des prix, certains exploitants pourraient être contraints de réduire les quantités d'engrais utilisées ou de différer leurs achats. Une telle situation risquerait d'affecter les rendements agricoles, de réduire les revenus des producteurs et, à terme, d'entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires pour les consommateurs.

Des discussions engagées avec le gouvernement

L'enjeu dépasse ainsi la seule question du coût des engrais. Il concerne également la compétitivité de l'agriculture ivoirienne, les revenus des exploitants, la stabilité des marchés agricoles et la souveraineté alimentaire du pays.

Conscientes de ces défis, les autorités ivoiriennes ont engagé des discussions avec les administrations concernées. À l'issue d'une conférence réunissant, le 23 mars 2026, les ministres de l'Agriculture de la CEDEAO, de l'UEMOA et du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Koné, avait indiqué que des échanges étaient en cours en vue d'un retour à une exonération totale de la TVA sur les engrais.

« Nous sommes passés d'un taux de TVA de 0 % à 18 %, avant de revenir à 9 %. À ce jour, des discussions se poursuivent avec les administrations compétentes, dans la perspective d'un retour à une exonération totale de la TVA sur les engrais, afin d'en faciliter l'accès au maximum pour nos producteurs », avait-il déclaré.

Cette perspective est accueillie favorablement par les acteurs de la filière, qui espèrent une issue rapide aux discussions.

Dans un contexte marqué par les incertitudes internationales, plusieurs observateurs estiment que des mesures de soutien aux intrants agricoles pourraient contribuer à préserver la compétitivité de l'agriculture ivoirienne et à renforcer durablement la souveraineté alimentaire du pays.



Le 10/07/26 à 14:37
modifié 10/07/26 à 14:53