Modernisation du transport urbain : Le Pmua lance le dépôt des dossiers des transporteurs de la phase pilote
Présentant les contours du projet, le coordonnateur adjoint du Pmua, Ali Coulibaly, a indiqué que cette phase pilote s'inscrit dans la composante consacrée à l'organisation et à la modernisation du transport artisanal. « Nous démarrons avec une centaine de véhicules sur deux lignes pilotes, à Yopougon et à Cocody. Cette phase nous permettra de tester le dispositif, d'identifier les éventuelles insuffisances et d'y apporter les corrections nécessaires avant le déploiement à grande échelle », a-t-il expliqué.
À terme, le programme prévoit le renouvellement de 3 000 véhicules, dont 2 000 taxis communaux et 1 000 minibus, afin d'améliorer les conditions de mobilité des populations, de renforcer la sécurité des déplacements et d'offrir un service de transport plus moderne et plus performant. Selon Ali Coulibaly, le coût global de cette première phase est estimé à 15 milliards de Fcfa.
Cette enveloppe servira notamment à mettre en place un mécanisme de garantie auprès d'une banque partenaire et à financer la prime à la casse, destinée à accompagner les transporteurs dans le retrait de leurs anciens véhicules. « L'État apporte son appui pour permettre aux transporteurs de remplacer leurs anciens véhicules par des véhicules neufs dans des conditions financières plus accessibles », a-t-il souligné.
Kouakou Kouakou Romain, Directeur de l'Amuga, Coordonnateur du Pmua et représentant le ministre des Transports et des affaires maritimes a lancé cette invitation à l’endroit des transporteurs : « J'invite les transporteurs sélectionnés à s'impliquer pleinement dans ce processus en respectant les procédures établies, en fournissant les pièces requises dans les délais et en collaborant étroitement avec les équipes techniques du Pmua et du Fdtr. Leur engagement contribuera directement à la réussite de cette réforme ».
L'objectif est de renouveler une centaine de véhicules au cours des trois premiers mois avant d'étendre progressivement l'opération aux communes de Yopougon, Adjamé, Attécoubé, Cocody et Bingerville, traversées par le futur corridor du Bus Rapid Transit (Brt). À cette occasion, les transporteurs recensés sur les trajets tests ont été invités à s'enrôler sur la plateforme numérique du Fonds de Développement du Transport Routier (Fdtr).
Les responsables du projet leur ont présenté les critères d'éligibilité, les différentes étapes du processus de renouvellement, les mécanismes de financement ainsi que les pièces administratives requises pour constituer leurs dossiers. Des séances d'information et d'accompagnement ont également été organisées afin de faciliter leur adhésion au programme.
Le directeur général du Haut Conseil du Patronat des Entreprises de Transport Routier de Côte d'Ivoire, Diaby Ibrahim, a salué une réforme qui vient accompagner les grands projets structurants de mobilité engagés par l'État, notamment le Brt et le train urbain. Il a rappelé que le gouvernement entend préserver le transport artisanal tout en le professionnalisant grâce à l'introduction de véhicules de nouvelle génération.
Plus de 3 000 chefs d'entreprise et conducteurs ont déjà bénéficié de formations pour répondre aux nouvelles exigences de qualité, de sécurité et de gestion. L'adhésion au programme repose sur une démarche volontaire.
Les transporteurs intéressés devront remettre leur ancien véhicule, qui sera acheminé vers un centre de dépollution, avant de bénéficier d'un financement pour l'acquisition d'un véhicule neuf. Près de 130 participants, dont 116 transporteurs, ont pris part à cette rencontre qui a mobilisé plusieurs partenaires institutionnels, parmi lesquels l'Amuga, le Fdtr, le Conseil national des gares routières de Côte d'Ivoire (Cngrci), le Haut Conseil du Patronat des Entreprises de Transport Routier de Côte d'Ivoire (Hcpetr-CI) et la Sgpme.
Le gouvernement, à travers cette phase pilote, entend poser les bases d'un transport artisanal plus sûr, plus professionnel et plus respectueux de l'environnement. Les enseignements qui en seront tirés permettront d'affiner le dispositif avant son extension à l'ensemble des 3 000 véhicules prévus dans le cadre du Projet de mobilité urbaine d’Abidjan.