Bénin-Niger : Dialogue maintenu, mais pas encore la réouverture de la frontière

Bénin-Niger : Dialogue maintenu, mais pas encore la réouverture de la frontière

Le 29/06/26 à 13:25
modifié 29/06/26 à 15:52
Malgré les annonces du nouveau gouvernement béninois et la visite officielle du Président Romuald Wadagni accordée au Niger, la frontière entre les deux pays ouest-africains restera fermé pour le moment. La junte nigérienne en a décidé ainsi et sur sa page X (Twitter), Dépêche AES (@DepcheAES) s’en fait écho.

On peut lire : « Le Niger vient d’annoncer au Bénin que la frontière restera fermée tant que la France sera de la partie. Le ministre de la Sécurité du Niger, le général Mohamed Toumba, ne s’est pas rendu au Bénin (le 20 juin ndlr) pour négocier. Il s’y est rendu pour poser des conditions. Deux exigences non négociables avant la réouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin.

Premièrement, un accord de défense contraignant qui ne garantit qu’aucun des deux territoires ne sera utilisé contre l’autre. Plus une transparence totale sur les ressources militaires étrangères stationnées près de la frontière commune. Deuxièmement, une cellule conjointe de partage de renseignements afin que les deux pays luttent ensemble contre le terrorisme plutôt que séparément ».

Après donc trois ans de blocus, le Bénin et le Niger multiplient les signaux d’apaisement. Mais dans les faits, la frontière de Malanville-Gaya reste fermée. Niamey campe sur ses conditions.

2023-2026 : trois ans de blocus, un mois de diplomatie

Pourtant, tout semblait se mettre en place pour une réouverture de la frontière. Puisque le 2 juin 2026, le Président béninois Romuald Wadagni est reçu par le général Abdourahamane Tiani. « Grande cordialité », communiqué en 9 points, création d’un comité d’experts. Ce, avant un second communiqué parlant de « résultats fructueux » le 16 juin 2026.

No Image



D’aucuns pensaient que la crise née de l’épisode diplomatique de début 2026 était derrière nous. La crise diplomatique atteint son paroxysme avec l’expulsion réciproque de diplomates, ambassade du Bénin suspendue à Niamey.

Bien avant, Cotonou avait déjà envoyé des signaux d’apaisement en ouvrant de son côté la frontière en février 2024, après la levée des sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Le Niger avait alors refusé de suivre et avait réaffirmé publiquement le maintien de la fermeture en mai 2025.

Pour rappel, tout commence le 26 juillet 2023. Après le coup d’État à Niamey, le Niger ferme sa frontière avec le Bénin. Motif officiel : soupçons de présence militaire française au nord-Bénin. Cotonou et Paris démentent.

Malanville paralysée : le coût humain d’une frontière verrouillée

Le corridor Cotonou–Malanville–Niamey est l’artère vitale du Niger enclavé. Fermée depuis août 2023, elle a fait exploser les coûts de transport et détruit des filières commerciales entières. Conséquence du terrain : camions bloqués, marchés frontaliers vidés, familles séparées. Des centaines de personnes ont basculé vers des traversées illégales en pirogue sur le fleuve Niger.

Énergétiquement, les deux États ont au moins sécurisé le cadre du pipeline Agadem-Sèmè-Kpodji. Mais pour le commerce classique, le rideau de fer est toujours baissé.



Le 29/06/26 à 13:25
modifié 29/06/26 à 15:52