Journées nationales de la microfinance : L'édition 2026 se tient autour de l'inclusion financière et du développement socio-économique
Lors de la cérémonie d’ouverture, ce jeudi 25 juin, Bamba Vassogbo, directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, représentant le ministre, a salué l’organisation de cette deuxième édition. Il a félicité l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés de Côte d’Ivoire (Apsfd-ci) ainsi que l’ensemble des partenaires de cette initiative devenue un rendez-vous majeur du secteur financier national.
Dans son intervention, il a rappelé que l’inclusion financière constitue un levier essentiel de lutte contre la pauvreté et de financement de l’économie réelle, notamment au profit des marchés, des exploitations agricoles, des ateliers et des Pme. À ce titre, la microfinance joue un rôle déterminant en facilitant l’accès à des services financiers adaptés pour des populations souvent exclues du système bancaire classique.
Des performances en croissance
Le secteur de la microfinance en Côte d’Ivoire affiche des résultats encourageants. À la date du 31 mars 2026, il compte 45 systèmes financiers décentralisés, répartis sur 486 points de service à travers le pays. Le nombre de clients a connu une progression significative, passant de 2,5 millions fin 2025 à 2,9 millions au premier trimestre 2026, soit une hausse de 14,3 %.
Par ailleurs, l’épargne mobilisée atteint 733,9 milliards de Fcfa, tandis que l’actif net du secteur dépasse désormais 1 245 milliards de Fcfa, une hausse de plus de 11 %.
Des défis à relever
Malgré cette dynamique positive, des défis persistent. Ils concernent notamment la qualité du portefeuille de crédit et le renforcement des fonds propres des institutions: des éléments essentiels pour garantir la solidité du secteur. Ces enjeux orientent les prochaines réformes en matière d’inclusion financière et de développement.
La transition numérique, un passage obligé
L’évolution du secteur s’accompagne d’une convergence de plus en plus forte avec les technologies financières. Cette transformation digitale représente une opportunité majeure, mais impose également des efforts d’adaptation rapides.
Dans cette optique, l’initiative de la Bceao, avec le lancement le 30 septembre 2025 de la plateforme interopérable de paiement instantané UPI-Uemoa, a été saluée. Cet outil vise à moderniser les transactions, renforcer l’interopérabilité entre acteurs financiers et faciliter l’accès à des services rapides et sécurisés. Les institutions de microfinance sont invitées à s’y connecter sans délai afin d’en tirer pleinement profit.
Un cadre réglementaire renforcé
La modernisation du secteur passe également par un cadre réglementaire solide. À cet effet, le projet de loi portant réglementation de la microfinance, adopté en Conseil des ministres le 29 avril 2026, vise à renforcer la crédibilité, la transparence et la résilience du secteur, tout en protégeant les épargnants et en préservant la stabilité financière.
Le représentant du ministre a insisté sur la nécessité de consolider la gouvernance des institutions, de réussir la transition numérique et de garantir la protection des usagers. Il a aussi appelé les dirigeants du secteur à promouvoir les bonnes pratiques afin de bâtir des institutions solides et durables.
L’engagement des acteurs du secteur
Prenant la parole, Élodie Koffi, directrice générale de Ges-ci et présidente de l’Apsfd-ci, a exprimé sa gratitude au ministre pour son engagement en faveur du secteur et pour le parrainage de cet événement. Elle a également salué l’ensemble des acteurs impliqués, notamment les femmes, les jeunes, les commerçants, les artisans, les agriculteurs et les Pme, qui constituent le cœur de la microfinance.
Elle a souligné que cette édition intervient dans un contexte d’importantes avancées, notamment avec l’adoption de la nouvelle réglementation au sein de l’Uemoa et le déploiement d’outils structurants tels que les systèmes de paiement instantané ou le baromètre de satisfaction des usagers.
Cap sur la modernisation et l’innovation
Selon elle, la microfinance confirme son rôle central dans l’inclusion financière grâce à une croissance soutenue et une confiance accrue des populations. Toutefois, plusieurs défis demeurent, dont le refinancement des institutions, la gestion des risques, le renforcement du contrôle interne et la professionnalisation.
Les priorités portent également sur la transformation digitale, le financement des chaînes de valeur agricoles et le développement de services innovants adaptés aux Pme, aux acteurs informels, ainsi qu’aux femmes et aux jeunes.
Une vision tournée vers l’avenir
Les travaux de ces Journées nationales devraient permettre d’identifier des solutions concrètes pour bâtir la microfinance de demain, notamment à travers le renforcement des capacités des systèmes financiers décentralisés et une meilleure efficacité institutionnelle.
Élodie Koffi a enfin réaffirmé l’engagement de l’Apsfd-ci à contribuer activement à l’inclusion financière et au développement socio-économique de la Côte d’Ivoire, dans l’objectif d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.