Conseil politique du COJEP : Charles Blé Goudé prône la retenue, la conviction et l’unité nationale

Charles Blé Goudé, président du Cojep. (Ph: Dr)
Charles Blé Goudé, président du Cojep. (Ph: Dr)
Charles Blé Goudé, président du Cojep. (Ph: Dr)

Conseil politique du COJEP : Charles Blé Goudé prône la retenue, la conviction et l’unité nationale

Le 20/06/26 à 10:18
modifié 20/06/26 à 12:57
Réuni en conseil politique au Capitole Hôtel de Cocody Riviera Golf, le 13 juin 2026, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) a donné le ton de son orientation politique à travers une intervention structurée de son président, Charles Blé Goudé.

Il était face aux cadres et militants du parti. A l’occasion, l’ancien ministre de la Jeunesse a livré un discours articulé autour de la responsabilité politique, du rejet de la violence et de la nécessité de rassembler les Ivoiriens.

Dès l’entame de son propos, le leader du Cojep a posé les bases d’une réflexion sur la posture du responsable politique. S’appuyant sur une illustration issue du langage populaire, il a différencié deux profils : le « Kanényon », qu’il présente comme le héros lucide et maître de lui-même, et le « Grakényon », caractérisé par la provocation et l’agitation permanente. Une manière pour Charles Blé Goudé de défendre une approche mesurée de l’engagement.

« Celui qui sait se battre choisit ses combats et le moment de les mener », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’éviter les affrontements inutiles et les démonstrations de force dictées par l’ego.

« Je ne cherche pas à parler fort, je cherche à convaincre »

Dans un registre plus politique, le politique a ensuite évoqué la situation sociopolitique du pays, marquée selon lui par les séquelles persistantes des crises passées. Il a décrit une société encore fragilisée, évoquant « des familles disloquées », « des orphelins » et « des veuves », tout en mettant en lumière une défiance croissante vis-à-vis du processus électoral.

Pour Charles Blé Goudé, le désengagement citoyen constitue un défi majeur. Face à cela, il dit avoir fait le choix d’une stratégie basée sur la proximité et la pédagogie, plutôt que sur la confrontation ou la surenchère verbale. « Je ne cherche pas à parler fort, je cherche à convaincre », a-t-il déclaré, appelant à un discours politique fondé sur des arguments, des projets et une capacité à fédérer au-delà des clivages.

Revendiquant une évolution personnelle, le président du Cojep a affirmé privilégier désormais la compréhension mutuelle à la simple affirmation de soi. « Hier, je criais pour qu’on m’entende. Aujourd’hui, je parle pour qu’on me comprenne », a-t-il résumé, suscitant l’attention de son auditoire.

Unité nationale

L’un des temps forts de son intervention a porté sur la question de l’unité nationale. Dans un appel direct à ses militants, Charles Blé Goudé les a exhortés à adopter une attitude d’ouverture envers les membres des autres partis politiques. « Si tu rencontres un militant d’un autre parti, salue-le. C’est ton frère », a-t-il lancé, martelant que les divergences politiques ne doivent pas se transformer en antagonismes sociaux.

Dans la même veine, il a mis en garde contre les dérives de la violence politique, rappelant le caractère éphémère des conquêtes obtenues par la force. « Ce que l’on obtient par la brutalité se perd par la brutalité », a-t-il prévenu.

Se projetant dans l’avenir, Charles Blé Goudé n’a pas éludé ses ambitions. Il a évoqué la perspective de diriger un jour la Côte d’Ivoire, tout en posant une condition claire : celle de préserver l’intégrité nationale. « Je ne veux pas déchirer ce pays pour des ambitions personnelles », a-t-il insisté, soulignant la nécessité de placer l’intérêt national au-dessus des calculs politiques.

"Militants, allez au contact des populations afin de restaurer la confiance"

Pour terminer, le président du Cojep a invité ses militants à aller au contact des populations afin de restaurer la confiance et de redonner sens à l’engagement citoyen. Il a également plaidé pour un retour aux idéaux politiques et à un débat fondé sur des projets de société.

Dans une ambiance marquée par l’écoute et l’adhésion, cette session du conseil politique du Cojep s’est achevée sur un message central : la construction d’une Côte d’Ivoire réconciliée, inclusive et tournée vers l’avenir.


Le 20/06/26 à 10:18
modifié 20/06/26 à 12:57