Violences sur les populations vulnérables et marginalisées : 1 732 cas enregistrés en 2025

Les membres de l’ONG Enda Santé Côte d’Ivoire présents  à la présentation  des résultats . (DR)
Les membres de l’ONG Enda Santé Côte d’Ivoire présents à la présentation des résultats . (DR)
Les membres de l’ONG Enda Santé Côte d’Ivoire présents à la présentation des résultats . (DR)

Violences sur les populations vulnérables et marginalisées : 1 732 cas enregistrés en 2025

Le 19/06/26 à 15:12
modifié 19/06/26 à 17:51
Enda Santé Côte d'Ivoire présente les résultats de l'Observatoire communautaire des droits humains.
En Côte d'Ivoire, 1 732 cas de violences ont été subis en 2025 par les travailleuses du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les personnes transgenres et les usagers de drogues. Mais aussi par les personnes vivant avec le VIH, les malades de la tuberculose ainsi que les jeunes filles victimes d'exploitation sexuelle. Au premier trimestre 2026, 580 cas de violences ont été dénombrés contre ces populations cibles. L'information a été donnée par Emile Gouané, chargé du suivi-évaluation au sein de l'Organisation non gouvernementale (Ong) Enda Santé Côte d'Ivoire. C'était le mercredi 17 juin 2026 au siège de l'ONG à Cocody, lors de l'atelier de présentation des résultats de l'Observatoire communautaire des droits humains couvrant l'année 2025 et le premier trimestre 2026. Concernant les résultats des trois premiers mois de l'année 2026, Emile Gouané a expliqué que ce sont les travailleuses du sexe qui ont subi le plus de violences, avec 174 cas enregistrés. Quant à la région sanitaire d'Abidjan 2, qui regroupe les districts sanitaires d'Adjamé-Plateau, Cocody-Bingerville, Marcory-Treichville, Koumassi et Port-Bouët, elle a enregistré le plus grand nombre de cas de violences sur l'ensemble des régions sanitaires du pays, avec 129 cas recensés. Selon Mariam Sawadogo, cheffe du département Droits humains au sein de l'Ong Enda Santé Côte d'Ivoire, cette intervention est réalisée dans le cadre de la subvention Gc7 accordée à l'organisation depuis 2024. Elle a expliqué que l'ensemble des cas recensés a été documenté et a fait l'objet d'un accompagnement sanitaire, psychologique, médical et judiciaire, selon l'accord de la victime. Elle a ajouté que des actions ont été menées afin de rassurer les victimes et de favoriser leur maintien dans les parcours de soins. La cheffe de département a relevé que l'objectif poursuivi par l'Ong est de permettre aux personnes vivant avec le VIh de poursuivre leur traitement jusqu'à l'obtention d'une charge virale indétectable. Quant aux personnes atteintes de la tuberculose, il s'agit de leur permettre de bénéficier d'une prise en charge favorisant leur guérison. Pour Mariam Sawadogo, ces populations cibles, bien qu'elles soient « parfois stigmatisées, rejetées ou considérées comme déviantes par certains, vivent parmi nous. Elles font partie intégrante de notre société et interagissent quotidiennement avec nous », a-t-elle affirmé. Par conséquent, elle a estimé que mener des interventions de santé sans les prendre en compte reviendrait également à mettre en danger le reste de la population. « Il est essentiel que les violences à leur encontre cessent. Cela leur permettra d'accéder plus facilement aux centres de santé, de bénéficier des services de dépistage et, pour celles qui sont dépistées positives, de demeurer dans les soins afin d'atteindre une charge virale indétectable », a-t-elle déclaré. Pour elle, la lutte contre les violences, la stigmatisation et la discrimination constitue un enjeu majeur de santé publique et de protection des droits humains.

DANIELLE SERI (stagiaire)



Le 19/06/26 à 15:12
modifié 19/06/26 à 17:51