Déguerpissement de Koumassi-Campement : La Habg lance des vérifications et n’exclut pas une enquête

Le président de la Habg dit prendre en compte tous les aspects du dossier (DR)
Le président de la Habg dit prendre en compte tous les aspects du dossier (DR)
Le président de la Habg dit prendre en compte tous les aspects du dossier (DR)

Déguerpissement de Koumassi-Campement : La Habg lance des vérifications et n’exclut pas une enquête

Le 18/06/26 à 18:38
modifié 18/06/26 à 19:08
La Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance veut faire toute la lumière sur les circonstances du déguerpissement du quartier Campement à Koumassi. Face aux nombreuses zones d’ombre entourant cette opération, son président, Zoro Épiphane Ballo, a annoncé le jeudi 18 juin 2026 l’ouverture d’une phase de collecte documentaire destinée à établir les faits et à déterminer si une enquête formelle s’impose. C'éatait au cours d’un point de presse tenu au siège de l’institution à Cocody.

Cette opération qui a entraîné la destruction de nombreuses habitations et activités commerciales continue de susciter de vives réactions. Selon la mairie de Koumassi, les démolitions auraient été réalisées dans le cadre de l’exécution d’une décision de justice liée à un litige foncier opposant les occupants du site à Alloui Brou Jacques, présenté comme détenteur des droits fonciers sur le terrain.

Cependant, les déclarations publiques de ce dernier, ancien troisième adjoint au maire de Koumassi chargé du domaine entre 1988 et 2000, ont soulevé de nouvelles interrogations. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, il affirme être propriétaire d’environ 34 hectares acquis durant l’exercice de ses fonctions municipales.

Pour la Habg, plusieurs questions méritent d’être élucidées. « Comment un élu local chargé du domaine a-t-il pu acquérir, à titre personnel, une superficie représentant près de 4 % du territoire communal de Koumassi, et cette acquisition aurait-elle respecté les procédures légales et les principes de bonne gouvernance ? », s’interroge l’institution dans sa déclaration.

L’analyse de la Habg s’appuie également sur le communiqué du Procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan en date du 10 juin 2026. Celui-ci a formellement démenti l’existence d’une décision judiciaire autorisant la démolition du quartier. Selon le parquet, la requête introduite par Alloui Brou Jacques avait été rejetée et ne concernait que cinq habitations. « Il ressort clairement du communiqué du Procureur de la République que la demande formulée par monsieur Alloui Brou Jacques n’a jamais abouti favorablement. Dès lors, la décision judiciaire qu’il aurait brandie pour justifier les opérations de démolition ne repose sur aucun fondement légal », souligne la Habg.

Face à ces éléments contradictoires, l’institution entend procéder à une vaste collecte documentaire auprès des administrations concernées. « Cette collecte devra porter en particulier sur les titres fonciers relatifs au site, les arrêtés d’attribution, les actes de cession ou de concession définitive, les actes administratifs ayant encadré la gestion du site ainsi que les autorisations relatives aux opérations de déguerpissement, de démolition et de remblayage », a précisé Zoro Épiphane Ballo.

Les investigations préliminaires s’intéresseront également aux travaux de remblayage réalisés sur le site. La Habg veut notamment vérifier l’existence d’autorisations administratives, d’études d’impact environnemental et identifier les entreprises ayant exécuté les travaux.

À l’issue de cette phase, la Habg procédera à « une analyse juridique, foncière et chronologique » des documents recueillis afin d’évaluer les conditions d’acquisition du terrain, les modalités administratives des démolitions et l’éventuelle implication d’agents publics.

La Habg n’écarte aucune hypothèse. Selon son président, ces vérifications devront permettre de déterminer si les faits sont susceptibles de révéler « un abus de fonction, un conflit d’intérêts, une prise illégale d’intérêts, des faits de corruption ou d’autres infractions ». Une démarche qui vise, selon l’institution, à établir les responsabilités dans un dossier aux importantes répercussions sociales et à garantir le respect des principes de transparence et de bonne gouvernance.



Le 18/06/26 à 18:38
modifié 18/06/26 à 19:08