Bouaké/Konankankro : Il tue plusieurs personnes et les enterre clandestinement

L'endroit où le meurtrier a enterré ses victimes.
L'endroit où le meurtrier a enterré ses victimes.
L'endroit où le meurtrier a enterré ses victimes.

Bouaké/Konankankro : Il tue plusieurs personnes et les enterre clandestinement

Le 16/06/26 à 19:12
modifié 16/06/26 à 19:39
Dans un communiqué, Bamadou Coulibaly, procureur de la République près le tribunal de première instance de Bouaké, indiquait que le dimanche 14 juin 2026, la Brigade anti-criminalité (Bac) de la préfecture de police de Bouaké procédait, au quartier Konankankro situé dans la zone aéroportuaire de Bouaké, à l’arrestation de Hili Napemala Samuel, âgé de 36 ans, se présentant comme maçon. Lors de son interpellation, il détenait un sac de jute contenant le corps sans vie d’un enfant âgé d’environ cinq ans.

Interrogé dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet à la suite de son interpellation, Hili Napemala Samuel aurait reconnu avoir enlevé et tué l’enfant découvert dans le sac qu’il transportait, à des fins rituelles destinées, selon lui, à satisfaire ses fétiches. « Il y a trois autres tombes dans des broussailles du quartier dans lesquelles j’ai enseveli trois autres victimes », a-t-il déclaré aux enquêteurs.

Le chef de Konankankro, Nanan Kondro.
Le chef de Konankankro, Nanan Kondro.



Afin de vérifier la véracité de ces déclarations, le procureur a ordonné et supervisé, le lundi 15 juin 2026, des fouilles minutieuses ayant permis la découverte et l’exhumation de trois corps sommairement ensevelis mais identifiables.

Face à la gravité des faits, notre équipe de reportage s’est rendue, ce mardi 16 juin 2026, dans la matinée, à Konankankro. Le quartier est calme et rien de particulier n’est signalé.

L’équipe a rencontré Nanan Kondro, chef du canton Faari, avec qui elle a échangé sur ces faits criminels. « Depuis près de deux ans, nous avions constaté que certains de nos enfants disparaissaient », a-t-il révélé.

Il a expliqué que, dans un premier cas, un enfant parti à l’école le matin n’a plus donné signe de vie depuis sa disparition il y a deux ans. Un second cas concerne un enfant disparu depuis deux mois après être parti à la chasse.

Par la suite, l’on a échangé avec le frère de la victime, Kouakou Kouassi Etran Célestin, âgé de 14 ans et porté disparu depuis le samedi 9 mai 2026.

Kouakou Konan Franck Parfait, frère aîné de Kouakou Kouassi Etran Célestin, âgé de 14 ans, l'une des victimes.
Kouakou Konan Franck Parfait, frère aîné de Kouakou Kouassi Etran Célestin, âgé de 14 ans, l'une des victimes.



« Dès le lundi suivant, nous avons commencé les recherches pratiquement toute la nuit. Puis nous avons poursuivi nos efforts les jours suivants jusqu’à apprendre, plus d’un mois après, qu’un individu avait été arrêté pour le meurtre d’un enfant derrière l’école primaire », a raconté Kouakou Konan Franck Parfait, frère aîné de la victime.

L’équipe a également rencontré Konan Affoué, grand-mère d’une autre victime, encore sous le choc après la disparition tragique de son petit-fils Kouamé Konan Venance, âgé de 7 ans et élève en classe de CP2.

« Mon petit-fils est allé à l’école comme d’habitude ce jour-là. À midi, la plupart des élèves sont revenus à la maison, mais lui non. Nous nous sommes mis à sa recherche, en vain », explique-t-elle en pleurs.

Konan Affoué, grand-mère d’une autre victime.
Konan Affoué, grand-mère d’une autre victime.



« La justice doit nous permettre de savoir qui l’envoie commettre ces crimes », a-t-elle imploré.

Le procureur a assuré que toute la lumière serait faite sur cette affaire et que ces actes ne resteraient pas impunis.



Le 16/06/26 à 19:12
modifié 16/06/26 à 19:39