Afrique du Sud : Les municipales de novembre déjà sous pression des groupes anti-immigration

Le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa. (Ph: Dr)
Le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa. (Ph: Dr)
Le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa. (Ph: Dr)

Afrique du Sud : Les municipales de novembre déjà sous pression des groupes anti-immigration

Le 08/06/26 à 15:55
modifié 08/06/26 à 17:26
L’élection municipale en Afrique du Sud, c’est le 4 novembre 2026. Mais cinq mois avant, le gouvernement et le Congrès national africain (Anc) au pouvoir sont sous pression. Cela c’es ressenti dans la communication du Chef de l’État, Cyril Ramaphosa, le dimanche 7 juin 2026.

« Nous allons mettre en place des tribunaux spécialisés afin d’accélérer les procédures d’expulsion des migrants en situation irrégulière. Nous allons aussi renforcer les sanctions, allant jusqu’à des peines d’emprisonnement, pour les employeurs qui enfreindraient la loi sur l’immigration », s’est empressé de promettre le Président Ramaphosa parlant des mesures annoncées pour apaiser ses compatriotes en colère.

La sortie du chef de la diplomatie sud-africaine, Ronald Lamola, à la suite du rapatriement médiatisé des ressortissants ghanéens, a confirmé cette pression croissante sur le gouvernement de la Nation Arc-en-ciel. Il s’est insurgé contre cette action qu’il a qualifiée de « spectacles publics » de la part du Ghana.

« Nous sommes, et resterons, ouverts à discuter des facteurs de push and pull relatifs à la migration au niveau bilatéral, au sein de l'Union africaine ou de tout forum multilatéral, mais soyons factuels dans nos échanges et ne cédons pas à des spectacles publics inutiles dépourvus de toute décence diplomatique », a-t-il posté sur sa page X (Twitter), @RonaldLamola.

Ronald Lamola a également rejeté en bloc un certain nombre d’accusation formulées notamment par le Nigeria, le Mozambique et le Ghana. Il déclare : « Premièrement, l'affirmation selon laquelle deux Nigérians ont été tués lors de la vague actuelle d'attaques reste entièrement non étayée par les informations disponibles. Aucun ressortissant nigérian n'a été tué lors des vagues actuelles d'attaques en Afrique du Sud. Deuxièmement, il est faux que cinq Mozambicains aient été tués. Bien qu'une enquête active du Service de police sud-africain soit en cours concernant le décès de deux ressortissants mozambicains, des décès que nous regrettons profondément, nous avons confiance en le fait que cette affaire sera minutieusement enquêtée, aboutissant à une responsabilité claire et à la justice. Nous exprimons une nouvelle fois nos sincères condoléances au gouvernement et au peuple du Mozambique. Nous avons pleinement coopéré avec votre Haute Commission pour faciliter le processus de rapatriement nécessaire. Il est donc profondément étrange que nous apprenions pour la première fois, par le biais de cet entretien, que 15 Ghanéens sont actuellement hospitalisés. Nous n'avons aucune information de ce type ».

La pression est d’autant plus forte que l’opposition – notamment le Economic Freedom Fighters (Eff) de Julius Malema, l’ancien leader des jeunes de l’Anc – s’est dépêchée de condamner les violences et de se démarquer des leaders anti-migrants.

Sur les réseaux sociaux, le parti axe sa communication sur la préparation des élections locales, mais aussi des défections - au sein de l’Anc – qui viennent grossir ses rangs.


Le 08/06/26 à 15:55
modifié 08/06/26 à 17:26