Orpaillage clandestin : Aboutou Koffi préconise la reconversion des jeunes en agriculteurs

Aboutou Koffi préconise la reconversion des jeunes en agriculteurs. (Ph: Dr)
Aboutou Koffi préconise la reconversion des jeunes en agriculteurs. (Ph: Dr)
Aboutou Koffi préconise la reconversion des jeunes en agriculteurs. (Ph: Dr)

Orpaillage clandestin : Aboutou Koffi préconise la reconversion des jeunes en agriculteurs

Le 06/06/26 à 17:56
modifié 06/06/26 à 18:28
Chef du village d’Aboutoukro, situé dans la sous-préfecture de Kouadio-Blékro (région du N’Zi), Aboutou Koffi, également naturothérapeute et président de la Coopérative des travailleurs agricoles et associés des bonnes œuvres (Cootraabo), propose une alternative à l’État dans la lutte contre l’orpaillage clandestin.

Dans un entretien, dont Fratmat.info a eu copie, il met en avant la nécessité de reconvertir les jeunes impliqués dans cette activité vers l’agriculture. Selon lui, il s’agit de leur offrir une formation orientée vers la production de cultures vivrières plutôt que vers des cultures d’exportation comme le café ou le cacao.

« L’orpaillage est aujourd’hui leur principale source de revenus. Nous devons donc les former à l’agriculture vivrière, car les produits alimentaires se consomment et se commercialisent facilement. Ce projet contribuera à l’autosuffisance alimentaire en Côte d’Ivoire », explique-t-il.

Au-delà de son impact social, cette initiative pourrait également favoriser la création d’emplois et constituer un véritable levier de développement rural pour la région du N’Zi.

Le président de la Cootraabo prévoit de former 800 producteurs de cultures vivrières répartis dans 14 villages de la sous-préfecture de Kouadio-Blékro. Il souhaite que l’État accompagne cette initiative en mettant à disposition des semences améliorées, notamment de maïs, de patate douce, ainsi que des espèces forestières telles que l’« akpi » et le colatier.

Aboutou Koffi met également en avant un modèle agricole combiné. Selon lui, un jeune exploitant pourrait associer la culture du manioc à celle du rocouyer, un arbuste tropical originaire d’Amérique du Sud dont les graines servent de colorant naturel en cosmétique et en cuisine.

Il affirme qu’un hectare de rocouyer peut générer jusqu’à trois millions de Fcfa par an. L’association des deux cultures sur une même parcelle offrirait ainsi des revenus substantiels aux jeunes agriculteurs.

Il précise également que le cycle de production du rocouyer est avantageux, puisqu’il produit jusqu’à trois fois par an et enrichit le sol grâce à ses feuilles. Les cultivateurs pourraient donc replanter du manioc sur la même parcelle l’année suivante. D’après lui, cette culture serait même plus rentable que le café ou le cacao.

Le coût global du projet est estimé à environ 400 millions de Fcfa. Cette enveloppe couvrirait notamment la formation assurée par des techniciens et des experts, ainsi que les moyens logistiques nécessaires.

Aboutou Koffi propose que l’État prenne en charge ces dépenses, y compris l’octroi de bourses aux apprenants pendant la durée de leur formation, estimée à environ six mois. Il suggère également un modèle de partage des revenus.

Sur une recette d’un million de Fcfa, 40 % reviendraient au jeune exploitant, 30 % au propriétaire terrien, 20 % à la coopérative villageoise et 10 % à l’État.

Selon lui, cette répartition permettrait à toutes les parties de tirer profit du projet tout en contribuant à réduire la délinquance et l’oisiveté des jeunes.

Aboutou Koffi estime par ailleurs qu’un tel dispositif encouragerait les jeunes à retourner dans leurs villages d’origine, attirés par des opportunités économiques concrètes. Il s’interroge enfin sur la nécessité de soutenir davantage les jeunes issus des centres de formation agricole afin qu’ils puissent créer leurs propres plantations.

« Aujourd’hui, de nombreuses plantations d’hévéa appartiennent à de hauts fonctionnaires. Pourquoi ne pas donner aux jeunes les moyens de développer des exploitations à leur portée afin qu’ils puissent en vivre et contribuer au développement de leurs localités ? », s’interroge-t-il.


Le 06/06/26 à 17:56
modifié 06/06/26 à 18:28