Journées de l’agriculture urbaine : Bouaké accueille la première édition en décembre
Face à la croissance démographique des centres urbains et aux défis liés à l’insécurité alimentaire, au changement climatique, à la pauvreté urbaine et au chômage des jeunes, l’Ong entend faire de cette manifestation un « cadre de réflexion et d’action » pour le développement d’une agriculture de proximité performante et durable.
« Après le succès des éditions du Festival des agriculteurs urbains de Côte d’Ivoire (Fauci), nous voulons offrir une plateforme d’échanges, de sensibilisation, de formation et de promotion des initiatives innovantes dans le domaine », explique Dr Zana Ouattara, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny.
Selon les organisateurs, cette première édition vise à mettre en lumière le rôle stratégique de l’agriculture urbaine dans l’amélioration de la sécurité alimentaire, la création d’emplois, la préservation de l’environnement et le renforcement de la résilience des villes. Elle ambitionne également de favoriser le partage d’expériences, la diffusion des bonnes pratiques et la création de partenariats stratégiques entre les principaux acteurs du secteur.
Durant ces deux journées, les participants prendront part à des conférences, des panels, des ateliers pratiques, des formations et des expositions consacrés aux innovations agricoles adaptées aux espaces urbains. Les échanges porteront également sur les défis auxquels le secteur est confronté, notamment l’accès au foncier, le financement, les technologies adaptées, la formation des acteurs et la valorisation des produits.
Le choix de Bouaké pour accueillir cette première édition des Journées de l’agriculture urbaine s’explique par son statut de « carrefour stratégique et de laboratoire à ciel ouvert pour l’agriculture intra-urbaine en Côte d’Ivoire », souligne Dr Zana Ouattara.
Selon lui, « Bouaké est un important pôle maraîcher », grâce notamment à ses nombreux bas-fonds qui alimentent une part importante de la consommation locale en légumes frais. Il estime également que la ville fait face à « une urgence foncière », l’expansion urbaine exerçant une pression croissante sur les espaces agricoles et rendant nécessaire « la sanctuarisation des terres nourricières ».
Pour le responsable de l’Ong, l’agriculture urbaine constitue par ailleurs « un puissant moteur d’emplois et de revenus pour la jeunesse et les migrants », faisant ainsi de la deuxième plus grande ville du pays un cadre idéal pour engager la réflexion sur l’avenir de ce secteur en Côte d’Ivoire.
Une correspondance particulière de J.D.