Dr Randolphe G. Kichiedou, PhD, Agroéconomiste. (Ph: Dr)
Zéro droit de douane chinois : Une opportunité historique à saisir pour la Côte d’Ivoire
Entre constats et questionnements, ce texte proposé par Dr Randolphe G. Kichiedou, PhD, Agroéconomiste, plonge au cœur de la politique chinoise de « zéro droit de douane » pour en dévoiler les enjeux majeurs et ouvrir le débat.
Dr Randolphe G. Kichiedou indique qu’un mois après son entrée en vigueur, le 1er mai 2026, la politique chinoise de « zéro droit de douane » accordée aux exportations de 53 pays africains, dont la Côte d’Ivoire, s’impose déjà comme une avancée majeure dans les relations économiques sino-africaines.
Au-delà de son caractère symbolique, cette décision marque selon lui, un tournant stratégique : celui d’une volonté affirmée de la Chine de faciliter l’accès des produits africains à son vaste marché tout en contribuant à corriger progressivement les déséquilibres structurels qui caractérisent les échanges commerciaux entre les deux parties.
Un levier pour rééquilibrer les échanges
Pour l’agroéconomiste, la mesure chinoise intervient alors que le commerce sino-africain atteint des niveaux historiques. En 2025, explique-t-il, il s’est établi à 348 milliards de dollars, en nette progression. Toutefois, cette dynamique reste dominée par une asymétrie persistante : l’Afrique exporte essentiellement des matières premières, tandis que la Chine exporte des produits manufacturés à forte valeur ajoutée.
A en croire l’expert, c’est précisément cette situation que la politique de « zéro droit de douane » ambitionne de faire évoluer. En supprimant les barrières tarifaires, la Chine crée les conditions d’un accès plus compétitif des produits africains à son marché. Mais encore faut-il que les économies africaines soient prêtes à répondre à cette ouverture.
Une carte à jouer pour l’économie ivoirienne
Pour la Côte d’Ivoire, premier partenaire commercial de la Chine en Afrique de l’Ouest, selon Dr Randolphe G. Kichiedou, l’enjeu est de taille. Avec environ 5 milliards de dollars d’échanges en 2024, la relation économique bilatérale est déjà solide.
La suppression des droits de douane pour lui, offre désormais un avantage compétitif supplémentaire aux exportateurs ivoiriens. Elle peut stimuler les ventes à l’exportation, améliorer les recettes en devises et soutenir la diversification des marchés.
Mais son impact le plus structurant pourrait être ailleurs : dans la transformation locale et l’industrialisation. En effet, l’accès élargi au marché chinois peut attirer de nouveaux investissements dans les secteurs productifs, notamment dans l’agro-industrie. Il peut favoriser la création d’unités de transformation, renforcer les chaînes de valeur et générer des emplois durables.
Des filières stratégiques à valoriser
Plusieurs secteurs clés de l’économie ivoirienne sont particulièrement concernés indique l’agroéconomiste. « Le cacao, dont le pays est le premier producteur mondial, offre un potentiel considérable en matière de transformation locale. Exporter davantage de beurre, de poudre ou de chocolat permettrait de capter plus de valeur », explique-t-il.
Et d’ajouter que l’anacarde constitue également un levier important. Déjà leader mondial en production de noix brutes, la Côte d’Ivoire doit désormais consolider sa transformation industrielle.
À cela s’ajoutent précise l’expert, le café, dont la consommation explose en Chine, les fruits tropicaux en forte demande, ainsi que les produits agroalimentaires et halieutiques ivoiriens. Tous ces secteurs peuvent tirer profit de la nouvelle ouverture chinoise à condition de franchir un cap qualitatif.
Le véritable obstacle : l’accès réel au marché
Pour l’expert, l’enjeu principal n’est pas tant tarifaire que technique. « Le marché chinois est l’un des plus exigeants au monde. L’accès y est strictement encadré par l’Administration générale des douanes de Chine (Gacc), qui impose des normes rigoureuses en matière de qualité, de sécurité sanitaire et de traçabilité », affirmer l’agroéconomiste.
Il explique que pour les entreprises ivoiriennes, cela implique une montée en gamme incontournable. Notamment en conformité aux normes sanitaires et phytosanitaires ; certifications internationales ; amélioration du conditionnement ; organisation de la logistique ; maîtrise de la chaîne du froid. Sans ces prérequis, l’avantage du « zéro droit de douane » restera théorique.
Une opportunité qui exige une stratégie nationale
La réalité est claire : les préférences tarifaires, à elles seules, ne transforment pas une économie.
La Côte d’Ivoire doit donc inscrire cette opportunité dans une véritable stratégie de développement. Cela suppose une action concertée des pouvoirs publics et du secteur privé autour de priorités claires. C’est-à-dire améliorer la compétitivité des entreprises exportatrices ; faciliter l’accès aux normes et certifications ; renforcer les infrastructures logistiques ; soutenir la transformation agro-industrielle et accompagner les Pme dans leur accès au marché chinois.
Transformer l’essai
En conclusion, l’expert affirme que la politique chinoise de « zéro droit de douane » est, sans conteste, une opportunité historique pour la Côte d’Ivoire. Mais elle ne sera un succès que si elle est pleinement exploitée.
L’enjeu dépasse désormais la question des exportations : il s’agit d’accélérer la transformation structurelle de l’économie ivoirienne. Autrement dit, passer d’une économie d’exportation de matières premières à une économie de production et de transformation à forte valeur ajoutée.
« La fenêtre est ouverte. Il appartient désormais à la Côte d’Ivoire de la traverser avec ambition, méthode et détermination », conclu l’expert.
Au-delà de son caractère symbolique, cette décision marque selon lui, un tournant stratégique : celui d’une volonté affirmée de la Chine de faciliter l’accès des produits africains à son vaste marché tout en contribuant à corriger progressivement les déséquilibres structurels qui caractérisent les échanges commerciaux entre les deux parties.
Un levier pour rééquilibrer les échanges
Pour l’agroéconomiste, la mesure chinoise intervient alors que le commerce sino-africain atteint des niveaux historiques. En 2025, explique-t-il, il s’est établi à 348 milliards de dollars, en nette progression. Toutefois, cette dynamique reste dominée par une asymétrie persistante : l’Afrique exporte essentiellement des matières premières, tandis que la Chine exporte des produits manufacturés à forte valeur ajoutée.
A en croire l’expert, c’est précisément cette situation que la politique de « zéro droit de douane » ambitionne de faire évoluer. En supprimant les barrières tarifaires, la Chine crée les conditions d’un accès plus compétitif des produits africains à son marché. Mais encore faut-il que les économies africaines soient prêtes à répondre à cette ouverture.
Une carte à jouer pour l’économie ivoirienne
Pour la Côte d’Ivoire, premier partenaire commercial de la Chine en Afrique de l’Ouest, selon Dr Randolphe G. Kichiedou, l’enjeu est de taille. Avec environ 5 milliards de dollars d’échanges en 2024, la relation économique bilatérale est déjà solide.
La suppression des droits de douane pour lui, offre désormais un avantage compétitif supplémentaire aux exportateurs ivoiriens. Elle peut stimuler les ventes à l’exportation, améliorer les recettes en devises et soutenir la diversification des marchés.
Mais son impact le plus structurant pourrait être ailleurs : dans la transformation locale et l’industrialisation. En effet, l’accès élargi au marché chinois peut attirer de nouveaux investissements dans les secteurs productifs, notamment dans l’agro-industrie. Il peut favoriser la création d’unités de transformation, renforcer les chaînes de valeur et générer des emplois durables.
Des filières stratégiques à valoriser
Plusieurs secteurs clés de l’économie ivoirienne sont particulièrement concernés indique l’agroéconomiste. « Le cacao, dont le pays est le premier producteur mondial, offre un potentiel considérable en matière de transformation locale. Exporter davantage de beurre, de poudre ou de chocolat permettrait de capter plus de valeur », explique-t-il.
Et d’ajouter que l’anacarde constitue également un levier important. Déjà leader mondial en production de noix brutes, la Côte d’Ivoire doit désormais consolider sa transformation industrielle.
À cela s’ajoutent précise l’expert, le café, dont la consommation explose en Chine, les fruits tropicaux en forte demande, ainsi que les produits agroalimentaires et halieutiques ivoiriens. Tous ces secteurs peuvent tirer profit de la nouvelle ouverture chinoise à condition de franchir un cap qualitatif.
Le véritable obstacle : l’accès réel au marché
Pour l’expert, l’enjeu principal n’est pas tant tarifaire que technique. « Le marché chinois est l’un des plus exigeants au monde. L’accès y est strictement encadré par l’Administration générale des douanes de Chine (Gacc), qui impose des normes rigoureuses en matière de qualité, de sécurité sanitaire et de traçabilité », affirmer l’agroéconomiste.
Il explique que pour les entreprises ivoiriennes, cela implique une montée en gamme incontournable. Notamment en conformité aux normes sanitaires et phytosanitaires ; certifications internationales ; amélioration du conditionnement ; organisation de la logistique ; maîtrise de la chaîne du froid. Sans ces prérequis, l’avantage du « zéro droit de douane » restera théorique.
Une opportunité qui exige une stratégie nationale
La réalité est claire : les préférences tarifaires, à elles seules, ne transforment pas une économie.
La Côte d’Ivoire doit donc inscrire cette opportunité dans une véritable stratégie de développement. Cela suppose une action concertée des pouvoirs publics et du secteur privé autour de priorités claires. C’est-à-dire améliorer la compétitivité des entreprises exportatrices ; faciliter l’accès aux normes et certifications ; renforcer les infrastructures logistiques ; soutenir la transformation agro-industrielle et accompagner les Pme dans leur accès au marché chinois.
Transformer l’essai
En conclusion, l’expert affirme que la politique chinoise de « zéro droit de douane » est, sans conteste, une opportunité historique pour la Côte d’Ivoire. Mais elle ne sera un succès que si elle est pleinement exploitée.
L’enjeu dépasse désormais la question des exportations : il s’agit d’accélérer la transformation structurelle de l’économie ivoirienne. Autrement dit, passer d’une économie d’exportation de matières premières à une économie de production et de transformation à forte valeur ajoutée.
« La fenêtre est ouverte. Il appartient désormais à la Côte d’Ivoire de la traverser avec ambition, méthode et détermination », conclu l’expert.