Sénégal : Diomaye Faye pourra-t-il contrer Ousmane Sonko en 2027 avant la présidentielle de 2029 ?

Sénégal : Diomaye Faye pourra-t-il contrer Ousmane Sonko en 2027 avant la présidentielle de 2029 ?

Le 24/05/26 à 12:06
modifié 24/05/26 à 14:24
Dès 2027, l’on devrait voir plus clair dans la capacité du Président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, à se positionner comme un sérieux candidat à sa propre succession en 2029. Le Chef de l’État devra disposer d’une assise confortable au Parlement, dans les municipalités et les régions.

Pour le moment, d’aucuns pensent que les 130 députés du Pastef — sur les 165 que compte l’Assemblée nationale — ne feront pas de difficultés. Mais lors des prochaines législatives, ils devront se positionner pour ou contre le Chef de l’Exécutif sénégalais, dont la coalition, « Diomaye Président », s’active à recruter des cadres tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti. Idem pour les 100 maires et les 50 présidents de conseils régionaux que compte le parti.

La rupture désormais consommée, le Président sénégalais ne manque pas une occasion de montrer qu’il est à la tâche et que l’intérêt supérieur de la Nation constitue sa priorité. Au moment où les commentaires vont bon train relativement aux réactions des pro et anti-Sonko à la suite de son départ, Bassirou Diomaye Faye a évoqué, sur la plateforme X (anciennement Twitter), la libération de ses compatriotes arrêtés dans le cadre des échauffourées qui ont émaillé la finale de la Can au Maroc.

« Nos compatriotes retenus au Maroc à la suite des incidents survenus en marge de la Coupe d’Afrique des nations sont libres. Ils retrouveront bientôt les leurs, par la grâce royale que Sa Majesté le roi Mohammed VI a bien voulu leur accorder à l’occasion de l’Aïd el-Kébir. J’adresse à Sa Majesté mes remerciements les plus sincères pour cette décision empreinte de clémence et d’humanité. Le Sénégal et le Maroc cultivent une fraternité ancienne, que ce geste, une fois encore, vient honorer. Aïd Moubarak à Sa Majesté le roi et à tout le peuple marocain », a-t-il posté.

En face, la petite phrase — qualifiée de soulagement par son auteur — publiée par le désormais ex-Premier ministre, Ousmane Sonko, continue de susciter des réactions. Il avait lancé : « Alhamdoulillah. Ce soir, je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui ».

Si ses partisans apprécient ce qui semble être une preuve de la résilience de leur champion, les détracteurs d’Ousmane Sonko l’accusent de vouloir rejeter la responsabilité de la séparation sur le Président. HB (@Camara12) n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Sonko joue perpétuellement la victime. Ce limogeage lui donne enfin un prétexte. Pendant les deux prochaines années, il ne fera que se plaindre et accuser le monde entier d’être contre lui. Quand on manque de recul et de substance, on ne peut exister qu’en créant continuellement de la discorde », écrit-il.

Et CHE-CHE (@PriveeAppelle) d’enfoncer le clou en s’attaquant à l’inévitable candidature d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. Il le dit en ces termes : « Un Premier ministre limogé qui, dans un moment aussi sensible pour un pays, trouve le moyen de venir publier qu’il va “dormir le cœur léger”, c’est d’une irresponsabilité sidérante. Aucune pensée pour les institutions. Aucune considération pour les citoyens. Aucun sens de la gravité du moment. Juste le soulagement personnel d’un homme qui semble finalement plus heureux d’être débarrassé du pouvoir que d’avoir eu l’honneur de servir son peuple. Et après ça, certains veulent encore vendre cela comme de la stature présidentielle ? »

Leon Kakase (@kakesa_leon) se veut plus modéré. Il pense que le Premier ministre sortant devait s’attendre à son départ dès les premiers jours de la victoire du Pastef. Il écrit : « Cher Sonko, vous avez toujours eu du mal à rester dans vos chaussures de Premier ministre. À force de vous prendre pour président, vous avez fini par marcher sur les plates-bandes de Diomaye Faye. Mais enfin, deux soleils ne peuvent pas briller dans le même ciel... Vous voyez ce que je veux dire ! »

En face, la détermination des pro-Sonko demeure intacte. Usman Siise (@opcisse), partisan de l’ancien Premier ministre, croit fermement à sa victoire à la présidentielle de 2029. « On te fera président de ce pays en 2029, Insha Allah », promet-il.

KIM94 (@wasiest) renchérit : « Focus rek. Alhamdoulilah. Tu es notre seule boussole pour sortir ce pays de l’abîme ».

Il a accompagné son commentaire d’un visuel sur lequel figure une phrase d’Ousmane Sonko : « Nous n’avons pas été élus pour nous réconcilier avec une poignée de personnes qui ont détruit ce pays ».

De nombreux observateurs pensent qu’il s’agit de l’une des piques que l’intéressé a envoyées à son désormais ancien compagnon de lutte au pouvoir, considérant que sa politique à l’égard des membres du régime précédent est trop molle et moins agressive.


Le 24/05/26 à 12:06
modifié 24/05/26 à 14:24