Forêt classée de Monogaga : La chefferie Winnin dément une opposition au projet agroforestier

Les chefs des villages ont exprimé leur entière adhésion et remercier les autorités politiques et administratives... (Ph: Dr)
Les chefs des villages ont exprimé leur entière adhésion et remercier les autorités politiques et administratives... (Ph: Dr)
Les chefs des villages ont exprimé leur entière adhésion et remercier les autorités politiques et administratives... (Ph: Dr)

Forêt classée de Monogaga : La chefferie Winnin dément une opposition au projet agroforestier

Le 23/05/26 à 16:00
modifié 23/05/26 à 17:57
Les chefs coutumiers et de tribu Winnin de la forêt classée de Monogaga ont dénoncé, le 20 mai 2026, ce qu’ils considèrent comme une vaste campagne de désinformation visant le projet d’agroforesterie porté par la Roots Wild Foundation.

Réunis à Cantondougou, village du chef central, ils ont apporté un démenti formel aux accusations relayées sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, reprochant à la fondation et à son président, Bilal Hallal, de vouloir déposséder les populations autochtones de leurs terres.

Face à la presse locale, les représentants des communautés autochtones ont qualifié ces publications « d’informations mensongères » destinées, selon eux, à fragiliser un projet qu’ils jugent bénéfique pour les populations riveraines de la forêt de Monogaga.

La rencontre a enregistré la participation des chefs des tribus Gouyo et Gbôkôyo, des chefs des villages de Kounouko et Gnépa, ainsi que des responsables d’associations de femmes et de jeunes.

Au nom du collectif des chefs Winnin, Bodou Alfred Stéphane, chef du village de Doulayeko, a soutenu que le projet représente une véritable opportunité de développement durable pour les communautés locales. Il a notamment révélé qu’avec l’appui de la Roots Wild Foundation, plus de 13 000 hectares d’enclaves ont été attribués aux populations autochtones par l’État ivoirien, après plusieurs décennies de classement de la forêt.

Selon lui, les premières retombées économiques sont déjà perceptibles. Il a cité, entre autres, les revenus générés par le poste mixte avancé des Eaux et Forêts et du Tourisme, estimés à près de 800 000 Fcfa par village en seulement deux trimestres.

Le porte-parole du collectif a également indiqué qu’un lotissement de dix hectares sur le littoral a été accordé à chaque village afin de faire face aux effets de l’érosion côtière qui menace plusieurs localités de la région, une requête introduite depuis 2017, a-t-il précisé.

Ils ont pu donner les détails sur le projet avant d'apporter le démenti. (Ph: Dr)
Ils ont pu donner les détails sur le projet avant d'apporter le démenti. (Ph: Dr)



Les femmes des communautés Winnin ont également exprimé leur adhésion au projet. Présidente fondatrice de l’Association des chics belles dames Winnin (Gnlin-Wonnie), Watché Jeanne a salué une initiative favorable à la préservation de l’environnement. Elle a expliqué que les femmes de son organisation participent activement à la production de pépinières destinées au reboisement.

« Planter un arbre, c’est donner une vie », a-t-elle lancé, invitant les autres associations à rejoindre le projet afin d’intensifier les actions de reforestation.

Pour les chefs traditionnels, ce programme d’agroforesterie et d’écotourisme s’inscrit dans une dynamique de protection de l’environnement tout en créant des perspectives économiques et sociales pour les générations futures. Ils ont ainsi appelé à l’apaisement et à une collaboration harmonieuse entre toutes les parties prenantes.

Le collectif a par ailleurs exhorté les médias, les organisations de la société civile et les acteurs impliqués à se rapprocher des communautés locales afin de vérifier les informations avant toute diffusion.

Les chefs Winnin ont enfin appelé à la responsabilité « afin d’éviter toute escalade susceptible d’entraîner des procédures judiciaires inutiles ». Ils ont conclu en exprimant leur gratitude aux autorités ivoiriennes pour leur soutien au projet, notamment au Président de la République ainsi qu’aux ministres successifs des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba et Assahoré Konan Jacques.

Source : Sercom



Le 23/05/26 à 16:00
modifié 23/05/26 à 17:57