Immigration : Une ministre allemande rassure et met en garde

La ministre d’Etat déléguée aux Affaires étrangères d’Allemagne, Serap Güler, a échangé avec des jeunes à l'Institut Goethe à Abidjan le 11 mai 2026.
La ministre d’Etat déléguée aux Affaires étrangères d’Allemagne, Serap Güler, a échangé avec des jeunes à l'Institut Goethe à Abidjan le 11 mai 2026.
La ministre d’Etat déléguée aux Affaires étrangères d’Allemagne, Serap Güler, a échangé avec des jeunes à l'Institut Goethe à Abidjan le 11 mai 2026.

Immigration : Une ministre allemande rassure et met en garde

Le 12/05/26 à 11:04
modifié 12/05/26 à 11:19
Le lundi 11 mai 2026, a pris fin à Abidjan, le séjour de 48 heures de la ministre d’Etat déléguée aux Affaires étrangères d’Allemagne, Serap Güler.

Pour être bref, il n’en a pas moins eu du relief. Notamment concernant le renforcement de l’axe de coopération Abidjan-Berlin, ne serait-ce que pour ce qui est de la politique de l’immigration, mais aussi de la question de la lutte contre le terrorisme.

A cet effet, la ministre Serap Güler a rencontré, dans la même journée du lundi, le vice-Premier ministre en charge de la Défense, Téné Birahima Ouattara et le ministre délégué auprès du ministère d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso.

« Si nous pouvons faire quelque chose pour vous soutenir, vous et d’autres pays de la sous-région, nous n’hésiterons pas à le faire », a assuré la cheffe déléguée de la diplomatie allemande, à propos de la lutte contre le terrorisme.

« Je peux vous assurer que, nous, en tant que République d'Allemagne, nous continuerons à assumer nos responsabilités », a insisté Serap Güler face aux journalistes, à l’Institut Goethe. « Nous avons déjà un bon partenariat entre les deux pays. Il s’agit de le renforcer », a-t-elle expliqué.

Dans un contexte marqué par l’expulsion d’Africains de l’Europe, la ministre a affirmé que les bras de son pays restent tout ouverts aux Africains en général et aux Ivoiriens en particulier, à la condition toutefois de « ne pas se fier aux trafiquants, mais de recourir aux voies légales ». Cela passe en Côte d’Ivoire, notamment, par l’apprentissage préalable de la langue à l’Institut Goethe.

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Serap Güler a tenu à faire cette clarification en forme de mise au point sévère, alors qu’elle répondait à la question d’un journaliste, à l’issue d’une rencontre qu’elle a eue avec un contingent de jeunes audit Institut, le lundi.

La cheffe déléguée de la diplomatie allemande leur a donné des assurances quant aux bonnes dispositions de la République d’Allemagne d’accueillir des migrants africains. Elle a toutefois assorti cette assurance d’une mise au point, en déconseillant vivement toute voie de migration détournée, en dehors des cadres juridiques et officiels. Le trafic de migrants est d’ailleurs considéré comme un crime international.

L’échange entre la ministre allemande et les jeunes ivoiriens a eu lieu dans le cadre du projet « Why not logistics » porté par l’entreprise allemande Emons. Grâce à cette entreprise, des jeunes ivoiriens bénéficient, depuis deux ans, d’une formation par alternance qui leur ouvre la perspective d’une intégration sociale en Allemagne.

Toujours dans la journée du lundi 11 mai, des échanges ont eu lieu entre la ministre de la République d'Allemagne et des élèves, à l’initiative de l’établissement Pasch (Ndlr : Ecole partenaire de l’avenir), actif dans la promotion de la culture et de la langue allemande.

Serap Güler, faut-il le rappeler, était au Sénégal, il y a deux semaines. Prochaine étape : le Togo.

Notons que sur le plan culturel, la Côte d’Ivoire a plus de mille enseignants en allemand.

Serap Güler, elle, s’affiche comme l’une des voix qui portent l’idéal de paix et militent pour des formules apaisées en faveur d’un règlement des crises par le dialogue. En pleine phase d’hostilités entre la Russie et l’Ukraine, elle s’était rendue, en juillet 2022, à Irpin, en Ukraine, pour voir comment aider les Ukrainiens.

« Il va de soi que les missions de maintien de la paix de l’Onu doivent évoluer face à la complexité croissante des dynamiques de conflit et s’adapter aux défis actuels », déclarait-elle, le 2 mars dernier, dans un entretien.



Le 12/05/26 à 11:04
modifié 12/05/26 à 11:19