Lutte anti-tabac en Côte d’Ivoire : Quand la loi peine à éteindre... la fumée (DOSSIER)

Réussir à dissuader tous ceux qui fument  dans les espaces publics est l'un des défis à relever dans la lutte anti tabac.
Réussir à dissuader tous ceux qui fument dans les espaces publics est l'un des défis à relever dans la lutte anti tabac.
Réussir à dissuader tous ceux qui fument dans les espaces publics est l'un des défis à relever dans la lutte anti tabac.

Lutte anti-tabac en Côte d’Ivoire : Quand la loi peine à éteindre... la fumée (DOSSIER)

Le 11/05/26 à 14:25
modifié 11/05/26 à 17:33
Dans les rues, les maquis, les écoles ou les transports, la cigarette continue de circuler librement, mettant à rude épreuve l'efficacité du dispositif légal.
Adoptée pour protéger les populations contre les effets dévastateurs du tabac, la législation ivoirienne en la matière se veut stricte et dissuasive. Entre campagnes de sensibilisation, réformes juridiques et engagement des autorités sanitaires, la Côte d’Ivoire intensifie la lutte contre le tabagisme. Mais sur le terrain, l’application de la loi se heurte encore à de nombreuses réalités sociales, économiques et culturelles.

Un fléau silencieux aux lourdes conséquences

Le tabac demeure l’un des principaux facteurs de mortalité, pourtant évitable, dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2024, plus de 1,2 milliard de personnes étaient adeptes de la cigarette à travers la planète. Chaque année, le tabagisme provoque plusieurs millions de décès, dont près de 1,2 million chez les non-fumeurs, exposés à la fumée secondaire.

En Côte d’Ivoire, la situation préoccupe de plus en plus les autorités sanitaires. Selon les données de l’Enquête démographique et de santé (EDS 2011-2012), le taux de prévalence du tabagisme est estimé à 14,6 % de la population ivoirienne. Les statistiques officielles évoquent également près de 5 000 décès liés au tabac chaque année.

Avec l’apparition des nouveaux produits comme la chicha et les cigarettes électroniques, les jeunes deviennent particulièrement vulnérables. Dans plusieurs communes d’Abidjan, la cigarette s’est banalisée au point de devenir un élément du quotidien.

« Nous saluons les efforts des autorités pour protéger les populations. Malheureusement, certaines personnes continuent de fumer dans les espaces publics, les gares de woro-woro ou en attendant les gbakas », dénoncent Konan Gervais et Hamed Sylla, deux citoyens ivoiriens rencontrés respectivement à Cocody et Adjamé. Même constat à la Riviera Palmeraie. « Tous les jours, on voit des jeunes fumer librement dans les rues », constate avec regret Aboubacar Koné, commerçant ambulant.

Pourtant, les conséquences sanitaires sont bien connues : cancers, maladies cardiovasculaires, affections respiratoires chroniques. Le tabagisme est notamment en cause dans près de 90 % des cas de cancers du poumon.

Au-delà de la santé, le coût économique du tabac est également considérable. « Je peux fumer un paquet par jour pour environ 1 000 FCFA. Cette dépense est devenue une habitude », reconnaît Kouamé Laure, rencontrée au quartier Divo, dans la commune de Koumassi.

Un arsenal juridique renforcé

Face à cette menace, la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un cadre légal ambitieux, en conformité avec la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.

Adoptée en 2019, cette loi interdit de fumer dans les lieux publics, les lieux de travail et les transports en commun. Elle prohibe également la vente de produits du tabac aux mineurs et par des mineurs. Cette commercialisation est aussi interdite dans un rayon de 200 mètres autour des établissements scolaires, centres de santé, centres culturels ou sportifs et bâtiments administratifs.

Des décrets d’application sont venus renforcer ce dispositif, relativement au conditionnement, à l’étiquetage et à la traçabilité des produits du tabac notamment. Les nouveaux produits comme la chicha et les cigarettes électroniques sont aussi concernés par ces interdictions.

Des vendeurs proposent des cigarettes au détail parfois même à des mineurs.
Des vendeurs proposent des cigarettes au détail parfois même à des mineurs.



« Il est possible d’éviter ces décès grâce à la promotion de la santé. Le gouvernement a pris le phénomène à bras-le-corps, avec une redynamisation des campagnes de sensibilisation », a indiqué Ernest Zotoua, directeur coordonnateur du Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (PNLTA), lors d’un atelier organisé à Marcory le 4 mai dernier.

Une réalité toujours préoccupante

Malgré ce dispositif, force est de constater que l’application effective de loi reste un defi majeur à relever dans la majorité des espaces publics. Dans certains maquis et bars, des clients fument librement, parfois en présence d’enfants.

En empruntant un minicar de transport communément appelé gbaka entre Adjamé et Anyama, en avril dernier, Koffi Jérémie, employé du privé, raconte avoir rencontré un apprenti, cigarette à la main. « J’ai dû lui faire des remontrances pour qu’il arrête de fumer », explique-t-il.

Même scène dans un taxi communal, (wôrô-wôrô) en direction de Cocody, où le chauffeur a demandé pardon à ses clients avant de tirer quelques bouffées de cigarette.

La vente de cigarettes à l’unité demeure également répandue, malgré les restrictions qu’impose la loi. Dans plusieurs quartiers populaires, des commerçants proposent des cigarettes au détail, parfois même à des mineurs, au vu et au su de tous. « Ici, même les petits peuvent acheter des cigarettes », confie un vendeur installé dans une ruelle à Anono, dans la commune de Cocody.

Dans certains établissements scolaires, les responsables éducatifs tentent de réagir. Un directeur d’études d’un établissement privé de la Riviera affirme avoir sanctionné un élève surpris avec une cigarette électronique dans son sac.

Les jeunes, principales cibles du tabac

La jeunesse reste au cœur des préoccupations. Effet de mode, mauvaises fréquentations, curiosité ou difficultés personnelles poussent de nombreux adolescents vers la cigarette. « Je suis conscient du danger, mais je fume de temps en temps à cause du plaisir et de l’effet de groupe », reconnaît un lycéen rencontré à Bingerville.

Un autre élève explique fumer pour évacuer le stress lié aux mauvaises notes et aux devoirs scolaires. D’autres évoquent des difficultés familiales ou sociales. « Je connais une amie qui fume parce qu’elle souffre des disputes permanentes entre ses parents. Elle essaie ainsi de décontracter », raconte un jeune. Ces témoignages confortent les spécialistes qui estiment que la prévention doit commencer très tôt, à travers l’éducation et la sensibilisation.

Entre engagement politique et responsabilité collective

Pour les acteurs de la lutte anti-tabac, plusieurs défis restent à relever. Le renforcement des contrôles apparaît comme une priorité majeure. Les agents chargés de faire respecter la réglementation disposent de moyens très limités, tandis que les sanctions demeurent peu appliquées.

La tolérance sociale constitue également un obstacle important. Dans plusieurs milieux, fumer est perçu comme un comportement ordinaire, voire valorisant. Les autorités sanitaires, les Ong et les médias poursuivent néanmoins leurs campagnes de sensibilisation afin de faire évoluer les mentalités.

L’augmentation des taxes sur les produits du tabac, déjà expérimentée dans plusieurs pays, figure aussi parmi les pistes envisagées pour enrayer le fléau.

Une évidence émerge toutefois : la lutte anti-tabac en Côte d’Ivoire ne pourra être efficace sans une mobilisation collective. Au-delà des textes, c’est dans les comportements quotidiens que se joue véritablement cette bataille pour la santé publique et la protection des générations futures.

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Allou Yvette (Responsable du service juridique au Pnlta) : « La sensibilisation doit être accompagnée de mesures répressives plus fermes »

Allou Yvette, responsable du service juridique au Pnlta.
Allou Yvette, responsable du service juridique au Pnlta.



Allou Yvette, administrateur des services financiers, option Santé, juriste, responsable du service juridique au Pnlta revient sur les avancées de la lutte antitabac en Côte d’Ivoire.

Depuis 2019, la Côte d’Ivoire dispose d’une loi réglementant la lutte antitabac, notamment l’interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports en commun. Des avancées concrètes ont-elles été enregistrées depuis lors ?

Les avancées sont réelles et significatives. Sur le plan juridique, plusieurs décrets d’application de la loi antitabac ont été adoptés. Il s’agit notamment du décret instituant un système de traçabilité des produits du tabac, modifié en 2025, ainsi que du décret relatif au conditionnement, à l’étiquetage et à la commercialisation des produits du tabac. Plus récemment, le décret n°2025-42 du 15 janvier 2025 portant modalités d’application de l’interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports publics est venu renforcer le dispositif existant. Ce texte élargit l’interdiction aux nouveaux produits du tabac, notamment la chicha et les cigarettes électroniques, tout en supprimant les espaces fumeurs. Au-delà de ces textes, quatre arrêtés d’application relatifs au système de traçabilité ont également été pris en mars 2025 afin d’accélérer sa mise en œuvre.

Les populations ont-elles réellement pris conscience des dangers liés au tabac ?

Les activités de communication et de sensibilisation produisent des résultats encourageants. Chaque année, nous organisons des campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires sur toute l’étendue du territoire national. Le programme participe également à de nombreuses émissions de télévision et de radio. S’agissant des lieux publics, des missions de sensibilisation sont régulièrement menées auprès des responsables de maquis, restaurants, bars et autres espaces recevant du public. Grâce à ces différentes actions, nous avons enregistré une baisse notable de la consommation de cigarettes depuis 2012. Le taux est passé d’environ 12 % à 4,6 % aujourd’hui. Concernant l’ensemble des produits du tabac, le taux de consommation tourne autour de 11 %. Cela montre que les campagnes de sensibilisation portent leurs fruits. Mais il est à constater que les populations perçoivent davantage les dangers de la cigarette classique que ceux des nouveaux produits comme la chicha ou les cigarettes électroniques, qui séduisent particulièrement les jeunes. Beaucoup pensent encore, à tort, que ces produits sont moins nocifs.

Les campagnes de sensibilisation suffisent-elles aujourd’hui ?

Non. La sensibilisation reste essentielle, mais elle doit désormais être accompagnée de mesures répressives plus fermes afin de faire reculer davantage le phénomène. Les agents du programme effectuent déjà des opérations de terrain avec les forces de police. Deux grandes opérations ont été menées en février dernier à Abidjan, marquées par la saisie de plus de 300 chichas. Le décret de 2025 a supprimé les espaces fumeurs. Désormais, tout établissement qui maintient ce type d’espace est en infraction. Pour l’instant, aucun établissement n’a été fermé, mais les contrôles se poursuivent. Concernant les transports en commun, nous sommes encore principalement dans la phase de sensibilisation. Toutefois, ce secteur ne sera pas épargné par les futures actions répressives. Ces opérations se déroulent déjà à Abidjan et à Man, et elles seront progressivement étendues à d’autres villes comme Yamoussoukro.

Malgré les interdictions, les cigarettes continuent d’être vendues au détail à des mineurs. Comment expliquez-vous cette situation ?

Il est important de renforcer davantage la communication autour des interdictions et des dangers liés à la consommation du tabac. Les populations doivent être suffisamment informées afin que personne ne s’engage volontairement dans cette consommation par ignorance. Cette problématique a justement été prise en compte en mars 2026 avec un arrêté portant création d’une commission chargée de délivrer les agréments liés à la commercialisation des produits du tabac. Nous espérons que d’ici fin 2026-début 2027, la vente au détail connaîtra une nette régression. Mais cette lutte nécessite l’implication de tous : parents, éducateurs, journalistes, leaders communautaires, organisations de la société civile... Chacun doit jouer sa partition. La création d’une équipe permanente d’agents de contrôle serait également une avancée majeure pour assurer le respect effectif de la loi. Les non-fumeurs ne doivent pas subir les conséquences du tabagisme passif. Le droit à la santé est un droit fondamental.

Aux jeunes, principales victimes du fléau, quel message particulier adresseriez-vous ?

Nous voulons que les jeunes prennent conscience des dangers réels du tabac et des nouveaux produits dérivés. L’étude mondiale Gyts réalisée en 2023 montre que 11,6 % des élèves consomment des produits du tabac, tandis que 4,5 % fument des cigarettes, contre 12 % avant 2012. Même si des progrès ont été accomplis, le combat est loin d’être terminé. Nous continuerons d’agir pour protéger les populations, en particulier les jeunes, qui représentent l’avenir de notre pays. Les textes seront appliqués. Nous invitons donc les fumeurs à se conformer à la loi et à adopter des comportements responsables pour préserver leur santé et celle des autres.

Entretien réalisé par Christian Dallet

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Communiquer pour gagner

Le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie sous toutes ses formes (anciennes et nouvelles) constituent aujourd’hui de véritables problèmes de santé publique. En Côte d’Ivoire, ce phénomène touche une frange importante de la population, notamment les jeunes, souvent influencés par l’effet de mode, l’environnement social, les réseaux sociaux, mais également certains contenus médiatiques.

Dans ce contexte préoccupant, les médias apparaissent comme des acteurs majeurs de prévention et de sensibilisation. À travers la plume, le micro et la caméra, plusieurs organisations de journalistes et de communicateurs ont décidé d’intensifier la lutte contre l’addiction au tabac et de vulgariser les textes encadrant le secteur du tabac.

Face aux défis de la lutte à relever, les médias apparaissent comme des acteurs majeurs de prévention et de sensibilisation.
Face aux défis de la lutte à relever, les médias apparaissent comme des acteurs majeurs de prévention et de sensibilisation.



Parmi elles figure le Réseau des communicateurs pour la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme en milieu scolaire et universitaire (Recltasu), dirigé par Dimitri Agoutsi. Engagée pour une école saine et sans addictions, cette organisation multiplie les initiatives de sensibilisation en direction des jeunes et des acteurs des médias.

Dans cette dynamique, le Recltasu a organisé, du 23 au 24 avril 2026 à Adjamé, la première édition du Salon international des médias sur la prévention des addictions (Simpa). Une plateforme de réflexion destinée à mobiliser journalistes, communicateurs et experts autour des dangers liés au tabac, à l’alcool et aux drogues.

Aux côtés du Recltasu, d’autres structures jouent également un rôle actif, notamment la Conférence des médias contre le tabagisme, l’alcoolisme et la toxicomanie en Côte d’Ivoire (Comtat-CI), l’Autorité nationale de la presse (Anp) et la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca).

Anp et Haca, un rôle clé dans la régulation et la prévention

Dans le dispositif ivoirien de lutte contre les addictions, l’Autorité nationale de la presse (Anp) et la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca) occupent une place stratégique. À travers la régulation des contenus médiatiques, le contrôle de la publicité et la protection des populations vulnérables, ces deux organes de régulation contribuent à limiter la banalisation des produits addictifs dans les médias.

Ils agissent également sur le terrain de la formation. Grâce à leurs programmes pédagogiques, les deux institutions renforcent les capacités et accentuent la sensibilisation. C’est le cas de l’Anp qui, à travers ses programmes pédagogiques tels qu’Anp Academy qui tiendra bientôt sa 40e session et la future Master Class Academy, renforce les capacités des journalistes sur le traitement responsable des genres journalistiques.

L’objectif est clair : faire des professionnels des médias de véritables acteurs de prévention, capables de diffuser une information fiable et responsable.

Le Comtat-CI, douze années d’engagement

Créée en 2014, la Conférence des médias contre le tabagisme, l’alcoolisme et la toxicomanie en Côte d’Ivoire (Comtat-CI) s’est imposée comme l’une des structures les plus engagées dans ce combat. Son action repose sur plusieurs axes : former les professionnels des médias, créer un cadre de collaboration avec les autorités publiques et développer des espaces de sensibilisation dans les organes de presse.

En collaboration avec le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (Pnlta), le Comtat-CI a organisé de nombreuses caravanes d’information, de formation et de sensibilisation à travers le pays.

Entre autres actions, ces caravanes ont permis la mise en place de points focaux antitabac dans près de trente rédactions ivoiriennes, avec le soutien de l’ancien directeur général de Fraternité Matin, Venance Konan. Le quotidien gouvernemental avait même ouvert une page dédiée aux acteurs de la lutte antitabac afin de relayer leurs activités et messages de prévention.

Ce projet baptisé « Zéro fumeur dans les rédactions » a favorisé l’adhésion de plusieurs patrons de presse à la cause antitabac et l’installation d’une cinquantaine de journalistes comme relais de sensibilisation, explique Fidèle Neto, président du Comtat-CI.

L’organisation s’est également illustrée lors de la Coupe d’Afrique des nations 2023 à travers l’initiative « Ivoire CAN 2023 Sans Tabac ». Les villes d’Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo et San Pedro, hôtes de la compétition, ont été parcourues afin de sensibiliser les populations et rappeler l’interdiction de fumer et de vapoter dans les stades, hôtels, restaurants et autres lieux publics de rassemblement.

À travers ces différentes initiatives, journalistes, communicateurs et régulateurs démontrent que la lutte contre les addictions ne relève plus seulement du domaine médical. Elle est désormais aussi une bataille de communication, d’éducation et de responsabilité collective.

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Le temps de la répression

Les pouvoirs publics ont intensifié les campagnes de sensibilisation et de vulgarisation de la loi antitabac, tout en multipliant les actions de répression afin d’inverser la courbe croissante de la consommation du tabac sous toutes ses formes.

En Côte d’Ivoire, la lutte contre le tabagisme repose sur un arsenal juridique renforcé. En plus de la loi de juillet 2019 réglementant le secteur du tabac, un décret interdisant de fumer dans les espaces publics et les transports en commun avait déjà été adopté en 2012. Cette interdiction est assortie d’amendes allant de 15 000 à 100 000 FCFA pour les fumeurs contrevenants, et de 150 000 à 250 000 FCFA pour les responsables d’espaces publics qui ne respectent pas la réglementation.

Les actions répressives  visent à  inverser la courbe croissante de la consommation du tabac sous toutes ses formes. La loi a également prévu des amendes et des emprisonnements aux contrevenants.
Les actions répressives visent à inverser la courbe croissante de la consommation du tabac sous toutes ses formes. La loi a également prévu des amendes et des emprisonnements aux contrevenants.



Ces mesures visent à freiner la progression du tabagisme, particulièrement chez les jeunes, de plus en plus exposés à ces pratiques nocives. Les contrevenants s’exposent donc à des sanctions prévues par la loi. Après plusieurs années de sensibilisation sur les dangers de la fumée et sur les dispositions légales en vigueur, l’heure semble désormais venue pour les populations de percevoir plus concrètement l’effet dissuasif des sanctions sur le terrain.

La législation ivoirienne prévoit, en effet, deux types de sanctions : administratives et pénales. L’article 21 relatif aux sanctions administratives dispose que tout manquement à la loi peut entraîner la fermeture provisoire ou définitive de l’établissement concerné, ainsi que la suspension ou le retrait de sa licence d’exploitation.

Sur le plan pénal, plusieurs dispositions encadrent les infractions liées au tabac. L’article 22 interdit notamment toute culture industrielle du tabac. Toute personne contrevenant aux dispositions relatives à cette culture ou à la fabrication du tabac encourt une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans, ainsi qu’une amende allant de 10 à 100 millions de FCFA.

Par ailleurs, l’article 23 sanctionne la vente à l’unité du tabac et de ses produits. Les contrevenants encourent des amendes de 1 à 5 millions de FCFA. En cas de récidive, la licence d’exploitation peut être retirée et l’auteur des faits peut se voir interdire d’exercer en Côte d’Ivoire.

Au-delà des sanctions individuelles, l’article 32 vise également les personnes morales autres que l’État. Celles-ci peuvent être condamnées à diverses peines, notamment la confiscation des biens ayant servi à commettre l’infraction ou provenant de celle-ci, voire la dissolution lorsqu’elles ont été créées dans le but de commettre les faits incriminés.

Ces dispositions que nul ne saurait ignorer visent à éviter que le ciel du secteur du tabac ne s’enfume davantage.

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La loi en bref

La loi N° 2019-676 du 23 juillet 2019 relative à la lutte antitabac dispose, entre autres, ’interdiction de la consommation du tabac chez les femmes enceintes. Elle fait également interdiction de la vente de produits du tabac par le biais de distributeurs automatiques, par internet et autres moyens virtuels.

Dans le souci de protéger les élèves, elle fait également interdiction de la vente de produits du tabac à l’intérieur et à 200 mètres autour des établissements scolaires, centres de santé, centres culturels et sportifs ainsi que des bâtiments administratifs.

Plus globalement, elle proscrit de fumer dans les lieux publics, les lieux de travail et les transports publics. A cette disposition s’ajoute une autre relative aux jeunes, faisant donc interdiction de la vente de produits du tabac aux mineurs et par des mineurs.

La culture du tabac à l’échelle industrielle est, par ailleurs, interdite.



Le 11/05/26 à 14:25
modifié 11/05/26 à 17:33