Hommage à Papa Wemba : Une rue immortalise désormais l'artiste à Marcory-Anoumabo
Selon le procès-verbal du conseil municipal conduit par le maire, Aby Raoul Modeste, l’artiste est élevé à la dignité de citoyen d’honneur, commandeur du mérite communal, « consacrant une reconnaissance officielle à la hauteur de son héritage » selon le premier magistrat de la commune des Magiciens.
Autour, les habitants murmurent, touchent les plaques encore brillantes, comme pour s’assurer que l’histoire est bien réelle. « Papa Wemba est devenu un enfant du village », confie la chefferie d’Anoumabo, les yeux humides. La fresque murale en face de l’église Harris, éclatante de couleurs, semble désormais dialoguer avec la rue, prolongeant l’hommage dans chaque regard posé.
Dans une atmosphère à la fois festive et recueillie, Marietou Koné, la ministre du Patrimoine, du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, rappelle la mobilisation exceptionnelle de l’État ivoirien en 2016. Par la prise en charge psychologique des musiciens, à la soirée d’hommage à Treichville, en passant par le transfert de la dépouille à Kinshasa avec une délégation gouvernementale qu'elle avait conduit avec le ministre-ambassadeur Maurice Kouakou Bandama. Elle salue un « symbole fort du vivre ensemble » voulu par le président Alassane Ouattara, renforçant les liens entre la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo (Rdc).
À ses côtés, A'salfo replonge dans l’aube tragique du 24 avril 2016 : « Pour ce dernier show d'Abidjan du Femua 6, Il est monté sur scène à 5h00 du matin... à 5h20, il nous quittait à 66 ans d'un arrêt cardiaque. Ce fût un moment très douloureux. Il a laissé un gros héritage. Ne pas le célébrer serait un manque de respect. » L’ambassadeur de la Rdc en Côte d'Ivoire, SEM. Glibert Naiya Nabina, retrace les 47 ans de carrière du roi de la Rumba et remercie la Côte d’Ivoire pour cet hommage fraternel.
Quand les sapeurs défilent, que "Yolele", "Maria Valencia", "Show me the way"... s’élèvent et que la foule ondule, une évidence s’impose. Ici, le Vieux Bokul, le Roi de la Sape et de la Rumba... Papa Wemba ne repose pas seulement dans les souvenirs. Il marche, désormais, à chaque pas posé sur son avenue.
JAURÈS DROHGBA (STAGIAIRE)