Mali : Bamako sous tension après des attaques coordonnées, Kidal revendiquée par des rebelles

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Mali : Bamako sous tension après des attaques coordonnées, Kidal revendiquée par des rebelles

Le 25/04/26 à 14:57
modifié 25/04/26 à 15:09
Le Mali replonge dans une vive instabilité sécuritaire. Ce samedi 25 avril 2026, de violents affrontements ont éclaté à la périphérie de Bamako ainsi que dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, à la suite d’attaques coordonnées menées par des groupes armés qualifiés de « terroristes » par les autorités militaires.

Dans un communiqué officiel, l’armée malienne a indiqué que « des groupes armés terroristes, non encore identifiés, ont pris pour cibles tôt ce matin certains points et casernes de la capitale et de l’intérieur ». Elle affirme que les forces de défense et de sécurité sont pleinement mobilisées pour « anéantir les assaillants ». Malgré l’intensité des combats, les autorités assurent que « la situation est sous contrôle », évoquant plusieurs assaillants neutralisés et des équipements détruits.

Sur le terrain, la situation reste toutefois particulièrement tendue. Des détonations et échanges de tirs ont été entendus dès l’aube dans plusieurs zones stratégiques de Bamako, notamment aux abords de la base 101 de Sénou, près de l’aéroport. Des hélicoptères militaires ont survolé la capitale, menant des frappes ciblées. Les rues, inhabituellement désertes, témoignent de la peur qui s’est emparée des populations. L’ambassade des États-Unis et les Nations unies ont d’ailleurs recommandé à leur personnel de limiter les déplacements.

Les violences ne se limitent pas à la capitale. Des tirs ont également été signalés à Kati, Gao et Sévaré, confirmant l’ampleur nationale de ces attaques simultanées. À Kati, où réside le chef de la transition, le général Assimi Goïta, des habitations auraient été endommagées par les explosions, selon des témoignages relayés sur les réseaux sociaux.

Parallèlement, dans le nord du pays, la situation s’est encore compliquée avec la revendication par le Front de libération de l’Azawad de la prise de contrôle de Kidal, ville stratégique longtemps disputée. Le groupe affirme avoir chassé les forces maliennes et leurs alliés, une information qui restait toutefois difficile à confirmer de manière indépendante.

Selon plusieurs sources, des combattants jihadistes, notamment liés au Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, seraient également impliqués dans les affrontements, parfois aux côtés de groupes rebelles. Cette convergence des menaces illustre la complexité croissante du conflit malien.

Face à cette escalade, l’Union africaine a condamné fermement ces attaques, mettant en garde contre les risques accrus pour les populations civiles.

Depuis 2012, le Mali est en proie à une crise sécuritaire persistante alimentée par des groupes jihadistes, des rebellions indépendantistes et des violences communautaires. Dirigé par une junte militaire depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pays reste aujourd’hui un des principaux foyers d’instabilité dans la région du Sahel, considérée comme l’un des épicentres mondiaux du terrorisme.

Cette nouvelle vague de violences ravive les inquiétudes quant à la capacité des autorités de transition à rétablir durablement la sécurité sur l’ensemble du territoire.

Source: Le Monde.fr



Le 25/04/26 à 14:57
modifié 25/04/26 à 15:09