Yaya Fofana, citoyen ivoirien.
Contribution/Nouvelle Architecture Financière Africaine de la Bad: Financer l’Afrique exige d’abord de rétablir la confiance
La Banque africaine de développement (Bad), à travers la Nouvelle Architecture Financière Africaine (Nafa), ouvre une réflexion essentielle sur la capacité de l’Afrique à mobiliser ses propres ressources pour financer son développement.
Cette ambition est à la fois légitime et nécessaire. Elle rappelle une évidence que nos peuples connaissent déjà l’Afrique ne manque pas de ressources, elle peine encore à créer les conditions pour les mobiliser pleinement. Dans nos pays, l’épargne existe. Elle circule. Elle s’organise. Mais elle reste souvent en dehors des circuits formels. Elle se protège, parfois par prudence, parfois par nécessité. Cette réalité doit nous interpeller collectivement.
La confiance, première richesse invisible
Aucune réforme financière ne peut réussir durablement sans confiance. Lorsque la parole publique est perçue comme incertaine, lorsque les règles semblent évoluer selon les circonstances, lorsque les citoyens doutent de la transparence dans la gestion des ressources, alors l’argent ne disparaît pas. Il s’éloigne. Il se replie vers des circuits informels. Il se conserve dans les familles. Il se dirige vers des environnements jugés plus prévisibles. Ce phénomène n’est pas propre à un pays. Il traverse plusieurs États du continent. Mais il appelle une réponse claire, la confiance ne se décrète pas, elle se construit par des actes constants et visibles.
Un peuple peut supporter des sacrifices, mais il ne supporte jamais durablement le doute sur la sincérité de ceux qui le dirigent. Gouverner, c’est créer un environnement crédible La réussite de du Nafa dépendra moins de la sophistication des instruments que de la qualité de la gouvernance. La transparence dans l’utilisation des ressources, l’équité dans les décisions publiques, la stabilité des règles et la capacité à rendre compte constituent des exigences fondamentales. Lorsque ces éléments sont réunis, les citoyens adhèrent. Lorsqu’ils ne le sont pas, ils se retirent. La mobilisation des ressources africaines commence donc par la crédibilité de nos institutions.
Changer les mécanismes sans changer les pratiques revient à déplacer les problèmes sans jamais les résoudre.
Une responsabilité partagée
Cette question ne concerne pas uniquement les institutions financières. Elle concerne l’ensemble des acteurs publics et privés. Elle interpelle les États dans leur capacité à garantir un cadre stable et juste. Elle interpelle les élites dans leur devoir d’exemplarité. Elle interpelle également la jeunesse, appelée à se préparer, à se structurer et à s’engager dans une logique de mérite et de responsabilité. Le développement ne se décrète pas. Il se construit. Une nation ne progresse pas par les discours qu’elle prononce, mais par les exigences qu’elle s’impose.
Une opportunité avec lucidité La Nafa peut constituer un levier important pour renforcer l’autonomie financière du continent.Mais elle ne produira ses effets que si elle s’inscrit dans un environnement réformé, cohérent et crédible. Cela suppose de renforcer les exigences de gouvernance de valoriser les expériences réussies de promouvoir une culture économique fondée sur l’effort et la responsabilité.
Financer l’Afrique par elle-même est une ambition à la hauteur de notre histoire et de notre potentiel. Mais cette ambition impose une exigence celle de rétablir durablement la confiance entre les citoyens et les institutions. Un pays qui inspire confiance attire naturellement les ressources. Un système qui inspire confiance mobilise naturellement son propre peuple.
Et l’histoire nous enseigne une vérité que les nations ignorent toujours à leurs risques ce n’est jamais le manque de moyens qui fait chuter un système , c’est le refus de se réformer au moment décisif. Les peuples qui comprennent cela écrivent leur histoire les autres la subissent.
Yaya Fofana
Citoyen ivoirien
La confiance, première richesse invisible
Aucune réforme financière ne peut réussir durablement sans confiance. Lorsque la parole publique est perçue comme incertaine, lorsque les règles semblent évoluer selon les circonstances, lorsque les citoyens doutent de la transparence dans la gestion des ressources, alors l’argent ne disparaît pas. Il s’éloigne. Il se replie vers des circuits informels. Il se conserve dans les familles. Il se dirige vers des environnements jugés plus prévisibles. Ce phénomène n’est pas propre à un pays. Il traverse plusieurs États du continent. Mais il appelle une réponse claire, la confiance ne se décrète pas, elle se construit par des actes constants et visibles.
Un peuple peut supporter des sacrifices, mais il ne supporte jamais durablement le doute sur la sincérité de ceux qui le dirigent. Gouverner, c’est créer un environnement crédible La réussite de du Nafa dépendra moins de la sophistication des instruments que de la qualité de la gouvernance. La transparence dans l’utilisation des ressources, l’équité dans les décisions publiques, la stabilité des règles et la capacité à rendre compte constituent des exigences fondamentales. Lorsque ces éléments sont réunis, les citoyens adhèrent. Lorsqu’ils ne le sont pas, ils se retirent. La mobilisation des ressources africaines commence donc par la crédibilité de nos institutions.
Changer les mécanismes sans changer les pratiques revient à déplacer les problèmes sans jamais les résoudre.
Une responsabilité partagée
Cette question ne concerne pas uniquement les institutions financières. Elle concerne l’ensemble des acteurs publics et privés. Elle interpelle les États dans leur capacité à garantir un cadre stable et juste. Elle interpelle les élites dans leur devoir d’exemplarité. Elle interpelle également la jeunesse, appelée à se préparer, à se structurer et à s’engager dans une logique de mérite et de responsabilité. Le développement ne se décrète pas. Il se construit. Une nation ne progresse pas par les discours qu’elle prononce, mais par les exigences qu’elle s’impose.
Une opportunité avec lucidité La Nafa peut constituer un levier important pour renforcer l’autonomie financière du continent.Mais elle ne produira ses effets que si elle s’inscrit dans un environnement réformé, cohérent et crédible. Cela suppose de renforcer les exigences de gouvernance de valoriser les expériences réussies de promouvoir une culture économique fondée sur l’effort et la responsabilité.
Financer l’Afrique par elle-même est une ambition à la hauteur de notre histoire et de notre potentiel. Mais cette ambition impose une exigence celle de rétablir durablement la confiance entre les citoyens et les institutions. Un pays qui inspire confiance attire naturellement les ressources. Un système qui inspire confiance mobilise naturellement son propre peuple.
Et l’histoire nous enseigne une vérité que les nations ignorent toujours à leurs risques ce n’est jamais le manque de moyens qui fait chuter un système , c’est le refus de se réformer au moment décisif. Les peuples qui comprennent cela écrivent leur histoire les autres la subissent.
Yaya Fofana
Citoyen ivoirien