Financement de l’Afrique : Beugré Mambé appelle à des solutions africaines innovantes
Dans une allocution empreinte de clairvoyance, le chef du gouvernement a dressé un constat préoccupant : la question du financement du développement africain demeure un défi majeur. « Pour l’Afrique, la problématique du financement est apparue plus criarde », a-t-il souligné, évoquant les besoins croissants liés à la transformation structurelle des économies, à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et à la transition climatique.
Face à un déficit structurel persistant, aggravé par un contexte international marqué par les crises et le renchérissement du coût du capital, Robert Beugré Mambé a insisté sur l’urgence d’une réponse collective et innovante. Pour lui, la solution passe par une refonte des mécanismes de mobilisation des ressources, mais aussi par la création d’instruments financiers adaptés aux réalités africaines.
Parmi les pistes évoquées figurent le renforcement du rôle des banques multilatérales, notamment le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) dirigé par le Dr Sidi Ould Tah, le développement d’obligations vertes, de financements mixtes et de garanties de risques. À cela s’ajoute la nécessité de mieux mobiliser les ressources domestiques et de renforcer les marchés financiers africains.
Au-delà des outils, le Premier ministre a plaidé pour une réforme de la gouvernance financière internationale, afin de garantir à l’Afrique une place plus équitable dans les instances de décision mondiales. S’appuyant sur les performances économiques de la Côte d’Ivoire, il a réaffirmé l’ambition nationale de hisser le pays au rang des économies à revenu intermédiaire supérieur d’ici à 2030, grâce notamment au Plan national de développement 2026-2030, estimé à 115 000 milliards de Fcfa.
En ouvrant cette conférence, Robert Beugré Mambé a surtout lancé un appel à bâtir un système financier international plus inclusif, capable de transformer le potentiel africain en croissance durable. Un appel à l’action, pour faire enfin coïncider ambitions et moyens. « Nous attendons donc de vos conclusions le pont qui permettra de relier les 400 milliards de dollars de besoin aux 4 000 milliards de dollars qui gisent dans nos potentialités », a-t-il conclu.