Mémoire retrouvée : Sidi Tiémoko Touré ressuscite l’épopée oubliée de Mori Touré

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Mémoire retrouvée : Sidi Tiémoko Touré ressuscite l’épopée oubliée de Mori Touré

Le 03/04/26 à 11:57
modifié 03/04/26 à 12:06
Abidjan au rythme de l’histoire et de la mémoire. Le jeudi 16 avril 2026, le Majestic du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire accueillera la cérémonie officielle de lancement de l’ouvrage intitulé « L’Histoire oubliée de Mori Touré le Conquérant : de l’Empire songhaï à Marabadjassa (1492–1959) », signé du ministre Sidi Tiémoko Touré.

Préfacé par l’éminente historienne Henriette Dagri Diabaté, ce livre s’annonce comme une contribution majeure à la redécouverte d’un pan méconnu de l’histoire ouest-africaine.

À travers cette œuvre dense et rigoureusement documentée, l’auteur plonge le lecteur dans une fresque historique qui remonte à la chute de l’Empire songhaï. En 1591, la défaite des Askia face aux Saadiens à Tondibi marque un tournant décisif, entraînant le repli des populations vers le Dendi. Les siècles suivants seront marqués par des recompositions politiques, dominées notamment par les Toucouleurs et les Touaregs, avant la reconquête menée par les Wankoy, ouvrant la voie aux grandes migrations zarma.

Mori Touré, entre conquête, exil et héritage historique

C’est dans ce contexte de bouleversements que s’inscrit l’histoire de Mori Touré. Fils de Seydou Touré, lui-même issu d’une lignée marquée par l’exil, Mori voit le jour en 1854. Très tôt, son destin se mêle aux dynamiques migratoires et aux enjeux de pouvoir de l’époque. Contraint de quitter son environnement d’origine, son père s’installe en terre ivoirienne, à Sarhala, où il trouve refuge auprès de Bassougou Kanaté.

Mais c’est véritablement avec Mori Touré que l’histoire prend une dimension conquérante. En 1891, à la faveur d’événements liés à la récupération de biens appartenant à Sabaratier, il fonde Marabadjassa, une localité appelée à jouer un rôle stratégique dans la région. Visionnaire et fin stratège, Mori Touré se distingue également par son sens des alliances. Face à la pression des forces samoriennes aux portes du pays baoulé en 1892, il mobilise son influence pour protéger ses alliés, contribuant ainsi à préserver des équilibres locaux fragiles.

Bien que sa disparition intervienne en 1893, son héritage perdure. Marabadjassa, fruit de son action, s’illustrera plus tard dans le processus ayant conduit à l’indépendance de la Côte d’Ivoire, confirmant l’importance historique de cette figure longtemps restée dans l’ombre.

Au-delà du récit biographique, l’ouvrage de Sidi Tiémoko Touré se présente comme un véritable acte de mémoire. Il ambitionne de réhabiliter une histoire africaine trop souvent marginalisée dans les récits dominants. En mettant en lumière le parcours de Mori Touré, l’auteur participe à la valorisation du patrimoine immatériel et à la transmission des fondements identitaires aux générations futures.

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large de souveraineté culturelle. À travers ce travail, il s’agit de redonner à l’Afrique sa place dans l’histoire mondiale, en valorisant ses figures, ses savoirs et ses trajectoires. L’ouvrage contribue ainsi à renforcer la conscience historique nationale et à promouvoir une lecture endogène du passé.

Sidi Tiémoko Touré, actuel ministre des Ressources animales et halieutiques, incarne à travers cette publication la figure d’un homme d’État engagé dans la promotion du savoir. Ingénieur des techniques commerciales, ancien député et titulaire de formations prestigieuses en management stratégique et en diplomatie, il conjugue ici action publique et engagement intellectuel.

La sortie de cet ouvrage vient ainsi enrichir le paysage éditorial ivoirien et africain, tout en renforçant l’image d’une Côte d’Ivoire soucieuse de préserver et de valoriser son histoire. À l’heure où les enjeux identitaires et culturels occupent une place croissante dans les débats contemporains, cette publication apparaît comme une contribution essentielle à la construction d’une mémoire collective assumée et partagée.



Le 03/04/26 à 11:57
modifié 03/04/26 à 12:06