Mathurin Yapo revenu de la formation outillé. (Photo Bavane)
De Tokyo à Abidjan : Mathurin Yapo, un cadre ivoirien réinventé
Mathurin YAPO, Ingénieur principal d'Agronomie, sous-directeur à la Direction générale de l'Industrie au ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat. Il occupe également les fonctions de secrétaire général de l'Association des anciens stagiaires ivoiriens de la Jica (Asi Jica). Il a bénéficié de plusieurs formations au Japon : en 2012 à Tsukuba, en 2015 à Kitakyushu et en 2020 à Nagoya.
Quel impact la formation reçue au Japon a-t-elle eu sur votre évolution professionnelle ?
Chaque année, le Japon organise des programmes de renforcement des capacités destinés aux cadres des administrations ivoiriennes. La formation suivie en 2012, intitulée « Implementation and Promotion of Agribusiness for African Countries », nous a permis de saisir pleinement le rôle déterminant de l’agribusiness dans le développement agricole des pays africains. Étant donné que nos économies reposent majoritairement sur l’agriculture, l’expérience japonaise nous a offert une compréhension approfondie de la chaîne de valeur agricole, de la production à la commercialisation. En 2015, à Kitakyushu, la formation portait sur le thème du renforcement des capacités entrepreneuriales et du démarrage des Pme dans les pays africains. Enfin, en 2020, à Nagoya, j’ai suivi un programme centré sur le « Quality Management and Productivity Improvement (KAIZEN) – Basic ». Ces différentes formations ont eu un impact majeur sur mon évolution professionnelle, en renforçant mes compétences techniques et en m’ouvrant à une culture de rigueur, de méthode et d’amélioration continue.
Quelles compétences techniques ou pratiques avez-vous acquises, et comment les mettez-vous en œuvre aujourd’hui ?
Ces formations ont renforcé mes capacités d’accompagnement des PME industrielles, notamment dans les domaines du management de la qualité et de la productivité, grâce à l’approche KAIZEN, fondée sur l’amélioration continue. Aujourd’hui, au sein de la Direction générale de l’industrie, nous appuyons les entreprises dans l’amélioration de leur performance. Notre mission consiste à réaliser des diagnostics permettant d’identifier les facteurs nuisant à leur productivité, puis à formuler des recommandations. Les entreprises mettent ensuite en œuvre les actions correctives nécessaires pour accroître leur compétitivité.
Pouvez-vous partager un exemple concret d’application des compétences acquises au Japon ?
Nous avons accompagné une entreprise du secteur cosmétique située à Yopougon : New World Cosmétique. Notre intervention a permis d’identifier la véritable cause de son manque de compétitivité : une insuffisance de conformité qualitative de ses produits. À la suite de nos recommandations portant sur le respect des normes et l’amélioration des emballages, l’entreprise a pu accroître significativement sa productivité et regagner en compétitivité sur le marché.
Comment décririez-vous la qualité de la formation, de l’encadrement et des infrastructures au Japon ?
La formation au Japon se distingue par son excellence, tant sur le plan de la qualité pédagogique que de l’encadrement. Les cours sont dispensés par des experts reconnus et sont enrichis par des visites d’entreprises, permettant d’observer directement les réalités du terrain. Le concept de KAIZEN implique une participation active et collective : dirigeants et employés contribuent ensemble à identifier des pistes d’amélioration. Cette culture de l’engagement partagé est profondément ancrée dans les organisations japonaises. Concernant les infrastructures, le Japon présente un niveau de développement remarquable, visible jusque dans les zones rurales. J’y ai découvert une chaîne de valeur agricole complètement intégrée : supermarchés dédiés aux agriculteurs, usines de transformation, centres de recherche, institutions financières spécialisées, etc.
Quelle a été la perception de votre employeur concernant les compétences acquises au Japon ?
Les formations suivies au Japon ont d’abord renforcé mes compétences linguistiques en anglais, puis ont consolidé ma rigueur professionnelle. Mon employeur a particulièrement apprécié ma ponctualité, devenue exemplaire, ainsi que ma réactivité et ma diligence dans le traitement des dossiers qui me sont confiés. Ces qualités, inspirées du modèle japonais, ont eu un impact notable sur ma carrière.
Selon vous, comment les programmes de la Jica contribuent-ils au développement socio-économique de la Côte d’Ivoire ?
Les programmes de renforcement des capacités de la Jica contribuent de manière significative au développement de notre pays. Bien que tout ne puisse être transposé tel quel, une adaptation des enseignements est possible et bénéfique. Ces formations ont permis à de nombreux cadres ivoiriens d’acquérir une valeur ajoutée essentielle, tout en renforçant le pont de coopération économique entre la Côte d’Ivoire et le Japon. Cette dynamique favorise la modernisation de nos administrations, l’émergence d’un leadership plus rigoureux et l’amélioration des performances organisationnelles.
Quels conseils adresseriez-vous aux futurs candidats ivoiriens souhaitant participer à ces programmes ?
La formation au Japon est hautement sélective, avec un processus rigoureux ne retenant qu’un nombre limité de candidats. La maîtrise de l’anglais constitue souvent un frein, expliquant le faible taux de postulants. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’ai pu participer à trois sessions. Depuis 2020, j’encadre et j’encourage les jeunes à postuler, à renforcer leur niveau en anglais et à persévérer dans leur préparation. En dehors de mon service, j’accompagne également de nombreux candidats en leur prodiguant des conseils et des orientations. Ayant participé à plusieurs formations dans divers pays, je peux affirmer que celles dispensées au Japon sont incomparables.
Quelles compétences techniques ou pratiques avez-vous acquises, et comment les mettez-vous en œuvre aujourd’hui ?
Ces formations ont renforcé mes capacités d’accompagnement des PME industrielles, notamment dans les domaines du management de la qualité et de la productivité, grâce à l’approche KAIZEN, fondée sur l’amélioration continue. Aujourd’hui, au sein de la Direction générale de l’industrie, nous appuyons les entreprises dans l’amélioration de leur performance. Notre mission consiste à réaliser des diagnostics permettant d’identifier les facteurs nuisant à leur productivité, puis à formuler des recommandations. Les entreprises mettent ensuite en œuvre les actions correctives nécessaires pour accroître leur compétitivité.
Pouvez-vous partager un exemple concret d’application des compétences acquises au Japon ?
Nous avons accompagné une entreprise du secteur cosmétique située à Yopougon : New World Cosmétique. Notre intervention a permis d’identifier la véritable cause de son manque de compétitivité : une insuffisance de conformité qualitative de ses produits. À la suite de nos recommandations portant sur le respect des normes et l’amélioration des emballages, l’entreprise a pu accroître significativement sa productivité et regagner en compétitivité sur le marché.
Comment décririez-vous la qualité de la formation, de l’encadrement et des infrastructures au Japon ?
La formation au Japon se distingue par son excellence, tant sur le plan de la qualité pédagogique que de l’encadrement. Les cours sont dispensés par des experts reconnus et sont enrichis par des visites d’entreprises, permettant d’observer directement les réalités du terrain. Le concept de KAIZEN implique une participation active et collective : dirigeants et employés contribuent ensemble à identifier des pistes d’amélioration. Cette culture de l’engagement partagé est profondément ancrée dans les organisations japonaises. Concernant les infrastructures, le Japon présente un niveau de développement remarquable, visible jusque dans les zones rurales. J’y ai découvert une chaîne de valeur agricole complètement intégrée : supermarchés dédiés aux agriculteurs, usines de transformation, centres de recherche, institutions financières spécialisées, etc.
Quelle a été la perception de votre employeur concernant les compétences acquises au Japon ?
Les formations suivies au Japon ont d’abord renforcé mes compétences linguistiques en anglais, puis ont consolidé ma rigueur professionnelle. Mon employeur a particulièrement apprécié ma ponctualité, devenue exemplaire, ainsi que ma réactivité et ma diligence dans le traitement des dossiers qui me sont confiés. Ces qualités, inspirées du modèle japonais, ont eu un impact notable sur ma carrière.
Selon vous, comment les programmes de la Jica contribuent-ils au développement socio-économique de la Côte d’Ivoire ?
Les programmes de renforcement des capacités de la Jica contribuent de manière significative au développement de notre pays. Bien que tout ne puisse être transposé tel quel, une adaptation des enseignements est possible et bénéfique. Ces formations ont permis à de nombreux cadres ivoiriens d’acquérir une valeur ajoutée essentielle, tout en renforçant le pont de coopération économique entre la Côte d’Ivoire et le Japon. Cette dynamique favorise la modernisation de nos administrations, l’émergence d’un leadership plus rigoureux et l’amélioration des performances organisationnelles.
Quels conseils adresseriez-vous aux futurs candidats ivoiriens souhaitant participer à ces programmes ?
La formation au Japon est hautement sélective, avec un processus rigoureux ne retenant qu’un nombre limité de candidats. La maîtrise de l’anglais constitue souvent un frein, expliquant le faible taux de postulants. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’ai pu participer à trois sessions. Depuis 2020, j’encadre et j’encourage les jeunes à postuler, à renforcer leur niveau en anglais et à persévérer dans leur préparation. En dehors de mon service, j’accompagne également de nombreux candidats en leur prodiguant des conseils et des orientations. Ayant participé à plusieurs formations dans divers pays, je peux affirmer que celles dispensées au Japon sont incomparables.