Jean-Baptiste Mé (Président de l’UNEEX Gblo) : « L’appel du ministre Assahoré constitue pour nous un socle, un point de départ important »

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Jean-Baptiste "Poquelin" Mé. (Ph: DR)
Jean-Baptiste "Poquelin" Mé. (Ph: DR)

Jean-Baptiste Mé (Président de l’UNEEX Gblo) : « L’appel du ministre Assahoré constitue pour nous un socle, un point de départ important »

En marge de la rencontre initiée par le ministre Assahoré Konan Jacques, président du Conseil régional du Gbêkê, le dimanche 15 mars 2026 à Abidjan, le président de l’Union des élites pour l’excellence (UNEEX) du canton Gblo, Jean-Baptiste Mé, s’est exprimé sur les enjeux de développement du canton. Dans un entretien téléphonique accordé à Fratmat.info ce lundi 17 mars, il revient sur l’appel à l’unité lancé par le ministre des Eaux et Forêts, le rôle stratégique de la jeunesse et les priorités de son organisation pour impulser une dynamique durable.

Suite à la rencontre avec le ministre Assahoré, un appel à l’union des fils et filles du canton Gblo a été lancé. Comment l’UNEEX entend-elle concrètement traduire cet appel en actions de développement sur le terrain ?

Je voudrais, avant tout, saluer la forte mobilisation des ressortissants du canton Gblo autour de cette rencontre. Cela témoigne d’une réelle volonté collective d’avancer.

L’appel du ministre constitue pour nous un socle, un point de départ important. L’UNEEX, de par sa mission, s’inscrit déjà dans une logique de contribution au développement local à travers des actions concrètes.

Nous sommes convaincus que c’est dans l’union que nous pourrons bâtir quelque chose de solide. Ce que nous retenons surtout, c’est cette volonté affirmée de fédérer toutes les forces vives.

Concrètement, nous comptons œuvrer à la mise en place d’une collaboration inter-associations. Il s’agira de fédérer les structures existantes, de définir des objectifs clairs et de répartir les rôles selon les compétences de chacune.

Le développement ne peut être l’œuvre d’une seule entité. Il doit être structuré, multisectoriel, intégrant l’éducation, l’agriculture, l’économie, la santé et l’environnement.

Vous comptez à ce jour plus de 200 membres actifs. Votre organisation se positionne comme un acteur de promotion de l’excellence et de mobilisation des élites. Quel rôle spécifique votre association peut-elle jouer pour fédérer les cadres, la jeunesse et les forces vives autour d’une vision commune pour le canton Gblo ?

L’UNEEX joue un rôle charnière. Nous sommes à la croisée des générations. Nous avons la jeunesse, avec son énergie, ses idées et sa proximité avec les réalités du terrain, mais aussi la capacité de dialoguer avec les aînés, qui disposent de l’expérience et des moyens.

Notre ambition est de créer une véritable synergie entre ces différentes composantes. Les aînés doivent jouer un rôle de conseillers et d’accompagnateurs, tandis que la jeunesse doit être pleinement impliquée dans la mise en œuvre des actions.

Il est essentiel d’intégrer les jeunes dans les prises de décision stratégiques, car ce sont eux qui vivent au quotidien certaines réalités sociales. Leur implication permettra d’apporter des solutions plus adaptées et durables.

Nous voulons bâtir une organisation structurée, dynamique et inclusive, capable de mobiliser toutes les compétences autour d’un objectif commun.

Aujourd’hui, de nombreuses initiatives locales peinent à produire un impact durable faute de coordination. Comment l’UNEEX compte-t-elle travailler avec les autorités, notamment le Conseil régional du Gbêkê et les leaders communautaires, pour structurer cette dynamique collective ?

Vous touchez là un point essentiel. Le problème n’est pas le manque d’initiatives, mais plutôt le déficit de coordination et de vision globale.

Nous pensons que la solution passe par une meilleure organisation des actions et, surtout, par une implication plus forte de la jeunesse dans la conception des projets. Par exemple, construire une école est une bonne chose, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi penser à l’encadrement, à la qualité de l’enseignement et aux dispositifs d’accompagnement.

C’est pourquoi nous voulons travailler en étroite collaboration avec les autorités et les leaders communautaires afin de proposer des solutions intégrées.

Notre organisation entend jouer un rôle de relais entre les populations, les jeunes et les décideurs. Nous souhaitons contribuer à la définition de stratégies cohérentes et assurer le suivi des projets afin qu’ils produisent des résultats concrets et durables.

L’UNEEX met un accent particulier sur l’éducation et l’entrepreneuriat des jeunes. En quoi ces deux axes constituent-ils, selon vous, des leviers essentiels pour transformer durablement le potentiel économique et social du canton Gblo ?

L’éducation et l’entrepreneuriat constituent, pour nous, des piliers fondamentaux. Une jeunesse bien formée est une jeunesse consciente, responsable et capable de faire des choix éclairés.

Aujourd’hui, certaines divisions, notamment politiques, trouvent leur origine dans un déficit d’éducation et de compréhension. Or, la politique doit rester un instrument de développement, et non un facteur de division.

Par ailleurs, l’entrepreneuriat est indispensable pour offrir des perspectives économiques aux jeunes. Beaucoup sont confrontés au chômage et à la précarité. Lorsqu’un jeune n’a pas d’activité, il devient plus vulnérable aux manipulations.

Nous voulons donc encourager les jeunes à se former, à entreprendre et à devenir autonomes. Une jeunesse économiquement stable est une jeunesse libre, capable de contribuer positivement au développement de sa communauté.

Au-delà des discours sur l’unité et le développement local, quelles sont aujourd’hui les priorités stratégiques de l’UNEEX pour les mois à venir afin d’impulser une véritable dynamique de progrès dans le canton Gblo ?

Nos priorités sont clairement définies. Nous allons, dans un premier temps, travailler à la structuration d’une collaboration inter-associations à l’échelle du canton, afin de renforcer l’efficacité de nos actions.

Ensuite, nous prévoyons la mise en place d’une cellule de préparation pour les élèves en classes d’examen, dans le but d’améliorer les performances scolaires. L’éducation reste une priorité, et l’excellence constitue notre crédo.

Nous envisageons également de lancer prochainement une activité génératrice de revenus au nom de notre union, ainsi que la création d’un club d’investissement dénommé « UNEEX Capital », destiné à accompagner les initiatives économiques des jeunes.

Par ailleurs, nous ambitionnons d’implanter des unités de l’UNEEX dans plusieurs localités du Gblo, afin de rapprocher nos actions des populations. Enfin, un accent particulier sera mis sur la formation à la maturité financière des jeunes.

Notre objectif est clair : passer des discours aux actions et inscrire durablement le canton Gblo dans une dynamique de développement structurée et inclusive.

Propos recueillis par Jaurès DROHGBA (stagiaire)