Santé mentale en entreprise : Un plaidoyer pour une reconnaissance officielle

Yvette Yobouet, présidente de l'Ong Yssikan-Ekan. (dr)
Yvette Yobouet, présidente de l'Ong Yssikan-Ekan. (dr)
Yvette Yobouet, présidente de l'Ong Yssikan-Ekan. (dr)

Santé mentale en entreprise : Un plaidoyer pour une reconnaissance officielle

Le 08/03/26 à 08:26
modifié 08/03/26 à 15:36
Après les succès enregistrés lors des éditions 2024 et 2025, le Salon du capital humain (Sach) revient en 2026 avec une ambition renouvelée et une formule enrichie. Initié par l’Ong Yssikan-Ekan, dirigée par Yvette Yobouet, l’événement entend renforcer le débat national sur la place de la santé mentale dans le monde du travail.

Pour les organisateurs, le Sach 2026 vise avant tout à sensibiliser les entreprises et les pouvoirs publics à l’importance de la santé et de la sécurité psychologiques des travailleurs. La promotrice du salon souligne l’urgence d’une reconnaissance institutionnelle de cette problématique encore peu encadrée en Côte d’Ivoire. « Aujourd’hui, il n’existe pas de législation spécifique en Côte d’Ivoire sur les maladies mentales liées au travail. Cette situation complique la prise en charge des travailleurs et limite l’action des médecins du travail », a expliqué Yvette Yobouet lors d’une conférence organisée le samedi 7 mars à Abidjan.

Prévu du 15 au 17 octobre 2026, le salon réunira plusieurs acteurs du monde professionnel et médical autour du thème : « Bilan à mi-parcours et perspectives du Salon Sach sur la santé et la sécurité psychologiques au travail ». L’événement proposera une conférence inaugurale, quatre panels thématiques, une table ronde ainsi que des stands d’exposition dédiés aux structures engagées dans la promotion du bien-être en milieu professionnel.

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Psychiatres, psychologues, inspecteurs du travail, médecins du travail et responsables d’entreprises partageront leurs expériences et formuleront des pistes d’amélioration pour renforcer la prévention des risques psychosociaux. Une attention particulière sera accordée au rôle des médecins du travail, considérés comme des acteurs clés dans la détection précoce des troubles psychologiques liés à l’activité professionnelle.

Pour le professeur Jean Sylvain Bonny, spécialiste en médecine du travail, président de la Société ivoirienne de médecine du travail et de la Société panafricaine de santé au travail, la santé mentale constitue désormais un enjeu majeur dans la gestion des ressources humaines. « La santé au travail concerne le bien-être physique, mental et social des travailleurs. Il devient indispensable de mettre davantage l’accent sur la dimension psychologique », a-t-il indiqué, rappelant que les risques psychosociaux tels que le stress ou la dépression peuvent affecter durablement la productivité et la qualité de vie au travail. Le salon réunira également plusieurs institutions partenaires, notamment la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) et la Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (Sodexam), ainsi que des spécialistes de la santé mentale, des juristes et des responsables des ressources humaines. Au-delà des échanges, les initiateurs du Sach 2026 espèrent encourager les entreprises à intégrer la santé psychologique dans leurs politiques de management et de prévention. Selon eux, une meilleure prise en compte du bien-être mental des travailleurs contribuera à renforcer leur épanouissement professionnel, tout en améliorant la performance globale des organisations et, à terme, celle de l’économie ivoirienne.



Le 08/03/26 à 08:26
modifié 08/03/26 à 15:36