SIA 2026 : le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco (CHPC) présente la filière coco aux investisseurs
Qu’est-ce que l’on peut retenir de l’entretien avec ces acteurs ?
Nous avons organisé ce forum dans le but de fournir davantage d’informations aux différents acteurs de la filière au niveau international. À un moment donné, la Côte d’Ivoire avait, je dirais, quelque peu relâché le contrôle de cette filière. Depuis un an, le chef de l’État a décidé que le Conseil reprenne en main le développement de la filière coco. En marge du Salon international de l’agriculture, il était donc important pour nous de rencontrer l’ensemble des acteurs de la filière, qu’ils soient ivoiriens ou étrangers, afin de leur présenter la nouvelle vision du gouvernement ivoirien, de dégager des perspectives, mais aussi d’écouter leurs attentes en matière de développement, d’échanges et de coopération commerciale.
Comment la Côte d’Ivoire peut-elle reprendre sa première place face à la pression sur le littoral, principale zone de production du coco ?
Le coco, qui appartient à la famille des palmiers, peut pousser partout où les conditions pédologiques le permettent. Il présente d’ailleurs une bonne résistance dans des sols difficiles. Il peut donc se développer au-delà du huitième parallèle en Côte d’Ivoire. Nous allons continuer à promouvoir cette culture au niveau du littoral, car elle nourrit les populations côtières, mais aussi l’étendre vers d’autres zones qui ne bénéficient pas toujours d’une agriculture diversifiée.
À quelles zones pensez-vous ?
Il s’agit de zones situées juste au-dessus ou en dessous du huitième parallèle, notamment des localités comme Touba ou Otiedy, qui présentent un fort potentiel. D’ailleurs, notre première plantation expérimentale sera mise en place à Touba. Elle permettra de démontrer que la noix de coco peut être de bonne qualité sur l’ensemble du territoire. Nous travaillons également à intégrer le coco dans des systèmes d’agroforesterie, en association avec le cacao, afin d’obtenir deux cultures sur un même espace. Les producteurs pourront ainsi conserver de bonnes productions cacaoyères et, après quatre ans, bénéficier de revenus mensuels grâce au coco.
Existe-t-il un fonds de financement ?
Le Firca existe pour accompagner les productions. Au niveau du Conseil, nous avons décidé de mobiliser cette année un milliard de francs Cfa pour investir dans des pépinières, qui seront distribuées aux planteurs existants ainsi qu’à de nouveaux producteurs. Ce fonds servira également à la mise en place de la plantation expérimentale de Touba pour le développement de la filière.
Qu’en est-il de la certification ?
Nous avons déjà travaillé sur les normes de certification dans la filière palmier à huile, notamment avec l’Eba. Cette démarche est donc bien maîtrisée par nos équipes. Nous allons désormais nous engager dans la certification du coco Bédine–Côte d’Ivoire. Comme l’a indiqué le directeur général, le coco Bédine–Côte d’Ivoire est 100 % bio. Toutefois, en l’absence de certification, il ne peut pas être commercialisé comme tel. Nous allons donc œuvrer afin que les consommateurs à la recherche de produits biologiques puissent se tourner vers la Côte d’Ivoire, qui dispose déjà, à ce jour, de plantations entièrement biologiques.
Envoyé spécial à Paris