Procès sur l’addiction des jeunes : Mark Zuckerberg défend Meta devant un jury à Los Angeles

Procès sur l’addiction des jeunes : Mark Zuckerberg défend Meta devant un jury à Los Angeles

Le 19/02/26 à 11:38
modifié 19/02/26 à 13:05
Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a témoigné le mercredi 18 février 2026, pendant près de six heures devant un jury populaire dans le cadre d’un procès portant sur l’addiction présumée des jeunes aux réseaux sociaux. En cause : les effets d’Instagram, propriété du groupe Meta, sur la santé mentale d’utilisateurs mineurs.

Face aux accusations selon lesquelles les plateformes auraient « fabriqué » des mécanismes addictifs ciblant les jeunes, le dirigeant a reconnu qu’Instagram aurait dû restreindre l’accès aux moins de 13 ans « bien plus tôt ». Avant 2019, aucune vérification systématique de l’âge n’était exigée lors de la création d’un compte.

Des documents internes présentés au tribunal par l’avocat des plaignants, Mark Lanier, indiquent qu’en 2018, jusqu’à quatre millions de comptes Instagram auraient appartenu à des enfants de moins de 13 ans. Une donnée qui alimente les critiques des familles américaines engagées dans la procédure.

Le procès implique notamment une jeune Californienne, Kaley G. M., aujourd’hui âgée de 20 ans, exposée à Instagram dès l’âge de 9 ans. Les jurés devront déterminer si Instagram et YouTube ont contribué à des troubles de santé mentale chez la plaignante et d’autres jeunes utilisateurs.

Confronté à ses propres déclarations passées, notamment un objectif fixé en 2015 visant à augmenter de 12 % le temps de consommation sur Instagram en trois ans, Mark Zuckerberg a soutenu que cette stratégie n’était plus d’actualité. « À un moment donné, il n’était plus logique d’avoir des objectifs liés au temps passé », a-t-il déclaré, affirmant que Meta privilégie désormais « l’expérience utilisateur » plutôt que la durée de connexion.

Durant son témoignage, le Pdg de Meta maison mère également de Facebook et WhatsApp est apparu tour à tour ferme et agacé, notamment lorsqu’il a été interrogé sur les filtres dits de chirurgie esthétique et leur impact psychologique. Le dirigeant a également pointé du doigt Apple et Google, estimant que la vérification de l’âge ne devrait pas incomber uniquement aux applications, mais aussi aux systèmes d’exploitation.

De leur côté, d’autres plateformes comme TikTok et Snapchat ont récemment conclu des accords à l’amiable dans des dossiers similaires, évitant ainsi un procès public.

Au-delà de ce procès, l’affaire relance le débat international sur l’impact des réseaux sociaux sur les adolescents. Les plaignants accusent les géants technologiques d’avoir conçu des interfaces favorisant la dépendance, une allégation que les entreprises contestent.

Le verdict attendu pourrait avoir des répercussions majeures sur la régulation des plateformes numériques, notamment en matière de protection des mineurs.


Le 19/02/26 à 11:38
modifié 19/02/26 à 13:05