Invincible Fighting Championship/Me Silué Seydou, promoteur du tournoi: "Investir dans l’IFC, c’est investir dans l’avenir de la jeunesse ivoirienne"

Me Silué Seydou.
Me Silué Seydou.
Me Silué Seydou.

Invincible Fighting Championship/Me Silué Seydou, promoteur du tournoi: "Investir dans l’IFC, c’est investir dans l’avenir de la jeunesse ivoirienne"

Dans l'univers des sports de combat en Côte d'Ivoire, l'Invincible Fighting Championship (Ifc) s'impose, édition après édition, comme une plateforme majeure de révélation, de structuration et d'espoir pour des centaines de jeunes. Le promoteur, président fondateur de l'Invincible sport association (Isa), parle de la 7ᵉ édition du championnat placée sous le sceau de l'excellence et dédiée au président de la République, Alassane Ouattara. Vision, calendrier, innovations, combats internationaux, plaidoyer pour la jeunesse : entretien vérité avec un homme de combat, au propre comme au figuré.
Cette 7ᵉ édition a-t-elle un thème particulier comme les précédentes ?

Oui, bien sûr. Cette édition est dédiée au Président de la République. Le thème principal est donc l’excellence, mais aussi la paix et la cohésion sociale. Ce sont des valeurs qui nous tiennent profondément à cœur. Sept éditions déjà, et pour nous, c’est à la fois une fierté et une responsabilité, car chaque année, le niveau s’élève et les attentes du public également.

Pourquoi avoir dédié cette édition au Chef de l’État ?

Nous estimons lui devoir une reconnaissance sincère. Le Président de la République a beaucoup œuvré pour la jeunesse ivoirienne et pour la population en général, mais surtout pour la paix et la cohésion sociale. Il convient également de rappeler un fait très important : c’est sous son mandat que le kickboxing a obtenu son agrément officiel en février 2024. Pourtant, cette discipline existe en Côte d’Ivoire depuis les années 1980. Pendant des décennies, elle a évolué sans reconnaissance institutionnelle. C’est le Président de la République qui a porté un regard particulier sur notre sport, permettant ainsi l’obtention de cet agrément et une meilleure structuration de la discipline.

Concrètement, qu’est-ce que le public découvrira de particulier cette année ?

Cette année, il y aura de nombreux combats, mais surtout une organisation plus structurée. Nous débuterons par une phase de présélection à Bouaké, qui nous permettra de valider des combats professionnels et semi-professionnels. Les combattants semi-professionnels sont nombreux, mais tous ne peuvent pas se produire simultanément. L’objectif est donc de les classer et de faire émerger les meilleurs.

Comment s’organise cette sélection sur le plan national ?

Nous avons mis en place deux équipes. D’abord, l’équipe A, issue de la présélection, qui combattra en priorité. Ensuite, l’équipe B, qui effectuera sa première sortie à Korhogo. Après Korhogo, nous nous rendrons à Anyama. Les meilleurs éléments de l’équipe A et de l’équipe B s’affronteront ensuite. Ces combattants deviendront les champions du championnat national de l’Ifc. Par la suite, les finalistes semi-professionnels de l’édition précédente affronteront les nouveaux champions de cette saison. Les vainqueurs représenteront l’Ifc lors de la grande finale, prévue en septembre 2026.

Un combat lors de l'IFC 6 à Anyama en 2025. (Ph: Dr)
Un combat lors de l'IFC 6 à Anyama en 2025. (Ph: Dr)



Justement, quelles sont les grandes dates à retenir ?

Le lancement est prévu à Bouaké le 28 mars 2026, précisément sur le boulevard du Carnaval. Les quarts de finale se dérouleront à Korhogo le 4 avril, au Centre d’actions culturelles de Wonmiegnon. Le 27 juin, la compétition se poursuivra à Anyama, au stade Rio Sport. Enfin, la grande finale aura lieu le 12 septembre 2026 au Centre ivoiro-coréen Alassane Ouattara (Csticao), à Adjamé Liberté.

À Bouaké, combien d’athlètes ont été retenus ?

Il y a de nombreux athlètes, mais nous avons retenu cinq combattants qui méritent de participer cette année. Ce sont les cinq meilleurs de la zone. Ils affronteront les meilleurs combattants issus de Cocody, Yopougon, Koumassi, mais aussi de Korhogo.

Korhogo reste-t-elle une place forte de l’Ifc ?

Oui, Korhogo demeure très importante pour nous. Nous y avons procédé au lancement de l’édition 2025, une première. Deux combattants, champions l’année dernière, sont toujours en activité. Toutefois, il faut souligner que la majorité des combattants de Korhogo s’installent désormais à Abidjan afin de mieux se préparer. Aujourd’hui, seuls deux combattants basés à Korhogo présentent le niveau requis pour évoluer à l’Ifc.

Koné Djakiss, surnommé « Babayaga », combat tantôt à Port-Bouët, tantôt à Korhogo. Sous quelle bannière combattra-t-il ?

Djakiss combattra pour Korhogo. Il est originaire de Korhogo et représente fièrement sa région.

Comment se dérouleront les versus (affrontements) ?

À Bouaké, ce sera la sortie du premier groupe. À Korhogo, celle du groupe B. Les champions issus de ces deux groupes s’affronteront ensuite lors des quarts de finale. Viendra ensuite la demi-finale, qui regroupera les champions des éditions précédentes et ceux de l’édition en cours.

Qu’est-ce qui peut motiver le public à venir massivement cette année ?

Cette année, nous avons abattu un énorme travail sur la sélection. L’innovation majeure réside dans le fait que nos champions ivoiriens affronteront des champions venus d’autres pays. Cela va considérablement relever le niveau et l’intérêt des combats. Lorsque vous prenez le champion Sankara, il est Burkinabè, mais il a grandi, été formé et révélé en Côte d’Ivoire. Le confronter systématiquement à des Ivoiriens, c’est « tuer » l’athlète. Cette fois-ci, Sankara combattra contre des athlètes d’autres pays. Les Ivoiriens seront derrière lui, les Burkinabè aussi. C’est cela, l’esprit du sport.

Quelles grandes figures seront présentes lors de la finale ?

Il y aura Fabrice Gnandré, triple champion du monde de kickboxing, ainsi que Sankara, l’un des plus grands espoirs africains du moment. Youssef Ouattara, triple champion intercontinental sacré en 2023, sera également de la partie. Franchement, ce sera du très haut niveau, quelque chose que le public n’a encore jamais vu.

Peut-on déjà parler des main events (grands combats) du 12 septembre ?

Oui. Le combat principal sera celui de Fabrice Gnandré. Il s’agira d’un combat 100 % ivoirien, car une ceinture spéciale sera dédiée au Président de la République. Seuls des combattants ivoiriens titrés, à la hauteur de cet honneur, pourront prétendre à cette distinction. Nous sommes actuellement en discussion avec d’autres combattants de très haut niveau.

Quelles personnalités souhaitez-vous associer à cette édition ?

Nous avons adressé des courriers à plusieurs autorités. Nous souhaitons avoir comme parrain Téné Birahima Ouattara, vice-Premier ministre, ministre de la Défense. Nous souhaitons également l’implication du ministère de la Promotion de la Jeunesse et du ministère des Sports. Grâce à l’Ifc, plus de 300 jeunes sont sortis de la pauvreté pour se reconstruire une vie. Pourtant, malgré nos courriers répétés, le ministère de la Jeunesse n’a, à ce jour, donné aucune suite.

Le ministère des Sports vous soutient-il ?

L’année dernière, le ministère des Sports nous a accordé un appui institutionnel, et nous l’en remercions. Toutefois, cette année, nous souhaitons un engagement plus fort. Nous sommes aujourd’hui la meilleure organisation de kickboxing en Afrique, mais nous n’avons jamais été reçus par le ministre. Nous souhaiterions au moins qu’il vienne constater le travail accompli ou qu’il mandate une équipe pour l’évaluer. Investir dans l’Ifc, c’est investir dans l’avenir de la jeunesse ivoirienne.

Interview réalisée par

JAURES DROHGBA (stagiaire)