Reconduction de Robert Beugré Mambé/Yaya Fofana (citoyen ivoirien): "C’est un choix de la stabilité et de la continuité de l’action publique"

Yaya Fofana
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Reconduction de Robert Beugré Mambé/Yaya Fofana (citoyen ivoirien): "C’est un choix de la stabilité et de la continuité de l’action publique"

À chaque nouveau mandat présidentiel, la Nation marque une pause utile pour observer, comprendre et se projeter. Ce temps d’analyse n’est ni polémique ni contestataire ; il relève de la responsabilité citoyenne et du respect dû aux institutions de la République.

À l’entame du quatrième mandat du président Alassane Ouattara, la reconduction du Premier ministre, Robert Beugré Mambé, traduit un choix clair : celui de la stabilité et de la continuité de l’action publique. Ce signal, pleinement légitime dans l’ordre institutionnel, invite néanmoins à une réflexion plus large : comment inscrire cette stabilité dans une dynamique durable, inclusive et tournée vers l’avenir ?

Pour éclairer ce moment politique, trois axes de lecture peuvent être proposés, à l’image des racines du baobab africain, symbole de solidité, de longévité et de sagesse.

Continuité républicaine et responsabilité générationnelle

La continuité de l’État est un principe fondamental de toute République solide. Elle garantit la prévisibilité de l’action publique, la confiance des citoyens et la crédibilité internationale du pays. Mais cette continuité gagne en force lorsqu’elle s’accompagne d’une préparation méthodique de la relève.

La jeunesse ivoirienne, formée, compétente et engagée, aspire à participer davantage à la conduite des affaires publiques. Lui ouvrir progressivement les espaces de responsabilité, aux côtés de l’expérience confirmée, constitue un investissement stratégique pour la Nation. Dans ce cadre, la promotion d’une gouvernance exemplaire, fondée sur la transparence, l’éthique et l’évaluation des politiques publiques, demeure une exigence constante, conforme à l’esprit républicain.

Dans l’histoire des nations durables, les dirigeants qui marquent leur temps sont souvent ceux qui savent consolider sans précipiter, transmettre sans se retirer brutalement et préparer sans désigner. Cette sagesse du temps long demeure l’un des fondements silencieux de la stabilité républicaine.

Équilibre national et cohésion sociale

La Côte d’Ivoire est une nation plurielle, riche de ses cultures, de ses régions et de ses sensibilités. Cette diversité, lorsqu’elle est reconnue et respectée, renforce l’unité nationale. L’équilibre dans la représentation institutionnelle participe de cette cohésion, non comme une mécanique de partage, mais comme une reconnaissance symbolique de l’appartenance commune à un même destin.

Lorsque chaque citoyen, quelle que soit son origine, se sent respecté et considéré dans la marche de l’État, la paix sociale se consolide et le sentiment national s’approfondit. C’est à ce prix que l’unité cesse d’être un mot pour devenir une réalité vécue.

Institutions fortes, République crédible

Le fonctionnement harmonieux de la République repose sur la solidité de ses grandes institutions : la vice-Présidence, le Sénat, le Conseil économique, social, environnemental et culturel, ainsi que le Conseil constitutionnel. Ces institutions incarnent l’équilibre des pouvoirs, la continuité de l’État et la garantie des règles démocratiques.

Les femmes et les hommes appelés à les diriger portent une responsabilité majeure : préserver la confiance entre gouvernants et gouvernés, assurer la stabilité juridique et institutionnelle et veiller à l’intérêt général. Des choix fondés sur la compétence, l’expérience et la probité renforcent durablement la crédibilité de l’État.

Consolider aujourd’hui, préparer demain

Le quatrième mandat présidentiel ouvre une séquence de consolidation : consolider la paix, les institutions, les acquis économiques et sociaux, tout en préparant l’avenir avec lucidité et responsabilité. La stabilité n’a de sens que si elle permet d’anticiper, de transmettre et d’unir.

Cette démarche s’inscrit dans l’héritage de l’houphouëtisme d’État, inspiré par Félix Houphouët-Boigny, entendu non comme une nostalgie, mais comme une culture de la paix, du dialogue, du pragmatisme et du refus des ruptures brutales, au service de la cohésion nationale et de la continuité républicaine.

À l’image du baobab africain, la Côte d’Ivoire peut continuer de croître si ses racines demeurent profondément ancrées dans la justice, l’équité, la transparence et le respect des institutions. C’est dans cet esprit de rassemblement, de vision et de fidélité républicaine que s’inscrit cette contribution, au service d’un État fort, d’une Nation unie et d’un avenir partagé.

Yaya Fofana

Citoyen ivoirien