Fiscalité 2026 : HILI Conseil décrypte les nouvelles mesures pour le secteur privé
Cette nouvelle annexe fiscale intervient dans un contexte international particulièrement tendu, marqué par la persistance de la guerre russo-ukrainienne, le conflit israélo-palestinien, la recrudescence des tensions commerciales entre grandes puissances, ainsi que l’insécurité dans certains pays du Sahel. En Côte d’Ivoire, ces facteurs ont contribué au renchérissement du coût de plusieurs biens et services et à l’augmentation des dépenses publiques.
Malgré cette conjoncture défavorable, les autorités ivoiriennes ambitionnent de maintenir un taux de croissance économique d’environ 6,7 %, conformément aux projections du Plan national de développement (PND) 2026-2030 en cours de finalisation. Cet objectif implique un renforcement de la mobilisation des ressources internes, notamment à travers un relèvement du taux de pression fiscale.
Selon Mme Annick Kopoin Soko, experte fiscaliste et associée, directrice du département fiscal du cabinet HILI Conseil, « l’annexe fiscale 2026 vise principalement à optimiser les recettes budgétaires nécessaires au financement des ambitieux programmes du gouvernement ». À cet effet, plus de 70 % des mesures adoptées portent sur l’augmentation directe des recettes fiscales ou la rationalisation des procédures de collecte.
Parmi les dispositions phares figurent notamment la suppression de l’exonération de TVA sur les aliments pour bétail et animaux de basse-cour, l’instauration d’une taxe communale de nuitée dans les établissements hôteliers, ainsi que l’institution d’un impôt de 30 % sur les bénéfices des plateformes de commerce en ligne étrangères réalisant un chiffre d’affaires significatif en Côte d’Ivoire.
Le cabinet a également mis en lumière la réforme de l’impôt foncier, désormais basée sur la valeur marchande des biens. Pour en atténuer l’impact, le taux applicable a été ramené de 15 % à 13 %. Enfin, l’experte a souligné la volonté de l’administration fiscale de poursuivre la digitalisation du système, notamment à travers la généralisation des factures et reçus électroniques normalisés.