L'éditorial d'Adama Koné/Can et législatives 2025 : D’un mandat à l’autre

L'éditorial d'Adama Koné/Can et législatives 2025 : D’un mandat à l’autre

Le 29/12/25 à 13:04
modifié 29/12/25 à 13:52
Sacré mois de décembre. Coupe d'Afrique des nations 2025, au Maroc, du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Elections législatives en Côte d'Ivoire, le 27 décembre dernier. A la suite de la célébration de la Nativité et avant la Saint-Sylvestre, le 31 décembre. Les premiers députés de la nouvelle législature sont connus, pour les cinq années à venir. Quand après 2028, il faudra attendre quatre ans pour la Can.

Dans deux jours, le 31 décembre prochain, c’est la fin de l’année 2025. Cette fin d’année coïncide aussi avec la fin de mandat pour certains représentants du peuple, à l’Assemblée nationale. Correspondant à une nouvelle aventure législative pour d’autres ou encore à une continuité pour ceux qui réussissent à conserver leur siège.

Le vote pour les législatives est terminé en Côte d’Ivoire. Le scrutin s’est déroulé dans le calme, le samedi 27 décembre dernier. Les résultats ont commencé à tomber. Après la présidentielle du 25 octobre 2025, le pays aura réussi à renouveler deux institutions importantes. La Présidence de la République et l’Assemblée nationale.

Deux pièces essentielles du puzzle de développement d’un pays démocratique : l’Exécutif et le Législatif. Le premier est connu. Le Président Alassane Ouattara, élu brillamment, le 25 octobre, a prêté serment, le lundi 8 décembre 2025. Il est dans l’attente de la coloration dominante de l’hémicycle. Ce, pour dérouler aisément sa feuille de route pendant les cinq prochaines années.

Logiquement, le peuple qui lui a témoigné directement sa confiance en octobre dernier devrait lui permettre de gouverner efficacement. Cette élection législative est indirectement un deuxième examen de passage. Seulement que là, ce sont les soldats de son parti qui vont directement au front, sur le terrain de la population.

Ces derniers jouent gros. Et pour le parti qu’ils représentent et pour leur propre assise dans les circonscriptions qu’ils convoitent. Observateurs et compétiteurs attendent le décompte final, pour passer d’un mandat à l’autre. Le jeu démocratique est ainsi en marche. L’autre jeu qui est lancé, lui se déroule à 4500 kilomètres de la Côte d’Ivoire.

Au Maroc, depuis neuf jours, se tient la Coupe d’Afrique des nations de football. 24 équipes sont en compétition, du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. C’est la première fois dans l’organisation de ce tournoi continental que la compétition s’étale sur deux années civiles.

L’autre nouvelle, c’est qu’à deux jours du coup d’envoi, le président de la Confédération africaine de football, Dr Patrice Motsepe, a livré une information de taille : la tenue de la Can désormais tous les quatre ans, après l’édition de 2027, organisée au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Cette décision fait couler beaucoup d’encre et de salive. Pour les partisans de cette nouvelle périodicité, il s’agit de s’aligner sur le calendrier international. Ainsi, la Coupe d’Afrique des nations se tiendra dans la même année que l’Euro, la Copa america et les Jeux olympiques. Elle permettra aussi aux pays organisateurs de mieux se préparer, en termes d’infrastructures pour accueillir les équipes nationales, invités et supporters. Mais regardons de près les choses.

L’argument de la bonne organisation est discutable. Les pays se manifestent suffisamment avant échéance pour abriter la fête du ballon rond. Mieux, aujourd’hui, l’on part sur au moins deux pays organisateurs de ce type de compétition. Donnant le temps de se concentrer sur l’essentiel et de mutualiser les tâches à accomplir.

Deuxièmement, derrière la Can, il y a toute une économie qui tourne. Le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, l’industrie des gadgets et des maillots de supporter, l’artisanat, le divertissement. Tous ces secteurs enregistrent une relative vitalité dans le pays organisateur. Sans compter l’émotion que partage chaque Africain, dans la fraternité et la convivialité.

La tenue de l’édition 2023 en Côte d’Ivoire en est une parfaite illustration. Le troisième fait qui prend cette décision à contre-pied tient de la qualité même du football africain. D’abord, pour les joueurs nationaux. Pour ces derniers, la Can est une vitrine internationale. Elle leur donne l’occasion d’être visibles et de se vendre. Plus l’échéance est éloignée, plus ils mettront du temps à se frotter aux grands et à espérer voir leur étoile briller.

Ensuite, les internationaux. Pour ces derniers, c’est la réduction de leur participation à la sélection nationale. Au regard de la durée de vie d’une carrière au sommet de sa forme, il est bien à noter que beaucoup de joueurs ne pourront avoir plus de deux saisons au service des couleurs nationales. Là où, en l’espace de quatre ans, ils avaient largement l’occasion de porter au moins deux fois le maillot national.

Le nouveau format de l’organisation de la Can laisse croire que la Caf cède à une pression internationale. Les joueurs évoluant dans les clubs européens, pour la plupart, ont de plus en plus du mal à se mettre à temps à la disposition des sélections nationales. Cette année, c’est à une semaine de la Can que ces équipes ont convenu de libérer ces joueurs.

Entre la Can et les législatives, deux terrains différents, le sport et la gouvernance. Mais, même finalité : le triomphe... sur le podium et à l’hémicycle !


Le 29/12/25 à 13:04
modifié 29/12/25 à 13:52