Abidjan : Lux’Af Magazine, quand l’Afrique reprend le récit du luxe

Bakayoko Karidja Aicha, présidente fondatreice de Lux'Af
Bakayoko Karidja Aicha, présidente fondatreice de Lux'Af
Bakayoko Karidja Aicha, présidente fondatreice de Lux'Af

Abidjan : Lux’Af Magazine, quand l’Afrique reprend le récit du luxe

Le 21/12/25 à 20:18
modifié 22/12/25 à 07:56
Avec le lancement de LUX'AF, Mme Aïcha Karidja Bakayoko offre à l'Afrique un miroir inédit : celui d'un luxe authentique, porté par ses créateurs, son savoir-faire et ses valeurs culturelles.
L’Agence Perfection, à Angré 8ᵉ Tranche, a servi de cadre le samedi 20 décembre 2025, au lancement officiel de LUX’AF Magazine, un nouveau média haut de gamme dédié à la valorisation du luxe africain. Porté par Mme Aïcha Karidja Bakayoko, présidente fondatrice, ce magazine se veut à la fois un manifeste, une plateforme culturelle et un instrument de soft power africain.

Lux'Af2
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Devant un parterre de créateurs, d’intellectuels, de journalistes et d’acteurs culturels, la fondatrice a livré un discours, appelant à un changement de regard sur le luxe africain. « L’Afrique n’a jamais manqué de luxe, elle a simplement manqué de miroir », a-t-elle affirmé, soulignant que le prestige du continent a trop longtemps été raconté par d’autres ou réduit à des clichés.

Pour Mme Bakayoko, LUX’AF n’est pas un simple magazine de plus sur le marché, mais « une source née pour raconter ce que personne n’osait écrire jusqu’ici ». Un projet éditorial qui assume pleinement l’existence, la légitimité et la puissance du luxe africain. « Le luxe africain existe. Il respire, il rayonne et il ne demandera plus jamais la permission d’exister », a-t-elle martelé.

Un haut de gamme à l’identité africaine affirmée

À travers LUX’AF, les initiateurs ambitionnent de créer un haut de gamme enraciné dans les valeurs, en mettant en lumière les talents du continent, les maîtres artisans, les créateurs, mais aussi les cultures, les arts et les destinations africaines. Le premier numéro met ainsi à l’honneur des pionniers, forts de quinze, vingt voire trente années de carrière, considérés comme de véritables ambassadeurs d’un savoir-faire local audacieux et assumé.

« À travers eux, une esthétique africaine élégante, ambitieuse et contemporaine s’ouvre au monde », a expliqué la présidente fondatrice, annonçant une vision à long terme pour faire de LUX’AF une référence incontournable, y compris auprès de la diaspora africaine, à travers des projets éditoriaux, digitaux et culturels.

Le luxe africain comme acte de revendication

Invité à intervenir lors de la cérémonie, Dr Marc-Arthur Gaulithy a apporté un éclairage intellectuel et historique sur la notion de luxe. Pour lui, le lancement de LUX’AF relève d’un acte symbolique fort. « Le luxe africain n’est pas une imitation. Il est une revendication », a-t-il déclaré.

Revenant sur les définitions classiques du luxe, souvent associées à l’ostentation ou aux grandes maisons occidentales, l’intervenant a rappelé que, dans les sociétés africaines, le luxe s’est toujours exprimé autrement : par la maîtrise des matières – coton, raphia, or, cuir, (par la sacralité des gestes), tissage, teinture, sculpture –, mais aussi par la transmission et la charge symbolique des objets.

« En Afrique, un objet n’est jamais neutre. Le luxe n’est pas seulement un produit, c’est une relation, une mémoire vivante », a-t-il expliqué, citant des exemples emblématiques tels que le bogolan malien, le kente royal, le Faso Dan Fani ou encore le cuir touareg, dont l’ancienneté et la valeur n’ont rien à envier aux références occidentales.

Vers une souveraineté esthétique africaine

Dr Gaulithy a également dénoncé l’appropriation des codes esthétiques africains par les grandes marques internationales, souvent sans reconnaissance ni redistribution. Dans ce contexte, LUX’AF apparaît comme une réponse structurée et assumée. « Nous ne demandons pas une place à la table du luxe mondial. Nous arrivons avec nos propres tables, nos tissus, nos langages et nos codes », a-t-il soutenu.

Pour lui, créer un modèle africain du luxe ne relève pas du folklore, mais d’une formalisation d’une vision du monde où la lenteur devient résistance, le recyclage sagesse, et l’objet une archive vivante. « Celui qui contrôle le récit du luxe oriente les imaginaires et impose ce qui est désirable », a-t-il conclu.

À l’issue de la cérémonie, Mme Aïcha Karidja Bakayoko a remercié les partenaires, les experts invités – dont l’africologue Kadi Fadiga – ainsi que les professionnels des médias, avant d’inviter le public à découvrir, lire et partager LUX’AF, ce magazine en papier glacé d’une centaine de page, désormais présenté comme un langage de puissance au service de l’Afrique.

UNE-UNE-LuxAf
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Le 21/12/25 à 20:18
modifié 22/12/25 à 07:56