27 ans après, Norbert Zongo : La mémoire vive d’un combat inachevé

La tombe de Norbert Zongo
La tombe de Norbert Zongo
La tombe de Norbert Zongo

27 ans après, Norbert Zongo : La mémoire vive d’un combat inachevé

Le 13/12/25 à 17:25
modifié 13/12/25 à 17:51
13 décembre 1998 – 13 décembre 2025. Vingt-sept ans jour pour jour après son assassinat, la mémoire de Norbert Zongo, journaliste d’investigation burkinabè, demeure intacte. Plus qu’un souvenir, son nom reste le symbole d’un combat courageux pour la vérité, la justice et la liberté de la presse en Afrique.

Pour ceux qui l’ont connu de près, l’absence est toujours aussi lourde. Rencontré en 1993, Norbert Zongo fut bien plus qu’un confrère : un mentor, un guide, un homme d’une culture générale exceptionnelle, profondément enracinée dans l’histoire et la pensée africaine, avec notamment Cheikh Anta Diop comme référence commune. Les années passées à ses côtés comptent parmi les plus précieuses d’une vie marquée par l’apprentissage, la rigueur et l’exigence morale, témoigne Abdoulaye Diallo, aujourd’hui en exil, qui a dirigé le Centre Norbert Zongo.

Le buste du journaliste Norbert Zongo, assassiné le 13 décembre 1998, trône au milieu de la cour du Centre national de presse
Le buste du journaliste Norbert Zongo, assassiné le 13 décembre 1998, trône au milieu de la cour du Centre national de presse



Au Centre national de presse, Norbert Zongo transmettait bien plus qu’un savoir-faire journalistique. Il inculquait une éthique, une responsabilité sociale et une humanité rares. Il croyait au rôle du journaliste comme sentinelle de la démocratie, quitte à en payer le prix le plus élevé.

Car ce qui continue de serrer le cœur, 27 ans après, c’est l’absence persistante de justice. L’assassinat de Norbert Zongo et de ses trois compagnons reste impuni, prolongeant le deuil et laissant une blessure ouverte dans la conscience collective. Une injustice qui, loin de s’estomper avec le temps, nourrit une douleur silencieuse et une détermination intacte.

En ce jour de commémoration, une pensée émue va à l’homme, à sa courageuse mère aujourd’hui disparue, à sa famille restée digne face à l’épreuve. Une prière s’élève pour que Dieu continue de veiller sur eux.

À Ouagadougou, au cimetière de Gounghin, parents des victimes et organisations de la société civile ont rendu hommage au journaliste et à ses compagnons par un dépôt de gerbes de fleurs sur leurs tombes. Une cérémonie sobre, mais chargée de sens.

« Cela fait 27 ans jour pour jour que nous sommes debout pour que la vérité et la justice se fassent sur ces crimes odieux commis le 13 décembre 1998. Si nous sommes debout, c’est parce que cette lutte est noble, salvatrice et patriotique », a déclaré Chrysogone Zougmoré, président du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) et membre du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP).

Vingt-sept ans après, Norbert Zongo n’est pas mort. Il vit dans chaque combat pour la vérité.



Le 13/12/25 à 17:25
modifié 13/12/25 à 17:51