Feux de brousse/L’État passe à l’offensive : De vastes patrouilles déployées pour protéger forêts et populations

Le Conservateur général Lucien Kouassi lançant officiellement les patrouilles anti-feux à Kahankro.
Le Conservateur général Lucien Kouassi lançant officiellement les patrouilles anti-feux à Kahankro.
Le Conservateur général Lucien Kouassi lançant officiellement les patrouilles anti-feux à Kahankro.

Feux de brousse/L’État passe à l’offensive : De vastes patrouilles déployées pour protéger forêts et populations

Le 02/12/25 à 20:05
modifié 02/12/25 à 20:17
Face à la recrudescence des feux de brousse qui ravagent chaque année des milliers d’hectares de forêts et de plantations en Côte d’Ivoire, le ministère des Eaux et Forêts a lancé officiellement, ce mardi 2 décembre 2025, à Kahankro, une vaste opération de patrouilles de veille et de dissuasion. Objectif : prévenir les incendies, renforcer la sensibilisation des communautés et réduire les destructions matérielles et humaines liées à ce fléau.

Les équipes mixtes des Eaux et Forêts et de l’ONPC prêtes à débuter les patrouilles quotidiennes.
Les équipes mixtes des Eaux et Forêts et de l’ONPC prêtes à débuter les patrouilles quotidiennes.



Cette cérémonie de lancement s’est déroulée sur la base opérationnelle de Kahankro, inaugurée en avril 2025. Première infrastructure conçue spécifiquement pour la lutte contre les feux de brousse dans les zones à risque, elle constitue désormais un point stratégique pour les opérations de prévention et d’intervention rapide. Le ministère prévoit d’installer d’autres bases analogues dans les régions les plus touchées, afin de mieux couvrir le territoire et accroître l’efficacité du dispositif national.

Représentant le ministre des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba, le Conservateur général Lucien Kouassi, directeur général des Forêts et de la Faune (DGFF), a rappelé l’importance de ce déploiement. Selon lui, cette campagne s’inscrit dans le cadre de la stratégie visant à porter la couverture forestière nationale à 20 % à l’horizon 2030. Un objectif ambitieux mais essentiel pour préserver les écosystèmes et assurer la résilience climatique du pays.

« Chaque année, des feux détruisent la forêt, les plantations, des habitations et malheureusement entraînent des pertes en vies humaines. Face à ce triste constat, le ministre a décidé de mettre en place un dispositif robuste pour contrer le phénomène », a-t-il déclaré, soulignant la gravité de la situation dans la zone de Kahankro, l’une des plus exposées selon les statistiques du ministère.

Pour la campagne 2025 qui se déroule de décembre à mars, période la plus sèche de l’année, trois grandes zones d’intervention ont été définies. Il s’agit de la zone A, qui s’étend du poste de péage de Singrobo à l’échangeur de Taabo ; la zone B, allant de l’échangeur de Taabo à celui de Toumodi ; la zone C, couvrant l’axe Djékanou–Dimbokro.

Soixante agents spécialement formés, issus à la fois des Eaux et Forêts et de l’Office national de la protection civile (ONPC), ont été mobilisés. Répartis en équipes, ils effectueront des patrouilles quotidiennes, soutenues par les sous-préfectures informées en amont par le ministère de l’Intérieur. Ces patrouilles auront pour mission prioritaire de rencontrer les communautés villageoises, les sensibiliser sur les risques d’incendies, encourager les bonnes pratiques et signaler tout départ de feu avant qu’il ne devienne incontrôlable.

Lutte contre les feux de brousse
Lutte contre les feux de brousse



Lucien Kouassi a insisté sur l’importance d’un comportement exemplaire et respectueux de la part des équipes. « Nous sommes venus pour les aider, pour qu’il n’y ait plus de pleurs, plus de pertes de biens, plus de pertes de vies humaines », a-t-il indiqué, appelant les agents à bannir toute attitude susceptible de créer des tensions, notamment les fouilles corporelles intempestives lors des contrôles.

Il a également évoqué l’un des facteurs majeurs des incendies dans la région : les feux déclenchés pour la chasse à la viande de brousse. Cette pratique, très répandue notamment autour de Toumodi, constitue une menace sérieuse. « Entre capturer de la viande de brousse et perdre des vies humaines, le choix ne doit souffrir d’aucune hésitation », a-t-il martelé, rappelant que des chasseurs ont déjà été piégés par leurs propres feux.

Le DGFF a enfin souligné que la réussite des grands chantiers de reboisement engagés par l’État dépend de la capacité collective à réduire les incendies. « Si ce qui est reboisé part en fumée, c’est comme le serpent qui se mord la queue. Nous n’avançons pas. 2030 n’est pas loin », a-t-il prévenu, appelant les populations à une mobilisation citoyenne.



Le 02/12/25 à 20:05
modifié 02/12/25 à 20:17