Digitalisation et entrepreneuriat: L’Université virtuelle, Blomfield et un géant agroalimentaire suisse motivent la jeunesse

Digitalisation et entrepreneuriat: L’Université virtuelle, Blomfield et un géant agroalimentaire suisse motivent la jeunesse

Le 26/11/25 à 20:55
modifié 27/11/25 à 15:17
La filiale du géant agroalimentaire suisse et l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire ont organisé le vendredi 21 novembre 2025, la 2ᵉ édition d’Africa Youth Day, autour du thème : « Jeunesse africaine et révolution numérique : Comment transformer les défis du digital en opportunités durables ? ». L’édition 2025 s’est tenue à l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire, à Cocody, en mode hybride (présentiel et en ligne). Un panel et une master-class ont meublé cette journée de la jeunesse africaine.

Le président de l’Uvci, Tiémoman Koné, a indiqué que l’établissement a créé une unité de recherche afin de réfléchir sur les défis locaux et de générer des solutions adaptées à l’environnement. Université publique créée en 2015, l’Uvci répond aux enjeux de l’excellence, de l’employabilité et de l’accès à l’enseignement supérieur. Elle propose des formations dans les domaines du numérique et des sciences, avec un accent particulier sur l’insertion professionnelle des étudiants.

Stanislas Zézé, Pdg de l’agence de notation financière Bloomfield Investment, a prodigué des conseils aux étudiants lors d’une master-class. Il a estimé que le développement de l’Afrique passera par le secteur privé et qu’il est nécessaire de former les jeunes à l’esprit entrepreneurial. Toutefois, a-t-il précisé, il faut « former des gens qui comprennent comment fonctionne l’économie » pour transformer les défis structurels. Quant à l’État, son rôle est de mettre en place un cadre propice permettant aux citoyens de saisir les opportunités et de créer de la richesse.

Il a encouragé les jeunes à concevoir des projets dès l’université, à l’image des fondateurs de Facebook et de Google. Il a également souligné qu’il faut entreprendre selon ses moyens, tout en cherchant à opposer à la concurrence un « besoin d’amélioration et d’innovation ». Avec l’essor du numérique, les jeunes disposent d’un avantage. « Le digital ne coûte pas cher pour développer une application », a-t-il renchéri. Pour lui, il faut changer le narratif face aux difficultés et oser réaliser ses rêves.

Au cours de la master-class « Jeunesse et argent », ce chef d’entreprise a fait observer que les hommes et femmes d’affaires sont avant tout des commerçants cherchant des opportunités pour gagner de l’argent, tandis que l’entrepreneur construit une entreprise dans la durée. Pour être un entrepreneur averti, Stanislas Zézé soutient qu’il faut adopter des valeurs : l’humilité, le courage, la connaissance de la psychologie de son environnement, la persévérance, le travail, la probité, la capacité à maîtriser son environnement et l’excellence.

Mame Pane Sakho, directrice de la communication institutionnelle et des affaires publiques de la filiale, représentant le directeur général, a souligné que cette initiative vise à contribuer à l’employabilité des jeunes. Elle s’inscrit dans la vision du géant agroalimentaire d’accompagner les jeunes, de les outiller davantage et de leur permettre de saisir des opportunités économiques pour s’insérer professionnellement.

Avec le digital, ils peuvent s’auto-former, l’objectif étant de « susciter quelque chose en ces jeunes pour leur permettre de prendre le relais dans cette auto-formation », a-t-elle expliqué, insistant sur le fait qu’« à l’ère du numérique, le digital devient une compétence incontournable ». « Donc, il est important que les jeunes puissent comprendre que ces compétences numériques les aideront à développer la Côte d’Ivoire, à développer l’Afrique », a souligné Mame Pane Sakho.

« Comment utiliser le numérique pour se créer des opportunités et développer le pays ? », tel était l’enjeu des échanges. Pour elle, « l’Afrique est le continent de l’opportunité et les jeunes ont une responsabilité majeure dans son développement ».

Le numérique, un potentiel à ciel ouvert

À l’endroit des diplômés de la diaspora, il les a encouragés à revenir au pays. Il a confié que lorsqu’il créait son agence Bloomfield Investment, il y a 18 ans, il n’y avait ni clients, ni cadre réglementaire pour les agences de notation financière. « La probabilité de réussite était de zéro pour cent », a-t-il indiqué, d’où la nécessité de changer d’approche. Il cherchera à convaincre le régulateur du secteur financier et à faire des présentations aux entreprises pour créer, sur le continent, une agence de notation financière en monnaie locale.

Rachel Koffi, directrice exécutive de la Fondation Kaydan, un groupe spécialisé dans les Btp, a exhorté les jeunes à se former grâce au digital et à se construire une identité numérique professionnelle afin de se démarquer en ligne et se réaliser.

Le digital dominera, dans les prochaines années, le marché de l’emploi en Afrique, avec les compétences numériques comme socle indispensable. Aujourd’hui, en Afrique de l’Ouest, les recruteurs recherchent des experts en data science, cybersécurité, intelligence artificielle et cloud computing.

Selon un rapport de l’Oit, « plus d’un jeune sur quatre en Afrique est sans emploi. En Afrique du Nord, plus d’un jeune sur trois a du mal à trouver un poste, tandis qu’en Afrique subsaharienne, de nombreux jeunes sont coincés dans des emplois précaires et mal rémunérés ».


Le 26/11/25 à 20:55
modifié 27/11/25 à 15:17