Musique : Jimmy Cliff, géant du reggae, s’est éteint à 81 ans

Jimmy Cliff a tiré sa révérence à 81 ans. (Ph: Dr)
Jimmy Cliff a tiré sa révérence à 81 ans. (Ph: Dr)
Jimmy Cliff a tiré sa révérence à 81 ans. (Ph: Dr)

Musique : Jimmy Cliff, géant du reggae, s’est éteint à 81 ans

Le 24/11/25 à 13:35
modifié 24/11/25 à 14:25
L’auteur-compositeur et interprète de reggae jamaïcain de renommée internationale, Jimmy Cliff, de son vrai nom James Chambers, est décédé à Kingston en Jamaïque, a annoncé son épouse sur les réseaux sociaux le lundi 24 novembre 2025. Il avait 81 ans.

La disparition de Jimmy Cliff, l’un des plus grands ambassadeurs du reggae, résonne bien au-delà de la Jamaïque. En Afrique, et en Côte d’Ivoire en particulier, son décès marque la perte d’un artiste dont la musique a accompagné des générations, porté des messages de résistance et inspiré la jeunesse du continent.

La musique de Jimmy Cliff traversait les océans. Ses chansons « Many Rivers to Cross », « The Harder They Come », « You Can Get It If You Really Want » étaient déjà des hymnes populaires dans de nombreux pays africains, des rues d’Abidjan à celles d’Accra, de Lagos ou de Kinshasa.

En Côte d’Ivoire, sa musique a largement contribué à l’essor du reggae dans les années 1970-1980 et à la construction d’une culture rasta ivoirienne fondée sur la paix, l’unité et la justice.

Plusieurs générations de musiciens reconnaissent Jimmy Cliff comme une source majeure d’inspiration : Alpha Blondy, pour l’internationalisation du reggae ivoirien, et Tiken Jah Fakoly, pour son engagement social et panafricain, pour ne citer que ceux-là.

Dans les rues d’Abidjan, de Dakar, de Kpalimé ou de Conakry, beaucoup se souviennent de « Reggae Night », hit incontournable des soirées africaines, ou de « Many Rivers to Cross », devenu symbole des luttes et des parcours de résilience sur le continent.

Son influence s’est retrouvée dans les styles du reggae mandingue en Guinée, du roots ivoirien, du reggae highlife au Ghana, jusqu’aux musiciens afro-jazz qui revisitaient ses classiques.

Le film « The Harder They Come », dans lequel Jimmy Cliff tient le rôle principal, a profondément marqué les cinéphiles africains. Il y dénonçait la corruption, l’exploitation des artistes et les injustices sociales, des réalités que de nombreux Africains reconnaissaient dans leur propre environnement.

Notons que l'artiste est né en 1944 à Somerton en Jamaïque.

Didier ASSOUMOU


Le 24/11/25 à 13:35
modifié 24/11/25 à 14:25