Cop30/Face à l’urgence climatique: Le gouvernement opte pour des infrastructures résilientes

Le panel a réuni plusieurs institutions de financement international et partenaires techniques. (Photo D. Ya)
Le panel a réuni plusieurs institutions de financement international et partenaires techniques. (Photo D. Ya)
Le panel a réuni plusieurs institutions de financement international et partenaires techniques. (Photo D. Ya)

Cop30/Face à l’urgence climatique: Le gouvernement opte pour des infrastructures résilientes

Le 14/11/25 à 15:52
modifié 14/11/25 à 16:01
Un diagnostic inattendu émerge de la Cop30 : les financements verts pour les infrastructures résilientes ne manquent pas. Le véritable goulot d'étranglement, c'est la capacité des pays africains à préparer des projets suffisamment matures pour les absorber. La Côte d'Ivoire veut changer la donne.
Le délégation ivoirienne a exposé, jeudi 13 novembre 2025, au pavillon du pays de la Cop30, son engagement en faveur d’infrastructures résilientes et bas -carbone, face à une menace qui pèse lourdement sur le continent. Selon les données présentées lors d’un panel de haut niveau, entre 10 et 20% du Pib des pays africains sont directement menacés par le changement climatique, tandis que 70% des infrastructures nécessaires d’ici 2040 restent encore à construire. Une opportunité historique, mais aussi une course contre la montre.

Le panel « Financer la résilience : accélérer le développement d’infrastructures durables au cœur de la transition en Afrique » a réuni plusieurs institutions de financement internationales et partenaires techniques pour débattre des solutions. Les enjeux dépassent largement la question financière. Comme l’a souligné Kinapara Coulibaly, directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd), les bénéfices économiques d’une telle transition sont tangibles : « 1$ investi dans le développement d’infrastructures résilientes permet d’économiser 7 à 12$ sur le moyen et le long terme. Investir dans l’infrastructure résiliente, c’est donc investir dans la croissance à moyen et long terme. »

Le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Jacques Assahoré Konan, dont le discours d’ouverture a été prononcé par son directeur de cabinet, Kouadio Parfait, a détaillé l’ambition ivoirienne. Via sa troisième Contribution Déterminée au niveau national (Cdn 3.0), la Côte d’Ivoire s’est fixé pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,07% à l’horizon 2035. « Nous nous réunissons aujourd’hui à un moment charnière », a déclaré le ministre par la voix de son représentant. L’Afrique de l’Ouest fait face à des défis concrets : « érosion côtière, inondations récurrentes, sécheresse et pression accrue sur nos infrastructures et nos économies ». La Côte d’Ivoire a d’ores et déjà engagé plusieurs initiatives structurantes dans la résilience côtière, la gestion durable des déchets, la restauration des forêts et la promotion des villes durables.

Et elle ne compte pas s’arrêter là, d’autant plus que comme le disent les experts, le financement existe, mais la préparation des projets fait défaut. À ce propos, les panélistes, représentants des institutions de financement internationales et des partenaires techniques ont livré un diagnostic partagé : le problème n’est pas l’absence d’argent, mais la capacité des pays à présenter des projets « à maturité » et « bancables ».

Selon le diagnostic présenté lors du panel, les bailleurs font face à un paradoxe : il existe davantage de financements disponibles que de projets suffisamment préparés pour les absorber. Cette situation s’aggrave pour les pays ayant le plus besoin de ces ressources, qui peinent à accéder aux fonds destinés aux infrastructures vertes. Les critères stricts de « financement vert » compliquent encore la tâche des nations africaines.

Des solutions identifiées pour la mobilisation

des fonds

Face à ces obstacles, plusieurs leviers ont été identifiés lors du panel. Il a été proposé, entre autres, une approche en quatre points : le renforcement des capacités des pays ; la simplification des procédures d’octroi des moyens au niveau des bailleurs; une approche intégrée prenant en compte toutes les dimensions environnementales (biodiversité, infrastructure durable, etc.), et la préparation des projets pour les rendre bancables.

Les chiffres justifient cette urgence : 12,7 milliards de dollars en faveur des infrastructures sont détruits chaque année en Afrique, une explosion des besoins qui ne cessera que si des infrastructures résilientes sont construites pour les absorber. Le Pnud a insisté sur la mobilisation de l’expertise locale existante et sur trois leviers : intégrer les risques climatiques dès la planification, faire de la résilience un critère de performance économique, et monter en compétences par une approche « apprendre en le faisant ». L’agence dispose d’un « Financial hub » pour connecter les bailleurs aux projets, tandis que d’autres instruments comme les obligations vertes restent à activer.

À l’instar du ministre, Kinapara Coulibaly a insisté sur le rôle du Bnetd qui, « fidèle à sa mission d’accompagnement d’innovation et de développement de notre pays, se tient à côté de cette vision » de durabilité portée par les autorités ivoiriennes. L’institution technique joue un rôle central en intégrant les critères de résilience et de durabilité dans la planification et la conception des infrastructures du pays.

La Côte d’Ivoire table ainsi sur une alliance entre volonté politique, expertise technique et financement international pour franchir un cap décisif : transformer ses ambitions climatiques en réalisations concrètes avant 2040

Envoyé spécial

à Belém, Brésil




Le 14/11/25 à 15:52
modifié 14/11/25 à 16:01