"One Health" en Afrique de l’Ouest : La CEDEAO renforce sa riposte régionale contre les zoonoses
La Côte d’Ivoire, représentée par le Professeur Mamadou Samba, Directeur général de la Santé, a également mis en avant les avancées enregistrées dans le renforcement de la surveillance zoonotique. Il a souligné qu’au-delà de la technicité des systèmes, la lutte contre les maladies zoonotiques repose sur une responsabilité éthique et humaine, portée par une action multisectorielle coordonnée. Grâce à une intensification des campagnes de vaccination, la Côte d’Ivoire est passée de 10 000 carnivores domestiques vaccinés en 2016 à plus de 200 000 en 2024. Cette performance a permis d’améliorer le niveau national de préparation, passant de 1,6 à 2,4 sur l’échelle SARE de l’Alliance mondiale contre la rage.
Le Directeur exécutif du Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), le Dr Diarrassouba Mamadou, a pour sa part insisté sur l’urgence d’une évolution vers des systèmes de surveillance véritablement intégrés. Selon lui, l’harmonisation des mécanismes de détection rapide, de partage de l’information et de réponse coordonnée doit constituer une priorité régionale. Il a également appelé les États membres à adopter des directives standardisées, indispensables pour éviter les incohérences opérationnelles et renforcer la résilience collective. Le Dr Diarrassouba a réaffirmé que la mise en œuvre de la stratégie One Health de la CEDEAO repose sur une compréhension claire des interconnexions entre la santé humaine, la santé animale et la protection de l’environnement.
Les partenaires techniques et financiers n’ont pas manqué de réitérer leur engagement. Le représentant de la Délégation de l’Union européenne auprès de la CEDEAO, le Dr Anthony Ayeke, la Coordinatrice du Programme régional de prévention des pandémies de la GIZ, Mme Fatima Zanna Husseini, ainsi que le Dr Serge Pouam, du Secrétariat Quadripartite pour One Health, ont tour à tour insisté sur l’importance du partage d’informations, de l’innovation technologique et de la coopération régionale. Ils ont mis en avant la nécessité d’outils harmonisés et de modèles intégrés pour assurer une alerte précoce et une réponse efficace aux zoonoses émergentes.
À Accra, les experts ouest-africains s’accordent sur une conviction forte : seule une coopération régionale structurée, alignée sur l’approche One Health, permettra de contenir durablement les menaces zoonotiques et de protéger les populations.