Judo: Imbroglio autour de la fédération

Le président Seydou Dabonné, au milieu, et son équipe rattrapés par leur passé
Le président Seydou Dabonné, au milieu, et son équipe rattrapés par leur passé
Le président Seydou Dabonné, au milieu, et son équipe rattrapés par leur passé

Judo: Imbroglio autour de la fédération

Le 04/11/25 à 21:19
modifié 04/11/25 à 21:23
L’instance arbitrale et de médiation pour le règlement des litiges sportifs du comité national olympique (Iacno-Civ) a rendu, le 21 août une sentence arbitrale dans le litige opposant M. Isaac Angbo à Côte d’Ivoire Judo. Ce verdict a été signifié aux différentes parties le 21 septembre 2025. Elle a annulé l’Assemblée générale mixte du 13 janvier qui a modifié les statuts et règlement intérieur de la Fédération de Judo, ainsi que celle du 16 novembre 2024 qui a élu le président Seydou Dabonné et son comité directeur.

Côte d’Ivoire Judo avait 21 jours pour faire appel. Elle ne l’a pas fait, jusqu’à expiration du délai d’appel, rendant définitive la sentence arbitrale du 21 août 2025. Il n’y a donc plus de voie de recours.

Et cette situation plonge le judo dans le noir. Puisque la fédération, sans statuts et règlement intérieur, ne dispose plus de président.

C'était dans les tuyaux depuis plusieurs mois. Depuis la réélection controversée du président Seydou Dabonné à la présidence de la Fédération ivoirienne de judo. Il avait écarté son challenger, Isaac Angbo et ce dernier a usé de tous les moyens légaux pour faire triompher la vérité.

Le tribunal arbitral composé de magistrats professionnels formés pour être impartiaux, a, d’abord déclaré recevable les plaintes d’Isaac Angbo sur la forme. Avant de déceler, dans le fond, plusieurs manquements graves dans le processus qui a conduit à la réélection du président Seydou Dabonné. « ... Constate que l’Assemblée générale ordinaire du 13 janvier 2024 s’est muée en Assemblée générale mixte après communication, à l’entame de celle-ci, d’un ordre du jour relevant des attributions de l’Assemblée générale extraordinaire... dit que la motivation de cet ordre du jour viole les stipulations de l’article 25 alinéa 4 des statuts ; annule en conséquence l’Assemblée générale mixte du 13 janvier 2024 et par voie de conséquence, l’Assemblée générale élective du 16 novembre 2024 organisée sur le fondement des résolutions adoptées au cours de cette assemblée irrégulière ». PAUL BAGNINI

A quel jeu joue la tutelle ?

Face à cette situation, le bureau du président Seydou Dabonné a tenté de prendre les choses en main. Son secrétaire général, Soumaïla Dabonné a publié un communiqué pour annoncer une nouvelle élection sous la supervision du ministère des Sports et de l’Union africaine de judo. Il lançait un appel aux clubs à rester mobilisés. Alors que la sentence du tribunal arbitral est claire. Le comité directeur tel qu’élu le 16 novembre dernier n’a plus lieu d’exister. De même que le son président.

Dans la foulée, il a été repris par le ministère des Sports et du Cadre de vie. Cette fois, c’est le sous-directeur de la vie fédérale et du sport de haut niveau, Serges Alain Ayékoé qui, par un courrier qui engage la tutelle, « informe les membres de la fédération qu’un appel à candidatures est ouvert pour les postes de président et commissaires aux comptes de la fédération ». Les concernés ont jusqu’au 6 novembre, demain, pour satisfaire les conditions d’éligibilité mentionnées dans le courrier. On tombe des nues, après avoir parcouru tous les documents liés à cette affaire.

En effet, la sentence arbitrale dit que le président élu le 16 novembre ainsi que son bureau ont été mal élus, sur la base des textes eux-mêmes frappés d’irrégularités.

Le bon sens aurait voulu que le ministère des Sports, pour régler définitivement le problème, commence par mettre sur pied un comité ad hoc aux fins de nettoyer les textes, avant d’aller au vote. Que nenni !

La célérité avec laquelle les agents du ministère des Sports veulent organiser les élections au judo intriguent plus d’un. Pourquoi se précipiter pour organiser les élections, sur quelle base et avec quels textes ? Les mêmes textes de 2017 qui ont semé la graine de la crise. Il y a anguille sous roche. M. le ministre des Sports, ouvrez grands les yeux sur ce dossier qui est suivi de près par les instances internationales de sport.

Et puis, où se trouve l’instance arbitrale du Comité national olympique qui a jugé et annulé l’Assemblée générale élective du 16 novembre dans tout ce processus ?



Le 04/11/25 à 21:19
modifié 04/11/25 à 21:23