Présidentielle 2025 : Le mouvement ADCI appelle à un "Dialogue national"

Le Secrétaire exécutif de l'ADCI, Roger Youan. (Ph: Dr)
Le Secrétaire exécutif de l'ADCI, Roger Youan. (Ph: Dr)
Le Secrétaire exécutif de l'ADCI, Roger Youan. (Ph: Dr)

Présidentielle 2025 : Le mouvement ADCI appelle à un "Dialogue national"

Le 21/10/25 à 14:04
modifié 21/10/25 à 16:42
À quatre jours du scrutin présidentiel, le mouvement politique Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (Adci), dirigé par le député-maire Assalé Tiémoko Antoine, a rendu publique une déclaration le mardi 21 octobre 2025, à Abidjan, sur la situation socio-politique du pays.

Dans le communiqué signé du Secrétaire exécutif Roger Youan, le mouvement exprime sa profonde inquiétude face à un climat qu’il juge “verrouillé, violent et contraire aux valeurs démocratiques”.

Selon Adci, l’élection du 25 octobre 2025, censée marquer la maturité démocratique du pays, "s’enlise dans un cycle d’exclusion, de mensonges et de violences politiques" amorcé depuis les années 1990.

Le mouvement dénonce la "confiscation du pouvoir public par des intérêts particuliers", le "musèlement des voix discordantes", ainsi qu’un "usage abusif de la force publique" dans la gestion des manifestations politiques. Le communiqué déplore également que "les mêmes causes produisent les mêmes effets", accusant le régime actuel de "répéter les erreurs du passé" en privilégiant "le passage en force au détriment du consensus national".

Tout en reconnaissant avoir mené des discussions "de haut niveau" avec plusieurs candidats de l’opposition, le mouvement regrette qu’aucun accord n’ait été trouvé pour une candidature unique. "Nous avions appelé à un sacrifice commun dès le premier tour pour maximiser les chances de l’opposition. Cet appel n’a pas été entendu", souligne Adci.

De ce fait, le mouvement affirme ne soutenir aucun candidat et appelle ses militants et sympathisants "à rester vigilants et engagés pour la paix et la démocratie". Adci condamne avec fermeté les "violences d’État", évoquant la mort de plusieurs citoyens, dont Ernest Allouan à Bonoua, Marc Kprohi à Daloa et du Sous-Lieutenant de gendarmerie Daniogo Lassina à Grand-Yapo.

Le mouvement présente ses condoléances aux familles des victimes et exige "toute la lumière, sans émotion ni calcul politique, sur ces tragédies". "La marche républicaine ne tue pas. C’est son interdiction arbitraire qui crée le désordre", déclare le mouvement, rappelant que la liberté de manifester est un droit constitutionnel.

Dans un ton ferme, Adci dénonce la décision d’interdire toute manifestation politique en dehors des rassemblements liés à la campagne présidentielle, y voyant une "violation flagrante de la Constitution". Le mouvement s’inquiète également de la "mobilisation anormale de 44 000 forces de sécurité" chargées, selon lui, "non plus de protéger, mais d’intimider le peuple".

Adci se dit solidaire de tous les prisonniers politiques, exilés ou citoyens contraints à vivre cachés, et salue "le courage des forces démocratiques et de la société civile qui plaident pour un dialogue sincère".

Plutôt qu’un "dialogue politique restreint entre quelques acteurs", Adci appelle à un véritable Dialogue national, réunissant toutes les forces vives du pays — partis politiques, société civile, chefs traditionnels, religieux, syndicats et jeunesse. "Il vaut mieux être face-à-face autour d’une table pour se parler sincèrement que face-à-face dans les rues", affirme le communiqué.

"Nous restons fidèles à notre mission d’éveil des consciences". Créé en juin 2024, le mouvement Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (Adci) se veut un acteur d’éducation citoyenne et de promotion de la dignité humaine.

"Nous refusons d’être complices du musèlement du peuple", conclut la déclaration, réaffirmant l’attachement du mouvement "au respect des droits fondamentaux, à la dignité humaine et à la cohésion nationale".


Le 21/10/25 à 14:04
modifié 21/10/25 à 16:42