Infrastructure scolaire : Zodry, le village de Bangolo qui attend sa première école primaire depuis qu’il existe !

Les habitants de Zodry réunis sous un préau de fortune racontent ce qu'ils vivent. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)
Les habitants de Zodry réunis sous un préau de fortune racontent ce qu'ils vivent. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)
Les habitants de Zodry réunis sous un préau de fortune racontent ce qu'ils vivent. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)

Infrastructure scolaire : Zodry, le village de Bangolo qui attend sa première école primaire depuis qu’il existe !

Le 18/10/25 à 16:10
modifié 20/10/25 à 16:44
De nombreuses promesses de construction d'une école primaire dans ce village situé dans le canton Zarabahon, à Bangolo, n'ont pas été tenues jusqu'à ce jour.
Sous un préau de fortune sont rassemblés le chef du village de Zodry, Guéi Barthélémy, et ses notables, le président des jeunes et quelques habitants du village. Femmes, hommes, enfants, tous se sentent concernés par de nouvelles perspectives d’apprentissage et de développement pour leur village.

Leur regard brillant de joie illustre l’importance qu’ils accordent à cette nouvelle visite, qui s’inscrit dans la dynamique d’un avenir meilleur pour Zodry. Un village à l’instar d’autres localités dans la sous-préfecture de Zou, précisément dans le canton Zarabahon, département de Bangolo, qui attend sa toute première école depuis la création.


Ces populations, alors impatientes et pleines d'espoir, attendent avec enthousiasme l'arrivée de leurs hôtes. Ces derniers viennent échanger sur la possibilité de construction d’une école. Certainement, de ces échanges germera le projet qui étanchera leur soif d’école qui dure depuis belles lurettes.

Gaho Oulaï Alexis, président des jeunes, fait partie des parents d’élèves pénalisés par cette situation. Sa fillette de six ans va arrêter de fréquenter l’école située à deux km du village. Non seulement la gamine n’a pas la force nécessaire pour parcourir les deux kilomètres pour rallier cette école plus proche, située dans le village voisin, Gohouo et parcourir la même distance pour retourner à Zodry, le soir après les cours.

Mais, si l’infortunée y arrive après moult efforts, elle devrait encore prendre les cours à même le sol. Vu que les classes sont déjà saturées, et que les tables-bancs sont en nombre insuffisant. « J’ai tout fait pour qu’elle accepte d’aller à l’école malgré ces difficultés, ma fille a refusé », relate, l’âme en peine, Gaho Oulaï Alexis.


La fillette en question n’est pas la seule à ne plus retrouver les salles de classe. Les enfants de Zodry sont nombreux à ne pas être scolarisés, selon Gaho Alexis. Si d’autres y ont déjà grandi et ont par conséquent dépassé largement l’âge de faire les bancs, d’autres en ont encore la possibilité. Mais hélas ! L’obstacle demeure.

Quelques enfants de Zodry prennent la route pour Gohouo. Ceux-ci sont parfois confrontés aux intempéries. Les motocyclistes qui circulent sur cet axe représentent un danger permanent pour ces écoliers, ajoute le président des jeunes, le regard inquiet pour l’avenir.

Un village de 3000 habitants

Goulehi Lucien, la cinquantaine révolue, habitant du village, fait savoir que Zodry a une population d’environ 3000 personnes qui souffre de ce manque d’infrastructure scolaire. Lui-même, victime de ce manque ne sait ni lire ni écrire.

Dans les années 80, il avait quitté le village, faute d’école, pour se retrouver au nord du pays, dans un village de Boundiali. C’est dans cette nouvelle localité de Boundiali qu’il a pu fréquenter l’école coranique qui ne lui a pas permis de savoir lire et écrire selon l’enseignement classique.


Lorsqu’il avait l’âge d’être inscrit à l’école primaire, à cette période, les enfants de Zodry devraient se rendre à Zou, le chef-lieu de sous-préfecture, distant de 5 km. A cette période, il fallait également être courageux pour ne pas fuir l’école. Quelques-uns y sont parvenus. « Mais combien sont-ils », interroge-t-il.

Le regard est désormais tourné vers l’avenir. Goulehi Lucien se pose mille et une questions. Que deviennent toutes ces générations d’enfants qui n’ont pu être scolarisées ? Quel avenir pour ces derniers ? Vu qu’aucune école n’existe jusqu’à ce jour dans leur village et que cette situation perdure. D’où viendrait leur salut ? Qui sera le bienfaiteur de ce village d’environ 3000 habitants qui n’aspire qu’à sortir sa population de l’analphabétisme ? M. Goulehi s’interroge encore et encore.


Le cri du cœur du chef central

Wohi Dion Bernard, chef central de la sous-préfecture de Zou, fait un plaidoyer. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)
Wohi Dion Bernard, chef central de la sous-préfecture de Zou, fait un plaidoyer. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)



Glan Jules, s’exprimant au nom de Wohi Dion Bernard, chef central de la sous-préfecture de Zou, lance un appel pressant aux bonnes volontés. Il souhaite qu’un effort soit fait de la part des autorités éducatives en faveur des villages sous son autorité où le besoin d’école primaire est plus qu’urgent.

Son plaidoyer va également à l’endroit des villages où les écoles sont dans un état de dégradation avancée. « Il y a des villages qui n’ont pas eu la grâce d’avoir des écoles. Si les enfants doivent parcourir des kilomètres à la recherche du savoir. C’est compliqué. Il est bon que chaque localité soit dotée d’une école. J’appelle les autorités au secours afin qu’une solution soit trouvée », a-t-il affirmé.


Revenant de façon spécifique sur la situation de Zou, en matière d’écoles primaires, le chef central est clair. Selon lui, la sous-préfecture dispose officiellement de seulement trois écoles. Mais la troisième école, « Zou 3 », n’existe pas en réalité, faute de salles de classe. Il explique que dans les classes, les enfants sont en surnombre (entre 75 et 80). Devant une telle situation, c’est la qualité de l’enseignement qui en souffre.

A ce manque d’écoles, s’ajoute l’insécurité imputable au mauvais état des routes. Il reconnait tout de même qu’une brigade de gendarmerie est installée dans le chef-lieu de la sous-préfecture. Cela reste insuffisant pour couvrir toute la zone. Il félicite déjà le gouvernement qui a promis d’aller plus loin.

En effet, le gouvernement, à en croire Glan Jules, entend y affecter plus d’hommes et doter Zou d’une caserne de gendarmerie. « On a déjà le site, on n’attend que le projet soit effectif », espère M. Glan.


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  • La plupart des villages pourtant électrifiés

Un grand nombre de villages bénéficient d'électrification rurale. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)
Un grand nombre de villages bénéficient d'électrification rurale. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)



Bruno Fohoua, est un fils du canton Zarabahon, dans le département de Bangolo. Il est en fait le secrétaire général du Collectif des mutuelles de ladite zone constituée de vingt et un villages.

Au nom des populations, il exprime sa reconnaissance au gouvernement pour les projets d’électrification dans le canton. Il dit reconnaitre que le Zarabahon a été largement bien servi. « Sur les 21 villages, sauf erreur, vingt localités sont électrifiées. Un seul nommé Gouétilé qui attend d’être relié au réseau national. Mais déjà tout est prêt, les poteaux électriques sont installés. C’est vraiment énorme pour nous », s’est-il réjoui.


A Gouétilé, le projet d’électrification est avancé. Car, les poteaux en béton armé sont perceptibles à différents endroits. Les villageois attendent impatiemment que les câbles ainsi que les lampes soient érigés pour que le village reçoive la lumière.

D’autres villages font face à d’autres soucis et non des moindres. Celui de l’école. Tionlé et Zodry. Gouétilé n’est pas aussi épargné. En clair, ce sont des localités où les écoles ont été décoiffées par les violents vents, pour certaines. Si bien que les classes se retrouvent avec des effectifs de plus de 100 enfants.

Pour d’autres, c’est la dégradation très avancée des bâtiments et le pire pour d’autres c’est l’inexistence même d’école.


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  • Le Zarabahon difficile d’accès

Un véhicule de transport des marchandises qui s'est embourbé. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)
Un véhicule de transport des marchandises qui s'est embourbé. (Ph: Abdoulaye Coulibaly)



La visite des villages a été difficile en raison des routes non praticables. Le constat est amer. Des cours d’eau traversent certaines pistes qui ne bénéficient pas de pont. Les usagers doivent aussi affronter des parties de voies pleines de boues.

Pour se frayer un passage, les automobilistes superposent des troncs d’arbres pour éviter que leurs engins ne s’embourbent. Parfois, les populations font la traversée à pied de sorte à guider l’engin dans le labyrinthe.

Les véhicules de type Kia et remorque sont les plus nombreux sur les voies. Car, ils sont utilisés pour le transport de produits tels le cacao, le café et l’hévéa.

Le plus souvent très chargés de marchandises alors que le passage relève d’un parcours du combattant. Les plus chanceux sont les engins à deux et trois roues. Ils sont les maîtres des lieux. Visiblement, ceux-ci circulent plus aisément.

En cas de difficulté, à certains endroits, les occupants les poussent facilement et passent les nombreux obstacles : des creux formés à la suite de nombreuses pluies qui se sont abattues sur la région, des ponts de fortune érigés.


Selon le secrétaire général du Collectif des Mutuelles de développement du canton, Bruno Fohoua, la route est un véritable problème. Il explique que les dernières pluies ont coupé totalement le canton du monde.

« On ne pouvait pas aller d’un village à un autre ni d’une sous-préfecture à une autre, ou du canton au chef-lieu de département qui est Bangolo. Au niveau de la sous-préfecture de Kahein, une autre sous-préfecture du canton, l’eau a fait d’énormes dégâts, des maisons ont été carrément avalées », relate-t-il.

Ajoutant qu’au niveau de la localité de Badjeï, l’eau a détruit assez de maisons, et à Zérégbo, la rivière est sortie de son lit et a balayé le pont comme une paille, empêchant de facto la circulation pendant au moins deux semaines.



Le 18/10/25 à 16:10
modifié 20/10/25 à 16:44