Appels à la violence et interpellations : Le procureur d’Abidjan met en garde

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Appels à la violence et interpellations : Le procureur d’Abidjan met en garde

Le 17/10/25 à 07:52
modifié 17/10/25 à 08:03
Dans une déclaration rendue publique le 16 octobre 2025, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, M. Oumar Koné Braman, a fait le point sur l’enquête ouverte à la suite des manifestations du samedi 11 octobre.

À la tête de la section anti-terroriste, le magistrat a indiqué que plusieurs personnes ont été interpellées et que des éléments matériels saisis sur des téléphones portables étayent les poursuites envisagées.

Le procureur a assuré que, contrairement à l’image d’une simple marche de protestation contre un arrêté préfectoral interdisant la manifestation, les investigations révèleraient une organisation visant à provoquer des actes violents et à déstabiliser la ville.

Des extraits de messages retrouvés dans les appareils des mis en cause, lus à la presse par le magistrat, font état de consignes jugées particulièrement inquiétantes : paralysie de la circulation, attaques visant des ambassades étrangères, destruction de caméras de surveillance, incendie de véhicules de police et attaques ciblées de commerces.

« Je suis un ex-militaire. Je vous donne quelques stratégies pour paralyser la ville... », a cité le procureur, en évoquant des messages exhortant à « brûler les magasins, les boutiques, les supermarchés des Libanais » et à viser « les préfectures, commissariats ». Ces propos, diffusés via plusieurs groupes WhatsApp selon le parquet, viennent selon lui étayer la qualification de certaines actions comme relevant de la criminalité organisée et du terrorisme.

Face à ces révélations, le parquet promet une réponse judiciaire ferme. M. KONÉ a prévenu que ses réquisitions à l’audience seront « sévères » et que la justice exercera toute la rigueur nécessaire pour établir les responsabilités. Les autorités soulignent la nécessité de préserver l’ordre public et de prévenir toute escalade qui mettrait en danger les personnes et les biens.

S’adressant directement aux jeunes, le procureur a lancé un appel au sens de la responsabilité : « Pensez à votre carrière. Ne brisez pas votre avenir pour des hommes politiques cachés derrière des caméras. » Il a rappelé que le droit offre des voies de recours, notamment la saisine du Conseil d’État pour contester un arrêté préfectoral, et qu’il faut privilégier les voies juridiques plutôt que la violence.

La déclaration du parquet intervient dans un contexte politique tendu et suscite déjà l’attente d’éclaircissements. Des organisations de la société civile et certains acteurs politiques demandent des précisions sur l’identité des personnes interpellées, la nature exacte des chefs de mise en cause et les preuves réunies. Pour l’heure, les enquêteurs poursuivent les auditions, l’analyse des données saisies et la reconstitution des responsabilités.

Les prochains jours seront déterminants : auditions, expertise des appareils saisis et analyses des réseaux de communication figureront au cœur de l’enquête, tandis que la société civile réclame transparence et respect des droits fondamentaux. À suivre.



Le 17/10/25 à 07:52
modifié 17/10/25 à 08:03