Bangolo/délabrement des latrines : Urgence sanitaire à Epp Gouéhui 1 et 2 (Reportage)
Tandis que l’économie locale est en plein essor à l’image de ce marché, l’école quant à elle, est quasiment à l’abandon. Située dans les encablures du cimetière villageois, ce temple du savoir vit un état de délabrement avancé. Construit en 1979, sur 3 ha, le Groupe scolaire public comprend l’Ecole primaire publique (Epp), Gouégui 1 et l’Epp Gouégui 2 compte plus de 500 élèves.
Suite aux dernières tornades enregistrées dans la région, une partie de la clôture s’est effondrée. Aujourd’hui, l’infrastructure est envahie par la broussaille. Et, comme si cela ne suffisait pas, la toiture des 12 latrines s’est envolée. « Nous avons des difficultés, les toilettes n’ont plus de portes et leurs murs fissurés. Certes, il y a eu des actions de réfection mais des individus viennent les enlever. Nous avons aussi des problèmes d’eau », a déploré N’Goran Jean Luc, Directeur de l’Epp Gouégui 2.
Face à cette situation inquiétante, le seul recours pour les élèves reste la broussaille dans les alentours de l’école. D’ailleurs, une odeur nauséabonde et répugnante se dégage de l’environnement de l’établissement. « Malheureusement, les enfants sont obligés d’aller dans la broussaille pour les plus petits quand les plus grands vont parfois se chercher des solutions au village. Il y a longtemps que nous vivons cette situation. Malgré les efforts du Coges pour nous aider, des inconnus vandalisent les portes des toilettes. Nous sollicitons l’aide des autorités et des personnes de bonne volonté pour que les enfants arrêtent d’aller en brousse pour se soulager », a-t-il plaidé.
L’état déplorable des latrines de cet établissement scolaire préoccupe énormément les parents d’élèves comme en témoigne Djibo Léa, présidente des femmes et des parents d’élèves. Son enfant est au CM1. « Lorsque nous laissons les enfants au village pour aller au champ, c’est avec le cœur en peine. Pendant la récréation, faute de latrine en bon état et d’eau, ils sont obligés de se rendre au village. Conséquence, y en a qui accusent du retard pour retourner à l’école. Ce qui est source de distraction pour eux et de non-concentration sur leurs études », a-t-elle expliqué.
En outre, les enfants sont parfois exposés à des morsures de serpents.
Des enfants en proie aux reptiles
Le délabrement total des latrines est une véritable source d’insécurité pour les élèves dont certains sont victimes de morsures de serpents. Djeoulou Valery, parent d’élève, révèle que sa nièce (fille de son frère) a été mordue par un reptile. « J’ai pu soigner des enfants qui ont été mordus par des serpents. Dieu merci, j’étais présent au village ce jour-là et connaissant des plantes qui sont efficaces contre les morsures de serpents, nous avons pu les soigner avec ces médicaments. Nous recherchons toujours des solutions », a-t-il souligné.
Bien que des difficultés demeurent, les parents d’élèves reconnaissent que les élèves sont bien encadrés dans la mesure où les enseignants font de leur mieux pour obtenir des résultats satisfaisants. Seule la reconstruction de la clôture endommagée mitoyenne au cimetière reste une source d’inquiétudes pour eux.
« La clôture de l’école empêchait les enfants de voir le cimetière. Mais elle s’est effondrée. Depuis lors, les enfants ne se gênent guère d’assister aux enterrements. C’est vraiment gênant. Nous avons soumis une doléance au ministre Serey Doh Celestin, Président du Conseil régional du Guemon pour la réfection de la clôture. Ce qui a été fait. Cette année encore, la clôture est tombée. Nous sollicitons de l’aide dans ce sens. »
Les actions du Coges
Le Comité de gestion des établissements scolaires publics (Coges) bénéfice d’un apport financier du gouvernement. Son président, Djieoulou Valery témoigne et souligne que ce financement a trait à l’entretien des directeurs, au nettoyage de la cour de l’école et au renforcement des portes. Mais, à l’en croire, c’est insuffisant.
C’est pourquoi, il dit souhaiter la réhabilitation de cette école et le renforcement des portes pour que les enfants étudient dans un environnement propre.
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- Le plaidoyer de la chefferie et la mutuelle
Dans la recherche de solutions aux problèmes de leur établissement scolaire, Benoit Touzamoin, chef de Gouégui-Zagna et ses administrés, ont le regard tourné vers des partenaires et des personnes de bonne volonté.
« Nous plaidons auprès des personnes de bonne volonté pour la restauration des latrines. Le ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation s’est proposé de construire trois classes. On avait attiré l’attention des techniciens sur le délabrement des latrines qui ne sont pas fonctionnelles. Nous sommes toujours dans l’attente », a informé le chef du village de Gouégui Zagna Benoit Touzamoin de Gouégui Zagna.
Outre les latrines qui sont dans un état de dégradation très avancé, Ferdinand Beblai, Président de la mutuelle de développement, a insisté sur le fait que l’école primaire du village de Gouegui ne dispose pas de clôture alors qu'elle est située juste en face du cimetière du village. « L’école n'est pas raccordée au réseau de la Sodeci, ni ne dispose d'une pompe hydraulique, la cantine scolaire fonctionne difficilement faute d’un rationnement régulier en vivres », a-t-il indiqué.
Saisissant l’occasion, il a exprimé sa gratitude au Conseil régionale du Guemon qui a construit la clôture de l’école en 2022. Malheureusement, cette clôture s’est encore effondrée en 2024 sous l’effet de fortes pluies.
Ferdinand Béblai n’a pas manqué de revenir sur les actions posées par la mutuelle de développement en faveur de l’éducation notamment la sensibilisation des parents pour accroitre l’accès et le maintien des enfants à l’école ; l’assistance aux élèves les plus démunis à travers la distribution gratuite de kits scolaires ; l’octroi du petit déjeuner et du déjeuner aux élèves du Cm2.