Cgeci Academy / Karim Zidane : « Convergence et coopération pour la souveraineté économique africaine »

Karim Zidane a cité la coopération ivoiro-marocaine en exemple (Honoré Bosson)
Karim Zidane a cité la coopération ivoiro-marocaine en exemple (Honoré Bosson)
Karim Zidane a cité la coopération ivoiro-marocaine en exemple (Honoré Bosson)

Cgeci Academy / Karim Zidane : « Convergence et coopération pour la souveraineté économique africaine »

Le 29/09/25 à 14:46
modifié 29/09/25 à 19:28
Il faut « la convergence, la complémentarité et la coopération pour atteindre la souveraineté économique de l’Afrique », selon Karim Zidane, ministre marocain délégué auprès du Chef du Gouvernement, en charge de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques.

Il s’est exprimé le 29 septembre 2025 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, à la faveur de la cérémonie d’ouverture de la 13e édition de la Cgeci Academy.

C’était lors du panel de haut niveau qu’il a coanimé avec le ministre ivoirien des Finances et du Budget, Adama Coulibaly ; le vice-président de la Société financière internationale (Sfi) pour la région Afrique, Ethiopis Tafara et Paulo Gomez, président d’Orango Investment Corporation.

Karim Zidane a indiqué que la souveraineté de l’Afrique ne peut se faire qu’à travers la convergence des politiques à l’échelle sous-régionale et régionale dans un esprit d’harmonisation des moyens et des objectifs. Ce qui induit une complémentarité entre pays basée sur une coopération davantage affinée. Il a cité la coopération ivoiro-marocaine en exemple pour confirmer cette volonté de donner le poids nécessaire au secteur privé qui doit être le moteur de la croissance et du développement économique à travers des politique concrètes.

Cette volonté de renforcer le secteur privé a été appuyée par Adama Coulibaly, ministre des Finances et du Budget. Il a indiqué que « la souveraineté économique ne peut pas se faire en autarcie et sans des partenariats stratégiques avec les investisseurs étrangers ». Les reformes issues de cette politique permettent la transformation structurelle de l’économie ivoirienne par l’industrialisation. Cela est perceptible à travers un passage du secteur primaire de 18 à 15 % du Pib contre une progression de 20 à 23 % du secteur secondaire et du secteur tertiaire de 45 à 46 % en 10 ans, a-t-il fait savoir.

Le panel de haut niveau a permis de lister les axes à explorer pour une Afrique plus forte (Honoré Bosson)
Le panel de haut niveau a permis de lister les axes à explorer pour une Afrique plus forte (Honoré Bosson)



L’argentier ivoirien a indiqué que le Plan national de développement (Pnd 2026-2030) prévoit justement une extension de l’assiette fiscale pour permettre un accompagnement davantage soutenu du secteur privé en général et des Pme en particulier. Son collègue en charge du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba a évoqué la détermination du gouvernement à renforcer le secteur privé et de créer les conditions de l’émergence de champions nationaux notamment à travers un fonds de souveraineté dédié qui fait l’objet de réflexions approfondies.

Agrir selon les priorités

Quant à Ethiopis Tafara, il a promis que la Sfi – filiale du Groupe de la Banque mondiale – poursuivra son action dans l’accompagnement du secteur privé, mais prioritairement dans les secteurs qui permettent de répondre aux attentes infrastructurelles de l’Afrique. Notamment le logement, l’énergie, la manufacture et l’agriculture où le continent importe 85 % des denrées alors qu’il dispose de 65 % des terres arables non-encore exploitées. Il attend travailler aussi dans le domaine de la santé où l’Afrique qui supporte 24 % du fardeau mondial n’a que 3 % du personnel, 1 % des médicaments et importe 92 % de ses besoins.

Pour sa part, le patron d’Orango Investment Corporation, Paulo Gomez, a plaidé en faveur d’un rapprochement davantage approfondi entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire, respectivement 1ère et 2e économies de la sous-région ouest-africaine. Cela, à l’effet de favoriser l’éclosion de champions régionaux. Il a aussi souligné la nécessité pour les États et des institutions panafricaines de développement à créer les conditions de la multiplication des fonds propres au seins des entreprises pour permettre à l’Afrique de se réapproprier son économie.



Le 29/09/25 à 14:46
modifié 29/09/25 à 19:28