Éducation nationale/Exclusion à l’enseignement : Les personnes sourdes plaident pour la levée du décret

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Éducation nationale/Exclusion à l’enseignement : Les personnes sourdes plaident pour la levée du décret

Présidé par le ministre de l'Emploi et de la Protection sociale (Meps), l'atelier a rassemblé autorités, partenaires, organisations de la société civile et acteurs de la communauté sourde.
La Fédération nationale des sourds de Côte d’Ivoire (Fenasoci) a convié la presse à un atelier de plaidoyer pour l’accès des personnes sourdes au métier d’enseignant, le mercredi 24 septembre, au siège du Conseil national des droits de l’homme (Cndh), à Cocody.

Ouattara Yegueleworo, chef de programme à la Fenasoci, a indiqué qu’en Côte d’Ivoire, il n’y a aucun enseignant sourd au sein du système éducatif. Selon lui, le pays a connu deux enseignants sourds dans les années 1990. « A ce jour, il n’y a aucun enseignant sourd. Ce qui est dramatique », a-t-il affirmé, expliquant que cette situation a motivé l’initiative de l’atelier.

Selon Ouattara Yegueleworo, un décret d’application pris par le ministère de la Fonction publique interdit aux personnes sourdes et bègues d’accéder à l’enseignement. Il a relevé que l’objectif de cet atelier est de proposer des solutions pour voir dans quelle mesure ce décret « discriminatoire peut être corrigé », afin de donner aux personnes sourdes le droit d’enseigner.

« Quand on parle d’éducation des enfants sourds dans les écoles pour sourds, l’enseignant sourd est un modèle pour l’enfant sourd. Il est donc nécessaire de corriger ce décret. Nous ne disons pas qu’ils doivent enseigner dans les classes des enfants entendants. Nous attendons que ce décret puisse être corrigé pour que nous ayons des enseignants sourds, comme c’est le cas dans les pays voisins comme le Ghana, le Burkina Faso, le Bénin où il y a beaucoup d’enseignants sourds qui enseignent les enfants sourds », a-t-il plaidé.

Odile Zogba, chef du service éducation inclusive au ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (Mena), a rappelé que depuis 2013, 823 élèves en situation de handicap ont bénéficié de leur droit à la scolarisation, aussi bien au primaire qu’au secondaire.

Elle a expliqué que l’inclusion se fait plus « facilement » au primaire, car là-bas, un seul enseignant accompagne les enfants dans toutes les disciplines, tandis qu’au secondaire, les difficultés apparaissent du fait de la multiplicité des professeurs, dont beaucoup ne sont pas formés à la langue des signes ou au braille.

« Si à l’École normale supérieure (Ens), les enseignants pouvaient s’intéresser ou trouver un mécanisme pour former des enseignants outillés pour la langue des signes et en braille au niveau du secondaire, je pense que les enfants seraient très heureux dans les établissements », a-t-elle souligné.

Par ailleurs, elle a fait savoir que 17 lycées accueillent actuellement les élèves en situation de handicap.

Quant à Kouassi Kouassi Alfred, représentant les organisations des personnes sourdes au Cndh, il a précisé que cet atelier entre dans le cadre de la Semaine internationale des personnes sourdes (Sips) et de la Journée internationale des langues des signes 2025 (Jils) qui se déroulent du 18 au 25 septembre autour du thème : « Pas de droits de l’homme sans droits à la langue des signes »

DANIELLE SERI (Stagiaire)