Mes vérités du 13 septembre 2025 : La rigueur du droit…

La présidente du Conseil constitutionnel. (Ph: Dr)
La présidente du Conseil constitutionnel. (Ph: Dr)
La présidente du Conseil constitutionnel. (Ph: Dr)

Mes vérités du 13 septembre 2025 : La rigueur du droit…

Le 13/09/25 à 09:07
modifié 13/09/25 à 12:45
Le Conseil constitutionnel vient de rendre publique la liste définitive des candidats retenus pour l’élection présidentielle du 25 octobre. Cette étape, essentielle dans le processus électoral, marque un moment de vérité pour la démocratie ivoirienne.

L’institution, garante de la conformité des candidatures à la loi fondamentale, a travaillé avec méthode et transparence, en motivant avec précision ses décisions. Elle contribue ainsi à renforcer la confiance dans nos institutions et à affermir l’État de droit.

Il est d’ailleurs significatif que même des voix habituellement critiques vis-à-vis du fonctionnement institutionnel, à l’instar de Simone Gbagbo, aient reconnu la qualité du travail accompli. Elle a salué la rigueur avec laquelle chaque dossier a été examiné et la clarté des arguments avancés. Un tel aveu souligne à quel point le Conseil constitutionnel a su élever le débat au-dessus des passions, en s’appuyant sur des principes juridiques solides.

Cette décision révèle cependant les faiblesses de plusieurs candidatures rejetées. L’ancien Président Gbagbo, figure incontournable de la scène politique, fait les frais d’une gestion approximative de son parcours. Sa candidature n’a pas résisté à l’examen de conformité, rappelant que la légèreté et le manque de rigueur se paient toujours, en politique comme ailleurs. On retrouve ici certains travers de sa gouvernance : une manière de faire où l’improvisation a souvent pris le pas sur la stratégie et la discipline.

Le cas de Tidjane Thiam constitue une autre leçon. Son arrivée à la tête du Pdci-Rda avait suscité de nombreux espoirs, tant chez les militants que dans l’opinion publique. Mais il a montré qu’il n’a pas encore une réelle maîtrise de son parti. Sa phrase, ‘’les gens ont fait n’importe quoi’’, en parlant des sanctions contre certains militants, reste éloquente. Sa méconnaissance des textes et des réalités de son pays apparaissent désormais au grand jour. Résultat : sa candidature a été invalidée, démontrant qu’un leadership ne se construit pas uniquement sur l’aura personnelle ou une brillante carrière internationale, mais aussi et surtout sur la capacité à organiser, encadrer et assainir une formation politique.

Pascal Affi N’Guessan illustre bien l’allégorie de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Avec un appareil partisan affaibli et un militantisme en berne, il a voulu jouer dans la cour des grands. Mais comment espérer un parrainage suffisant quand on a perdu à la fois l’enveloppe et le contenu et quand une partie de ses fidèles a rejoint le Rhdp, parti au pouvoir ?

Quant à Assalé Tiémoko, député et journaliste respecté, sa fougue et ses prises de position incisives n’ont pas suffi. La politique nationale exige plus qu’un engagement personnel ou des convictions fortes : elle requiert une organisation structurée, des relais durables et une implantation réelle dans le tissu social. Le verdict du Conseil lui rappelle qu’il faut transformer une ambition en projet collectif.

L’ancien préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi, de son côté, a fait preuve d’audace en se lançant dans l’arène politique. Mais son parcours démontre que la sincérité, aussi louable soit-elle, ne dispense pas d’une préparation minutieuse et d’un travail de longue haleine sur le terrain. Son élimination ne signe pas la fin de son engagement, mais elle l’invite à consolider ses bases avant de prétendre aux plus hautes fonctions.

Au milieu de ces repositionnements et de ces désillusions, un fait mérite attention : le ralliement de Linda Diplo au Rhdp. Ancienne cadre du Pdci-Rda, elle a choisi de rejoindre un mouvement qu’elle considère porteur de stabilité et de développement. Son choix témoigne d’une prise de conscience croissante : la Côte d’Ivoire a besoin de forces politiques capables de s’unir autour d’un projet clair, tourné vers la modernité et le progrès. Le geste de Linda Diplo symbolise cette dynamique de convergence vers un horizon commun.

L’arrêt du Conseil constitutionnel ne doit pas être lu uniquement comme une liste de candidatures validées ou invalidées. Il exprime un principe : celui de la rigueur, de la discipline et du respect des règles. Il appelle chaque acteur politique à élever son niveau de responsabilité, à mettre de côté la légèreté, l’improvisation et la vanité. La politique n’est pas un jeu d’humeur ou d’improvisation, mais un exercice de responsabilité au service de la nation.

La Côte d’Ivoire avance aujourd’hui sur un chemin exigeant : celui d’une démocratie apaisée et crédible. Le Conseil constitutionnel a fait sa part, en disant le droit et en éclairant le chemin. Désormais, c’est au peuple ivoirien qu’il revient de faire son choix, en toute souveraineté, le 25 octobre prochain.

Cette échéance électorale doit être l’occasion de confirmer que notre pays a tourné une page : celle des contestations stériles, des candidatures fragiles et des débats sans fondement. Elle doit ouvrir une ère où la compétition politique s’inscrit dans le respect des institutions, la clarté des projets et la loyauté envers le peuple.

La décision du Conseil constitutionnel est un signal fort : l’État de droit progresse et avec lui, la démocratie ivoirienne se renforce. À chacun désormais de se hisser à la hauteur de cette exigence. Pax et bonum ! Paix et bien !


Le 13/09/25 à 09:07
modifié 13/09/25 à 12:45