Promotion du secteur privé : La stratégie de la Chambre de commerce et d’industrie (interview)

Promotion du secteur privé : La stratégie de la Chambre de commerce et d’industrie (interview)

Le 10/09/25 à 15:21
modifié 11/09/25 à 08:56
Faman Touré, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire (Cci-CI), dresse un état des lieux et révèle les opportunités créées par son institution pour accélérer le développement des entreprises ivoiriennes.
En tant que président de la CCI-CI, quelle est votre évaluation du rôle actuel de l’institution dans le développement économique de la Côte d’Ivoire ?

La Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, à travers ses missions de représentation, de formation, d’appui aux entreprises et de gestion des infrastructures et services d’intérêt général, joue un rôle majeur dans l’animation de la vie économique de la Côte d’Ivoire. Tout d’abord, dans son rôle d’accompagnement, elle fournit des services pour répondre aux besoins des entreprises, des TPE et PME notamment. Elle réalise dans ce domaine plusieurs activités, à savoir des formations, l’organisation d’évènements, des Salons et des missions de prospection. En outre, elle participe aux travaux du Comité de Concertation État Secteur Privé au sein duquel la CCI-CI est un acteur important. Notre institution a participé à la mise en place du dialogue Public-Privé dans les régions, en vue de la création d’un environnement qui facilite le développement des entreprises au niveau local. Elle fait le pesage et la certification des poids des marchandises au niveau du cordon douanier. Elle joue un rôle central dans le déploiement de la facture normalisée en Côte d’Ivoire au profit des entreprises et se chargera de faire la sensibilisation sur la Facture Normalisée Electronique (FNE).

FAMAN TOURE 233
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Il convient de rappeler que durant la COVID-19, la CCI-CI a pris part au plan national de riposte, à travers des actions d’assistance aux entreprises sur le terrain. Elle participe aujourd’hui aux travaux sur la mise en place des Champions Nationaux.

Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier depuis votre prise de fonction ?

FAMAN TOURE 233
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Depuis notre prise de fonction en 2016, l’un des défis était d’animer la vie économique dans les régions à travers des événements tels que les journées économiques, le symposium de la mangue à Korhogo, le symposium du manioc à Aboisso. Nous rappelons aussi, la mise en œuvre du projet « initiative » d’appui à une centaine de TPME et de jeunes entrepreneurs à San Pedro et le projet « Champions » d’appui aux financements des PME, avec le soutien financier respectivement du PNUD et de la BAD. Nous avons conduit plusieurs initiatives qui ont abouti à différentes réalisations, notamment, l’organisation d’un forum économique avec le World Economic Forum (WEF), la conduite régulière de délégation d’hommes d’affaires partout dans le monde, la certification ISO de l’École pratique de la CCI-CI. Notre institution est en charge de la certification du pesage des produits soumis au Droit Unique de Sortie (DUS) destinés à l’exportation, en particulier le café, le cacao, le coton et l’anacarde. Elle joue le rôle de caution pour les marchandises en transit au corridor douanier d’Abidjan, et à destination des pays de l’hinterland, dans le cadre du Transit Routier Inter-États. Par ailleurs, il convient d’indiquer la création de deux centres de formation professionnelle continue qui forment dans tous les domaines, sans oublier la mise en place du Programme d’appui à l’agro-transformation qui est devenu un axe majeur de la politique industrielle de la Côte d’Ivoire. Sur le plan régional et international, il faut noter l’accompagnement des entreprises notamment, les PME sur les marchés internationaux dans le cadre des missions de prospection et de promotion économique à travers le monde, sans oublier la participation de la CCI-CI à des importantes missions institutionnelles à caractère économique, organisées par la Présidence de la République de Côte d’Ivoire et le gouvernement dans le cadre de la diplomatie économique, principalement dans les pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique.

Comment la CCI-CI s’adapte-t-elle aux nouveaux enjeux mondiaux tels que le changement climatique et l’Economie verte ?

Au sein des organes de la CCI-CI, il y a une Commission en charge de l’Economie verte et du développement durable, de même qu’un département de l’Intelligence économique. Dans sa volonté de promouvoir la durabilité auprès des entreprises, la CCI-CI a adhéré au Pacte Mondial des Nations Unies (Global Compact). Des programmes spécifiques sont dédiés aux entreprises en matière d’efficacité énergétique, de développement durable et de l’Economie circulaire. La CCI-CI fait aujourd’hui de la transformation numérique un axe majeur de ses actions d’appui aux entreprises avec des programmes dédiés tels que le projet I-DJAOULI qui a permis de toucher 1500 TPE et PME dans le secteur informel dans 10 régions de la Côte d’Ivoire avec l’appui de l’AFD et Expertise France. Depuis la COVID-19, plusieurs formations et événements sont organisés en ligne par notre institution. Cela démontre que notre institution s’adapte aux nouveaux enjeux économiques que sont l’Economie verte, le digital et tout ce qui concerne la durabilité, notamment la prise en compte des jeunes et des femmes.

Quelle est votre vision pour la CCI-CI dans les cinq prochaines années ?

La CCI-CI doit être une institution avant-gardiste. Elle doit accompagner le secteur privé à s’adapter aux enjeux futurs en mettant en place des programmes d’appui qui permettent de faciliter la résilience des entreprises et donc leur capacité à s’adapter aux chocs internes et surtout aux événements extérieurs. Pour nous, la CCI-CI, dans cinq ans, doit aider à la densification du tissu économique dans nos régions. En effet, près de 90 % des entreprises sont installées à Abidjan. La CCI-CI, à travers ses délégations régionales, doit accompagner les TPE et PME à renforcer leur organisation. Elle doit donc renforcer son implantation régionale pour mieux accompagner le secteur privé local.

Le secteur privé est le moteur de la croissance. Quels sont, selon vous, les trois plus grands défis auxquels sont confrontées les entreprises ivoiriennes aujourd’hui ?

Dans le monde actuel, les crises multiformes et leurs conséquences sur l’économie ivoirienne sont des défis importants pour les PME qui n’ont pas toujours les moyens adéquats pour s’assurer une meilleure résilience. Des efforts importants ont été faits en matière d’infrastructures. Cependant, des besoins persistent en termes de zones industrielles, marchés, d’accès à l’électricité, d’eau, etc. Le troisième défi est le financement. Malgré un secteur financier parmi les plus dynamiques d’Afrique, les PME ivoiriennes continuent d’être confrontées à des problèmes de financement adaptés.

Comment décririez-vous l’état actuel des relations économiques entre le secteur privé ivoirien et les entreprises américaines ?

Les relations économiques entre la Côte d’Ivoire et les États-Unis sont bonnes grâce à la vision du Président de la République S.E.M. Alassane Ouattara mise en œuvre par le gouvernement. En effet, depuis plus d’une dizaine d’années, il est organisé régulièrement des forums économiques et des visites d’opérateurs économiques des deux pays. Plusieurs accords, dont l’AGOA, facilitaient ces relations économiques.

Quels types d’accompagnement ou de réformes seraient nécessaires pour renforcer la confiance et faciliter les partenariats entre opérateurs économiques ivoiriens et américains ?

Dans le cadre du partenariat entre les entreprises ivoiriennes et américaines, nous avons été très heureux de recevoir dans nos locaux, madame l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire S.E.Mme Jessica Davis Ba, le mercredi 06 août 2025, pour échanger sur les axes de renforcement de la collaboration entre les entreprises de nos deux pays dans tous les secteurs. C’est dans cette optique que notre institution consulaire a signé une convention de partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie des États-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire (AMCHAM) en marge de l’Africa CEO Forum 2025 pour promouvoir les échanges et les partenariats entre les communautés d’affaires des deux pays.

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Je souhaite véritablement la mise en œuvre de cette convention à travers des actions concrètes dans les mois à venir.

Un travail important de renforcement de capacités de nos entreprises est nécessaire à travers les communautés telles que AMCHAM, à travers l’augmentation des missions de prospection économique et des formations sur le dispositif d’appui financier américain, et à travers aussi la participation à des foires et Salons aux États-Unis d’Amérique pour acquérir des compétences.

Cependant, le principal défi que nous avons à relever est la différence d’échelle entre les entreprises ivoiriennes et américaines.

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Vous avez récemment été distingué par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba, pour vos actions à la tête de la CCI-CI. Comment interprétez-vous cette reconnaissance ?

Les relations entre la CCI-CI et les autorités ivoiriennes ont toujours été excellentes. Le gouvernement qui a fait du secteur privé le moteur de la croissance économique a toujours accordé une attention particulière à nos doléances. De notre côté, nous mettons tout en œuvre pour la réussite de la politique économique du gouvernement. En ce qui concerne notre distinction, nous sommes tout d’abord reconnaissants à monsieur le Président de la République, SEM. Alassane Ouattara, à monsieur le Premier ministre et son gouvernement qui ont apporté une attention sur notre humble personne. Ensuite, cette distinction est la reconnaissance d’un travail d’une équipe dont nous sommes le coordinateur. Cela nous va droit au cœur et nous encourage à mieux faire.



Le 10/09/25 à 15:21
modifié 11/09/25 à 08:56