Pr Benedict Oramah (Président sortant d’Afreximbank) : «L’émancipation économique de l’Afrique est la nouvelle lutte à mener»

Pr Benedict Oramat
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Pr Benedict Oramat

Pr Benedict Oramah (Président sortant d’Afreximbank) : «L’émancipation économique de l’Afrique est la nouvelle lutte à mener»

Le 04/09/25 à 17:12
modifié 04/09/25 à 17:26
À l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 4ᵉ édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), le président sortant de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), Professeur Benedict Oramah, a livré un discours retraçant le chemin parcouru par le continent vers l’autonomisation économique.

Réunis au Centre international des conférences « Abdelatif Rahal » d’Alger, ce jeudi 4 septembre 2025, chefs d’État, responsables africains et caribéens, partenaires financiers et plus de 2 000 exposants ont écouté le plaidoyer du président Oramah, qui a salué l’Algérie, « terre de luttes et de victoires », pour son rôle historique et sa transformation économique actuelle.

De la lutte politique à l’émancipation économique

« L’indépendance politique sans empowerment économique n’est qu’une servitude glorifiée », a martelé Prof. Oramah, en écho aux combats menés dans les années 1960. Selon lui, la nouvelle bataille n’est plus armée, mais économique : elle se joue « dans les usines, les incubateurs technologiques et à travers les idées et les investissements ».

Il a rappelé que l’IATF, depuis sa première édition en 2018, est devenue « une plateforme incontournable pour transformer les rêves africains en projets concrets ». En citant des exemples, il a montré comment des initiatives lancées dans le cadre de la foire ont conduit à de grands succès : le barrage de Rufiji en Tanzanie, la relance du tourisme aux Comores, ou encore l’émergence de start-ups africaines devenues des « licornes ».

Pour le Professeur Oramah, l’Afrique vit une « révolution pacifique » qui doit permettre aux jeunes du continent de rêver aussi grand que les géants mondiaux de la technologie. « Ce n’est pas que l’Afrique manquait de talents, mais de capital et d’un marché intégré », a-t-il expliqué.

Il a insisté sur la nécessité de partenariats basés sur la confiance et le respect mutuel, loin de la dépendance à l’aide internationale, afin d’assurer une prospérité partagée.

Vers l’institutionnalisation de l’IATF

Le Professeur Oramah qui s’exprimait pour la dernière fois en tant que président d’Afreximbank devant ce forum a annoncé l’institutionnalisation de l’IATF. Aussi a-t-il indiqué que le siège permanent sera installé à Harare, au Zimbabwe, avec un capital initial de 28 millions de dollars approuvé par le conseil d’administration d’Afreximbank. « Nous avons bâti une plateforme solide qui survivra à l’épreuve du temps », a-t-il assuré, appelant gouvernements, institutions financières et entreprises africaines à soutenir la nouvelle entité pour en assurer la pérennité.

Envoyé spécial à Alger


Le 04/09/25 à 17:12
modifié 04/09/25 à 17:26